Fake news et “travailleurs du clic” : comment la désinformation est devenue un marché mondial ?

Le 7 février 2017, NUMA et La Belle Games organisait un événement "Infobésité, fake news et algorithmes politiques" avec Antonio Casilli. Méta-Media était présent pour couvrir l'événement.

Article de Gautier Roos issu du site Méta-Media (Direction de la prospective de France Télévisions).

Les algorithmes des réseaux sociaux ont-ils pris le pouvoir sur l’opinion ? Comment un système de désinformation, organisé d’une main de maître, a pu contribuer à l’élection de Donald Trump ? Le fact-checking, et les labels de fiabilité attribués à tel ou tel titre de presse, peuvent-ils vraiment endiguer le phénomène ?

Toutes ces questions ont été débattues cette semaine lors d’un événement organisé par La Belle Games et NUMA Paris, sur une initiative du journaliste Laurent Checola. Antonio Casilli, l’un des chercheurs les plus renommés sur les problématiques de « digital labor », a remis en perspective la question des fake news, souvent traitée de façon parcellaire. Une soirée où participaient des développeurs et des personnes investies dans ces thématiques en vue d’élaborer, au fil des prochains rendez-vous, des jeux vidéo innovants destinés à alerter sur le phénomène.

L’occasion de découvrir que ces fausses informations ne sont pas qu’un problème qui chagrine les démocraties libérales en mal de représentativité, mais bien une guerre économique qui s’étend à la surface du globe, et qui concerne pour ainsi dire… tout le monde.

 

Fake news : un marché mondial destiné à produire de l’intox

Utilisé parfois bien abusivement, le terme de « fake news » s’appuie sur trois racines historiques permettant de retracer l’histoire du phénomène :

  • La propagande : fausse information adossée à une volonté politique, visant à produire activement de l’ignorance. Exemples : données erronées, nouvelles biaisées, publicités mensongères, spams présentant des remèdes miracles…
  • La littérature de colportage, qui nourrit les croyances populaires avec des rumeurs qui s’auto-alimentent : informations fantastiques, théories surnaturelles, mais aussi mèmes internet avec des légendes outrancières (phénomène de buzz).
  • Les écrits apocryphes : les mythes et autres complots qui reposent sur l’idée qu’une force nous empêche de dire une vérité. S’ajoutent aujourd’hui à la catégorie les alternative facts, le recours aux bots, le vaste marché de faux likes et faux clics.

Point important soulevé par Antonio Casilli : les fake news ne se résument pas uniquement à de l’intox ou de la mal-information, c’est aussi l’interaction sociale qui les accompagne. Le problème du fact-checking traditionnel est qu’il met de côté la circulation du message, pour ne s’intéresser en général qu’aux sources (qu’on est appelé à considérer comme fiables ou non). Or l’émetteur est loin d’être le seul facteur à prendre en compte : le marché de l’engagement, et son arsenal autoritaire déployé pour augmenter la viralisation, doit tout autant nous alerter.

Le fonctionnement de Facebook – une plateforme qui pour le coup ne crée aucun contenu – a évidemment partie liée au problème. Depuis l’élection de Trump, la structure même de son algorithme est pointée du doigt : d’un côté il sélectionne par filtrage les contenus censés nous intéresser, de l’autre, il crée de véritables communautés autocentrées où s’écharpent en fait des individus aux avis bien plus similaires qu’ils ne le croient.

Ajoutons à cela la (moins connue) restriction de la portée organique des messages sur Facebook, un procédé initié par la plateforme pour inciter ses utilisateurs à basculer vers un modèle payant pour diffuser leurs posts. Les publications qui ne sont pas sponsorisées sont naturellement limitées auprès de votre communauté : pour atteindre un taux de reach satisfaisant, il faut donc passer à la caisse… Ce que les partis politiques ont bien compris.

Avant chaque élection, les campagnes d’influence en ligne s’effectuent désormais grâce à des fermes à clics. Sous ce nom plutôt bénin se cache en fait un énorme marché drainant les petites mains des pays émergents et ceux en voie de développement : une micro-tâche (un like, un partage, la rédaction d’une fake news, l’élaboration d’un slide) est effectuée moyennant quelques centimes, pour ne pas dire quelques dixièmes de centimes.

