BBD Energy #1… Let’s talk about Energy!

NUMA a récemment lancé les “Business Blind Date”. Ces rendez-vous matinaux ont pour but d’échanger, en petit comité et avec des experts, autour d'enjeux et innovations d’un secteur donné. Après le secteur retail, c’est à celui de l'énergie que nous nous attaquons.

Organisé en partenariat avec ATTOMA, cabinet en innovation et stratégie, et EnAct, une plateforme de communication sur les enjeux liés à l’énergie au quotidien, ce premier petit déjeuner a invité à débattre, en présence d’experts du secteur, des questions de l’énergie aujourd’hui.

Entre nouvelles réglementations, énergies renouvelables, décentralisation de la production, digitalisation et habitudes de consommation qui évoluent, le secteur de l’énergie est en profonde mutation. La chaîne de production est profondément bousculée. Comment les grands groupes peuvent-ils prendre part à cette révolution énergétique ? Comment communiquer sur ces enjeux ?

Le premier événement a rassemblé deux speakers :

  • Patrice Geoffron, Professeur de Sciences Economiques et Directeur du CGEMP (Centre de Géoplitique de l’Energie et des Matières Premières) à l’Université Paris-Dauphine. Expert en économie de l’énergie et du climat, ses travaux portent sur les transformations en cours des systèmes énergétiques (développement des énergies renouvelables, des smart grids et smart cities), ainsi que sur les tensions géopolitiques du monde des hydrocarbures.

Changer de modèle dans l’énergie : de la production de volume à la création de valeur

Arash Aazami part de l’importance de définir ce que nous entendons par “énergie”. Selon lui, l’énergie est la capacité à travailler, produire et créer de la valeur. Nous vivons dans l’économie de l’abondance énergétique, tout en étant bloqués dans une économie de l’énergie qui ne veut pas profiter de cette abondance.

Il présente alors des exemples des difficultés que nous avons à évaluer le réel niveau de consommation, et en particulier de gâchis d’énergie. Ces difficultés d’évaluations créent des biais dans les politiques d’énergie et dans le discours sur la pénurie des ressources énergétiques.
Tant que le business model de l’industrie est fondé sur la quantité d’énergie produite, la situation n’évoluera pas, l’enjeu est donc pour Arash Aazami d’effectuer une transition du volume vers la valeur.

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Au-delà des discussions, la nécessité urgente de disruption

Patrice Geoffron s’accorde lui aussi sur la nécessité de rupture en terme d’énergie : nous aurions seulement deux décennies pour passer dans un modèle avec un faible taux d’émission carbone. En 2009 les émissions de CO2 ont baissé au niveau mondial, mais l’année fut économiquement désastreuse : il y a donc un besoin urgent de disruption. Il s’agit notamment de pouvoir éviter à un certain nombre de pays émergents de passer par l’étape très polluante charbon/fuel, et de se développer en parvenant directement à ce nouveau modèle durable.

Or malgré les discussions sur la question du CO2 depuis 15 ans, l’industrie n’a pas encore fait encore l’objet d’une rupture. Actuellement, le sujet de l’évolution des comportements et l’auto-consommation (pour l’usage de l’électricité au niveau du foyer) crée également une forte appétence. Ce nouveau discours sur l’autonomie de la consommation, avec l’idée de sortie d’un modèle vertical où l’énergie provient de l’Etat et des entreprises d’Etat, serait à l’origine de davantage de ruptures que le discours sur le CO2.

Toutefois ces comportements ne comptent que pour une petite partie de la consommation énergétique (l’énergie électrique ne compte que pour 1% de l’énergie consommée – les transports ou l’habitat étant majoritaires en termes de consommation).

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Les interventions se prolongent par un débat avec les participants, interpellés notamment par le pessimisme des articles de presse que l’on peut lire actuellement sur le sujet environnemental. Mais selon Patrice Geoffron, il ne s’agit pas de baisser les bras mais justement d’agir !

Pour les deux intervenants, une chose est certaine : la transition vers une économie fondée sur les énergies renouvelables n’est pas un choix, elle est inévitable.

Le prochain BBD aura lieu le 17 novembre, sur le thème de l’économie collaborative au service de l’énergie verte, inscrivez-vous !

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