UpWork, Fiverr, Get Paid For Likes, Taskrabbit, Amazon Mechanical Turk, 5euros.com…Si les modèles divergent, ces plateformes permettent à des clients de trouver des prestataires à moindre coût, faisant allègrement fi de notre droit du travail et notre protection sociale. A l’heure où le like et le partage sont presque devenus une monnaie à part entière, le recours à ces usines où s’agglomèrent des tâcherons du clic ne peut qu’interpeller.

Selon Business Insider, les équipes de Donald Trump ont acheté près de 60% des followers de sa page Facebook. Des profils situés aux Philippines, en Malaisie, en Inde, en Afrique du Sud…et au Mexique (!), ce qui n’a pas manqué d’éveiller la curiosité des observateurs :

Sans réelle surprise, on remarque que la carte des pays qui ont recours à ces click farms (Etats-Unis, Australie, Canada, Grande-Bretagne…) et ceux qui vendent ces services (Philippines, Pakistan, Chine, Hong Kong, Bangladesh…) reproduit les disparités du monde du travail. De là à parler de néo-colonisation du trafic mondial, il n’y a qu’un pas.

Quand la gamification n’a plus rien d’un jeu

Une nouvelle pratique qui ne se cantonne pas à nos voisins d’outre-Atlantique. De façon moins abusive, le parti socialiste a rémunéré des influenceurs pour propager des messages pendant les primaires : plutôt que d’utiliser des petites mains anonymes, ce sont des leaders aux communautés bien établies qui ont été sollicités (avec une rémunération moins indécente).

Empêtrées dans le « Pénélope Gate », les équipes de François Fillon n’ont visiblement pas eu la même clémence. En s’inscrivant sur la plateforme Les e-militants de l’alternance, les internautes bénévoles peuvent s’engager à défendre leur candidat : un kit de soutien en ligne leur est proposé (des éléments de langage, des tweets pré-enregistrés, des objectifs chiffrés…) pour irriguer les réseaux sociaux. A la clef : pas de rémunération, mais de simples points distribués pour les actions engagées, et peut-être un égo regonflé (« Un classement des meilleurs e-miliants est établi en fonction des actions réalisées »).

Nos partis politiques avalisent donc une forme de travail non rémunéré, rendue moins scandaleuse par le vernis de la gamification…Le philosophe américain Ian Bogost, qui travaille ces thématiques depuis des années, va plus loin : il souhaite qu’on parle d’exploitationware plutôt que de ludification, insistant sur les faibles revenus empochés par les forces productives dans ce nouvel écosystème.

Contrairement à ce que notre intuition nous laisse penser, la viralisation n’est donc pas devenue l’apanage des machines ! Antonio Casilli nous rappelle, qu’à côté des envahissants spambots, des travailleurs volontaires (le plus souvent précaires) contribuent au phénomène. Un secteur de la fake news déjà en voie d’uberisation, qui ne profite, comme bien souvent, qu’à un petit nombre.

Retrouvez notre compte-rendu vidéo de cette première soirée au NUMA, avant les prochaines étapes où seront développés les concepts des jeux vidéo :

Par Gautier Roos, France Télévisions, Direction de la Prospective

Article issu du site Méta-Media.

 

 

 

 

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Energy Breakfast – Smart Home, fournisseurs d’énergie et services connectés

L’Energy Breakfast du vendredi 3 février, co-organisé par NUMA et JeChange, premier service dédié à la réduction des factures courantes auprès des particuliers et des professionnels, a été consacré en particulier au développement de la Smart Home et à la place des fournisseurs d'énergie face aux nouveaux services connectés.

Quelle est la place des services connectés dans l’énergie? Les clients sont-ils prêts à adopter ces nouveaux modes de consommation d’énergie ? Comment les fournisseurs se positionnent-ils face à la recrudescence de nouveaux acteurs proposant des services connectés ? Entre fournisseurs d’énergie et services connectés, les alliances sont-elles inévitables ?

Pour aborder ces questions, NUMA et JeChange ont accueilli :

Sophie Audic, DG de Lampiris France, fournisseur d’électricité 100% verte et de gaz naturel.
Adrien Suire, CEO de Qivivo, startup qui a lancé un thermostat autonome.
Jérémie Jean, Fondateur de eGreen, startup qui propose un dispositif pour aider à réduire ses consommations d’électricité, de gaz et d’eau.
Jérôme Mosnier, Directeur des ventes Voltaware, plateforme de services qui permet aux consommateurs de réduire leur gaspillage d’énergie.

Une reconfiguration de la chaîne de valeur dans le marché de l’énergie

Les intervenants ouvrent l’échange en posant les grandes tendances de la transformation du secteur, en réponse auxquelles les fournisseurs d’énergie se préparent à proposer des solutions.

Electrification des usages

Même si nous souhaitons faire des économies d’énergie, une augmentation de la consommation d’électricité de plus de 30% est prévue dans les 20 prochaines années, liée à l’électrification massive des nouveaux modes de consommation, en particulier la voiture électrique.

“Smart home” et compteurs communicants et digitaux

La maison va devenir de plus en plus connectée et apporter un bouleversement fort qui va permettre de piloter la consommation. Les compteurs tels que Linky vont nous permettre de mieux comprendre la courbe de charge et la consommation des clients mais aussi de sensibiliser et d’impliquer le consommateur sur sa consommation d’énergie. On ne sera plus sur une approche liée à la facture mais sur une intelligence qui va permettre d’adapter les comportements et faciliter l’équilibrage entre la production et la consommation. Grâce au compteur communiquant l’économie d’énergie sera envisagée de manière globale, à travers l’efficacité énergétique des bâtiments mais aussi à travers le comportement éco-responsable des occupants.

Autoconsommation et énergie communautaire

Le marché de l’électricité va changer pour offrir une place relativement nouvelle au “particulier”. L’idée de l’énergie communautaire c’est d’envisager que l’école du quartier puisse vendre à ses voisins l’électricité produite grâce à ses panneaux solaires, voisins qui pourront payer l’installation des panneaux solaires en échange de l’énergie qui ne sera pas utilisée durant les weekends ou les vacances scolaires. Cette nouvelle manière de produire et de consommer sera rendue possible grâce aux plateformes de gestion de l’énergie.

Autonomie énergétique

La question centrale qui sous-tend ces nouveaux modes de consommation et de production, c’est la question de l’usage. Comment la production et la consommation arrivent-t-elles à s’équilibrer ? Le consommateur ne résoudra pas cette question tout seul à partir des informations qu’il visualise. La collecte des données et l’analyse des usages se fera grâce à l’intelligence artificielle qui permettra de piloter la consommation au mieux et au meilleur moment, et surtout de manière autonome.

fournisseurs nouveaus services connectés transition énergétique

Des freins législatifs à la création d’une infrastructure propre à l’énergie

Selon Jérôme Mosnier, le secteur de l’énergie devra créer sa propre infrastructure, sous la forme d’un EnerNet (internet de l’énergie) pour pouvoir répondre aux mutations à venir et aller de paire avec l’augmentation du nombre de capteurs dans les maisons et sur le réseau.

Toutefois, en France, la CNIL rend difficile la mise en place d’un réseau de ce type, notamment du fait de la problématique de la protection des données. Nous sommes encore loin de voir émerger un réseau d’automatisation et de contrôle à distance de qualité.

Sophie Audic le rappelle aussi, le principal frein est la question de l’accès aux données de consommation des clients. Il faudrait au moins 12 mois de données de consommation pour pouvoir effectuer une analyse pertinente des comportements de consommation mais les fournisseurs n’y ont pour le moment pas accès.

La place des services connectés dans la consommation d’énergie au niveau résidentiel

Deux principaux problèmes sont identifiés par Sophie Audic :

Méconnaissance du marché par les français

L’énergie n’est pas un sujet de préoccupation pour la plupart des français, principalement du fait du prix mais aussi de l’histoire du marché de l’électricité en France. 1 français sur 2 ne sait d’ailleurs pas qu’il peut changer de fournisseur d’énergie. Il y a un besoin réel de pédagogie. Ainsi, sur 31 millions de compteurs électriques en France, uniquement 2 millions sont passés à la concurrence depuis l’ouverture du marché. En ce qui concerne le gaz (10 millions de compteurs), 20%, soit 2 millions, sont passés à la concurrence, dont 70% chez Engie. C’est donc un marché énorme qui s’ouvre aux nouveaux acteurs fournisseurs d’énergie.

Nécessité d’investissement financier initial

Aujourd’hui il y a un frein financier à l’acquisition des objets connectés : le coût fixe que représente l’investissement initial reste trop élevé pour des personnes non “averties”. En moyenne, équiper sa maison avec un thermostat connecté revient à 200€, et il faudra ensuite un certain temps pour pouvoir rentabiliser cet investissement initial à travers la réduction de ses dépenses d’énergie.
Trouver le bon canal de distribution pour les smart devices

Adrien Suire confirme que les particuliers ne sont pas encore prêts à investir. Toutefois dans les logements sociaux, quand ce n’est pas le locataire mais le bailleur qui paie, cela change complètement la donne. La compréhension et la sensibilisation du bailleur est importante pour investir dans ce type de thermostats. Les résultats des expérimentations effectuées en comparant des bâtiments similaires équipés pour les uns de thermostats classiques et pour les autres de thermostats Qivivo ont été très positifs. A Nantes et à Angers, Qivivo a permis une économie de 31% sur la facture d’énergie en 6 mois. Ce qui a été crucial dans ces expérimentations a donc été la sensibilisation du bailleur.

Jérôme Mosnier constate qu’aujourd’hui la Smart Home en direct vers le consommateur fonctionne peu, alors que par le biais des mairies en Angleterre, et des bailleurs en France et aux Etats-Unis, cela fonctionne davantage. La meilleure voie de distribution des smart devices serait donc les bailleurs, mais aussi les utilities ou les assurances plutôt que les consommateurs en direct.

Un enjeu d’engagement de l’utilisateur final

Depuis 3 ans, on observe une prise de conscience de l’importance de la sensibilisation des occupants : sans changement des comportements il sera difficile d’atteindre les objectifs d’efficacité énergétique. Avec une approche « tout automatisé », beaucoup d’habitants se sentent dé-responsabilisés et ont envie de reprendre la main.

La courbe de charge de Linky peut être une vraie force pour mieux comprendre ses propres consommations, mais elle ne remplacera pas une approche comportementale. En effet, pour que le consommateur final utilise une application il faut de l’engagement et une véritable approche utilisateur. Il doit toujours y avoir quelqu’un en amont de l’utilisation d’un smart device qui devra se charger de la sensibilisation de l’utilisateur ou du locataire pour le pousser à faire attention à sa consommation. En France, on estime que le marché de la Smart Home sera près dans deux à trois ans.

En moyenne, les français passeraient 7 minutes par an sur leurs factures d’énergie, alors qu’un français sur trois se connecte tous les jours à Facebook et que 70% se déclarent joueurs de jeux vidéos. Ainsi, la position d’eGreen est de dire qu’il est plus pertinent pour atteindre et sensibiliser le consommateur d’utiliser ces médias sociaux et d’approcher la réduction de la consommation par des aspects ludiques : la gamification sera probablement une des clés de l’efficacité énergétique.

Fournisseurs d’énergie / nouveaux acteurs proposant des services connectés : quelles collaborations ?

Du côté des fournisseurs d’énergie, Sophie Audic évoque à nouveau le frein financier de la population résidentielle à travailler avec des services connectés. L’alliance fonctionne mieux pour les solutions applicatives, et en B to B.

Pour Adrien Suire, la question de la réglementation et de la maturité du marché est primordiale. En France, travailler avec des fournisseurs d’énergie n’est pas un axe de développement pour Qivivo, mais la situation est différente aux Etats-Unis et en Angleterre. British Gaz a, par exemple, vendu en 2015-2016 plus de 200 000 thermostats connectés à ses clients.

En France les fournisseurs d’énergie traditionnels ne sont pas, à ce stade, les meilleurs acteurs pour s’adresser à la clientèle finale. Toutefois, comme le souligne Jérôme Mosnier, les fournisseurs “alternatifs” comme Lampiris ou Engie sont intéressés pour avoir une offre plus innovante.

Jérémie Jean évoque l’arrivée de Linky et surtout du fameux Green Button qui permettra à chaque consommateur de donner accès à sa courbe de charge à des services tiers permettant d’avoir accès à l’offre de service associé sans avoir besoin de passer par un fournisseur, un artisan ou par son bailleur. En revanche, il ne faut pas oublier que la force de frappe des fournisseurs d’énergie est et restera considérable.

Tous nos articles sur la transformation du secteur de l’énergie !

Retrouvez ici les comptes-rendus de nos précédentes rencontres.

Et sur Twitter : #ReinventEnergy

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Quelles mécaniques de déplacement dans la réalité virtuelle ?

Les technologies de réalité virtuelle (VR) rencontrent un réel succès depuis plusieurs années dans les communautés de développeurs et progressivement, les applications sortent des labos avec des casques destinés au grand public et commercialisés par les plus grandes marques high tech. Nul doute que cette industrie émergente représente l’une des prochaines grandes révolutions technologiques du 21e siècle. Mais l’immersion totale dans un monde virtuel n’est pas encore atteinte et représente le plus grand challenge pour les acteurs du secteur. Les solutions répondant à l’immersion virtuelle de la vision ou de l’ouïe ont atteint un stade surprenant de développement, mais aucun mécanisme de déplacement en revanche se rapproche si près de la réalité pour l’instant.

Les chercheurs se posent donc plus que jamais des questions autour des mécaniques de déplacement dans la VR. Nous sommes limités à la fois par l’espace disponible dans l’environnement réel, par notre corps (fatigue physique, sensation possible de nausée, anxiété) ou encore par le prix des appareils. Mercredi 15 février, nous recevions, à l’occasion du premier Virtual Wednesday, Damien Doury (développeur et game designer VR) et Stanislas Chesnais (CEO de 3dRudder) chez NUMA pour échanger autour des solutions hardware et software développées actuellement pour répondre à cette problématique.

Software

Roomscale

Cette technologie permet de se déplacer dans l’environnement réel et de traduire les mouvements dans l’environnement virtuel. Bien que l’immersion soit forte, cette solution requiert en revanche un espace important pour se déplacer et chacun ne bénéficie pas d’une large pièce chez lui, ce qui pose une contrainte supplémentaire pour les développeurs de contenus.

Running in place (RIP)

Contrairement au roomscale où le joueur se déplace dans la pièce, les technologies RIP permettent de garder une position fixe en courant sur place ; la direction étant contrôlée par l’orientation du casque. Cette solution résout le problème de l’espace mais la position et le sens de déplacement ne prend pas en compte la position à la fois de la tête et du corps. Des solutions émergent comme PocketStrafe, qui permet grâce à un téléphone glissé dans la poche de prendre en compte la position du corps.

Le D-pad (directional pad)

Le D-pad est un joystick qui permet de contrôler le déplacement dans le jeu sans solliciter le mouvement réel du corps. Cette technologie est simple et peut aussi être utilisée avec un clavier d’ordinateur. En revanche elle peut aussi déclencher une sensation désagréable de nausée, le motion sickness, car l’équilibre est perturbé dû à un différentiel entre la vue et l’oreille interne.

Téléportation

Pour contrer cet effet de nausée, les ingénieurs ont imaginé un système de téléportation. Grâce à une visée laser, on peut imaginer se déplacer rapidement dans l’espace. En revanche, c’est une technique critiquée d’une part car elle casse l’immersion et d’autre part car elle peut parfois permettre aux joueurs de tricher en esquivant furtivement des attaques par exemple. D’autres variantes de la téléportation permettent d’améliorer cette solution, comme la téléportation “glissée” ou encore lorsque le joueur “tire” le monde autour de lui (solution particulièrement utilisée dans les jeux de stratégie).

Hardware

Exosquelette

L’avantage de l’exosquelette est qu’il permet d’ajouter le toucher, un input qui s’ajoute à la vision et à l’ouïe. Ceci permet d’enregistrer les mouvements (outputs) qu’il est ensuite possible de bloquer mécaniquement pour simuler la présence d’un objet dans l’espace virtuel.

Omnidirectional treadmill

Apparue en 2014, l’idée de ces appareils est de permettre une expérience en VR complète dans un espace restreint. Grâce à des tapis à friction faible et des chaussures spéciales, le mouvement réel est traduit dans l’environnement virtuel.

Autres technologies

Ces solutions hardware sont des solutions dites full scale. Mais d’autres acteurs ont pris le parti de fabriquer des produits plus légers ou plus facilement accessibles par les utilisateurs. On retrouve des combinaisons traditionnelles couvertes de capteurs, des technologies de reconnaissance de mouvement par vidéo ou encore des joysticks adaptés aux pieds. C’est le choix de 3dRudder que l’on peut utiliser assis et qui évite la sensation du motion sickness en conservant la sensation de déplacement dans l’espace.

Plusieurs solutions pour plusieurs applications

La technologie des casques VR est déjà bien développée et un standard s’est progressivement installé (par le jeux de deux lentilles qui convergent vers un écran scindé). A côté, les solutions aujourd’hui sont nombreuses en ce qui concerne les mécaniques de déplacement. Les standards peinent à s’installer car ces différentes solutions répondent en fait à plusieurs applications spécifiques.

Les designers et développeurs d’applications VR se sont tous penchés sur la question du déplacement. Ils ont créé des solutions hardware et software transcendant la condition humaine. Mais, si ces modes d’interaction répondent de plus en plus au problème d’équilibre et de fatigue, ils sont peu intuitifs ou naturels. Surtout, ils créent des ruptures d’immersion, élément essentiel de ce médium. Les technologies évoluent rapidement et permettront progressivement d’imaginer une immersion totale.

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Welcome to L0W C1TY !

Penser, faire et montrer une Smart City Low Tech (compte-rendu).

Initié par NUMA et le designer Geoffrey Dorne, auteur de Hacker Citizen, L0W C1TY explore ce qu’est et pourrait être une ville intelligente low tech.

Inscrivez-vous au prochain événement le 16 mars. 

Quoi ? Un cycle d’événements pour penser, faire et montrer collectivement une ville intelligente portée par ses citoyens.

Pourquoi ? Parce que le prisme hypertechnologique de la Smart City n’est pas l’unique modèle de développement urbain, parce que les citoyens manquent d’emprise sur les jeux de données et les modèles statistiques utilisés pour les gouverner, parce qu’il existe d’innombrable façons de concevoir l’espace urbain et de s’y insérer.

Pour qui ? Ce cycle d’événement est ouvert à tous. Designers, architectes & urbanistes, agences de communication, cuisinier, professeur, ancien élu, journalistes, porteurs de projets, les deux premiers ateliers L0W C1TY ont accueilli des acteurs divers qui travaillent les usages de la ville au quotidien. Les prochains événements ont vocation à s’ouvrir à un public encore plus large et plus nombreux.

Comment ? 

  • Un 1er temps pour discuter collectivement de thématiques et de projets autour d’une Smart City Low Tech. 
  • Un 2ème temps pour faire, créer des projets que tout un chacun pourra s’approprier.
  • Un 3ème temps pour montrer et documenter ces projets.
  • Un 4ème temps pour imaginer collectivement la suite.

Le compte-rendu du premier atelier est ici. Le second atelier, dont le compte-rendu est ci-dessous, a permis de prolonger et de préciser les thématiques initiées. Le prochain événement aura lieu le 16 mars. Dernier du 1er temps, il aura pour but de développer des projets qui seront fabriqués lors d’une prochaine session. 

Des exemples de projets

Hacking 

Thèmes : hacks ; détournement ; hasards

Brainstorming : De quelle méthodologie partir pour développer des idées de hacks urbains ?

Échelle d’intervention : Le groupe s’est concentré sur les transports en commun et le métro (station + rames).

Questions / objectifs : Beaucoup de gens voient ces espaces comme des lieux fonctionnels. Comment créer du lien social, surprendre, créer une interaction avec un dispositif et entre des personnes ?  

Mode d’intervention : Introduire du contenu en mode hacking. Créer des dispositifs peu chers, faciles à mettre en place et relativement résistants. Les contenus peuvent être des textes, des dessins… Quels autres types de contenus ?

  • Bandes de scotchs avec des accroches de textes qui invitent à écrire.
  • Coller de grandes feuilles blanches à l’extérieur des fenêtres du métro. Surface blanche avec une vitre à l’intérieur. Tableau blanc sur lequel on peut intervenir.
  • Début de dessin à continuer.
  • Systèmes pour accrocher ou coller des objets dans la rame pour, par exemple, prendre des livres ou en mettre.

+ Idée de flashmob : donner des outils pour permettre aux gens de participer à des performances.

TO DO :

  • Explorer les espaces en “pensant interventions” (failles, espaces vacants → facilement appropriables).
  • Lister différents types de contenus.

Ressources :

Internet local & Low Tech

Thèmes : data ; open data ; Internet ; connexion / déconnexion / peer to peer

Brainstorming : Reprise du projet de PirateBox de la session n°1 transformé en Métro Box.

Echelle d’intervention : Un réseau très localisé : immeuble / quartier.

Questions / objectifs : Quelles solutions techniques déployer pour favoriser les échanges au sein de lieux de passages récurrents ?

Propositions d’actions : La PirateBox est un routeur à 10 euros qui permet de recréer un réseau local. Le point de départ pourrait être une interface de chat minimaliste invitant au partage de fichiers. Ce projet permettrait de partager la même chose au même moment plutôt que de rester sur un usage individuel -> circuit court de peer-to-peer.

TO DO

  • Lister des contenus produits localement adaptés aux usagers des transports en commun.
  • Comment documenter, valoriser et inviter les gens à participer ?
  • Penser à des manières d’amener les gens à se connecter à la PirateBox (via une intervention physique : pirate ou pas).
  • Intégrer le problème des fichiers corrompus qui peuvent être installés sur les PirateBox. Si cela pose la question de la responsabilité des personnes qui installent ce type de système, il existe aussi des logiciels OpenSource pour sécuriser les box (exemple : CIRCLean).

Ressources :

Fabriquer dans la ville 

Thèmes : réappropriation ; espace public ; appropriation numérique ; économie circulaire ; fabrication ; convergence

Brainstorming :

  • Quelles méthodologies permettent aux acteurs d’un territoire (habitants, décideurs publics, établissements universitaires, artisans, makers) de travailler ensemble pour fabriquer dans la ville ?
  • Comment valoriser les démarches existantes, les faire découvrir, créer de nouvelles synergies entre des lieux de fabrication et les acteurs d’un territoire ?
  • Comment bien documenter ces démarches et les partager avec pour but d’inciter les gens à agir ?
  • Comment travailler ensemble tout simplement et arriver à converger vers des projets de réaménagement d’un territoire, traitement des déchets, création de mobilier urbain etc ?
  • Sur quels réseaux s’appuyer ? Avec quels réseaux interagir ?

Questions / objectifs : Comment valoriser les démarches existantes ?

Propositions d’actions :

  • Signalétique : expérimenter une cartographie physique des lieux de création (fablab, maison d’artisans…) en traçant des lignes à la craie ou des parcours d’une école à un lieu de fabrication.
  • Trouver des méthodes pour cartographier les parties prenantes, les mettre en commun et les faire connaître.

TO DO :

  • Définir l’échelle et/ou penser à l’usage en fonction de plusieurs échelles (rue, quartier…) en ayant à l’esprit la volonté de réduire le clivage Paris-Banlieue
  • Travailler la signalétique. Exemple de parcours à la craie d’une école à un Fablab. A l’échelle d’une rue ou d’un quartier. Vérifier ce qui se fait, ce qui peut être fait et faire connaître une signalétique que tout le monde pourrait s’approprier ?

Ressources :

Concertation

Thèmes : participation ; collectif ; partage / participatif ; résilience ; non-institutionnel / bottom-up

Brainstorming :

  • Quels modes de concertation continus, locaux et dématérialisés ?
  • Quels moyens low tech pour alerter sur des événements ?
  • Comment peut-on continuer à donner sa voix au fur et à mesure d’un mandat ?

Questions / objectifs : Imaginer un système de recueil de la satisfaction local et continu.

Propositions d’actions :

Fabriquer des boîtes pour recueillir des opinions, jauger et tester des idées de projets (analogie avec le crowdfunding). Et pourquoi pas instaurer un système où, à partir d’un certain nombre de personnes, ça passe au conseil municipal ?

Lobbying citoyen. Rendre ça tangible en évitant le côté ghettoïsation technologique. Entendre d’autres gens que par les moyens exclusivement technologiques. Ce genre de boîte pourrait être installé à Beaumont sur Oise…

Cela engage les gens, qui seront plus facilement au courant.

Ca peut être des projets qui ne seront pas forcément portés par la municipalité, mais à une micro-échelle, celle d’un quartier ou même d’un immeuble. Exemples d’usages :

  • En tant que proprio / syndic je veux savoir si des gens sont intéressés à repeindre la cage d’escalier; si j’ai au moins 50% des gens qui veulent je commence à le faire, sinon j’abandonne.
  • Installer des boîtes à tips dans la bars. Rendre très visible des questions ? On peut les décliner à l’infini.

TO DO : Répondre aux questions :

  • Qui se charge du dépouillement ?
  • Comment médiatise-t-on les réponses ?

Ressources :

 

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Énergie City – L’énergie dans la ville : quelles évolutions ?

Pour cette deuxième table-ronde du cycle « Smart City » organisé par Renault Innovation Lab - Le Square et NUMA, nous avons choisi de nous intéresser à un sujet majeur pour la ville de demain : l’énergie.
Les nouvelles réglementations et les récentes innovations numériques ont profondément transformé le secteur de l’énergie, à tous les niveaux de la chaîne (production, stockage et distribution), et ont favorisé l’émergence de nouveaux acteurs et services.

 

Qui sont ces nouveaux acteurs et services énergétiques ? Comment vont-ils impacter le secteur et la façon dont nous produisons et consommons l’énergie en ville ?

Premiers éléments de réponses avec nos invités :
– Jérôme Perrin, Directeur Scientifique chez Renault
– Erwan Boumard, Directeur Général d’Energie Partagée
– Stéphane Labranche, Sociologue de l’Énergie et du Climat
– Mark Akehurst, Directeur de Programme Innovation, ENGIE

Fontes des glaces, réchauffement climatique, nouvelles maladies … Face aux défis climatiques, les villes, grandes consommatrices d’énergie, doivent agir pour accompagner la transition énergétique. Cette transition passera par des innovations techniques et une prise de conscience citoyenne.

A la clé, l’opportunité pour les villes d’atteindre l’autonomie énergétique car, comme l’introduit Stéphane Labranche, sociologue du climat « L’un des enjeux de la transition énergétique est de régler la vulnérabilité géopolitique : les pays ne veulent pas dépendre d’autres pays pour s’alimenter en énergie ».

Quels sont les défis ? Et surtout, comment les résoudre et accélérer la transition énergétique?

energie innovation ville smart city

Des défis énergétiques urbains à résoudre

Des problématiques de stockage de l’énergie

« Par rapport aux énergies renouvelables, nous avons la technique et les retours sur investissements… par contre, nous n’avons pas encore résolu le problème du stockage ! » explique Stéphane Labranche. Et en effet, le stockage intersaisonnier, c’est-à-dire le stockage d’énergie pendant des périodes critiques (qui peuvent durer quelques mois) est un problème qui n’est pas encore résolu…

Un certain manque d’intérêt pour les enjeux du secteur

Comme le souligne Mark Akehurst, Directeur de Programme Innovation, Marketing et Nouveaux Métiers chez ENGIE, aujourd’hui « les technologies sont une grande question, mais il faut aussi créer de nouveaux business models. Comment je comprends ce qui a de la valeur pour le client ? C’est très compliqué, car l’énergie n’intéresse pas encore grand monde… ».

Mais alors, quelles sont les solutions que nous avons aujourd’hui pour arriver à une certaine optimisation et efficacité énergétique ? Et pour intéresser les citoyens ?

Optimisation et efficacité énergétique : quelques solutions

Les smart grids, pour une gestion intelligente de l’énergie

Pour résoudre les problèmes d’harmonisation, d’équité ou d’approvisionnement, les smart grids, qui devraient se démocratiser d’ici 5 ans, apparaissent comme étant l’une des meilleures solutions que nous ayons actuellement. Cette nouvelle technologie, qui permet la gestion intelligente de l’énergie, s’installe progressivement mais reste difficile à s’approprier. Il s’agit par exemple de technologies informatiques, qui, associées à des dispositifs de stockage d’énergie permettent de lisser les pointes de production et de consommation. En bref, cela permet de réduire les coûts et d’accroître la sécurité du réseau. « Ce système, beaucoup plus souple que ce qui peut se faire actuellement, permet notamment à n’importe qui d’être acteur ou consommateur d’énergie en fonction de ses besoins » estime Jérôme Perrin, directeur scientifique chez Renault.

Les véhicules électriques, une solution de stockage

Ce dernier note également une nouvelle tendance : les véhicules électriques pourraient bien devenir une solution de stockage. Il est important de donner une seconde vie aux batteries de ces voitures, car elles ne sont pas mortes ! Actuellement, Renault fait des tests pour les utiliser dans des systèmes de stockage stationnaires. Ces technologies permettraient de créer un nouveau monde dans lequel nos modes de vie seront plus confortables.

Comment intéresser les citoyens aux problématiques énergétiques ?

Etant donné que les profils des citoyens et leur rapport à l’énergie sont très variés, il est essentiel de ne pas communiquer un seul et même message lissé pour tout le monde. En effet, personne ne se sentira concerné si c’est le cas.
Finalement, « il faut absolument aider les territoires et les citoyens à se réapproprier les enjeux de la transition énergétique. Notre but, avec Energie Partagée est de créer du lien social dans la durée, notamment pour sensibiliser les esprits au développement durables et aux problématiques de liées à l’énergie » lance Erwan Boumard, directeur général chez Energie Partagée. La transition énergétique dans la ville a besoin de tout le monde !

Revivez l’évènement en vidéo !

Pour aller plus loin, retrouvez également le Storify de l’événement.

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Retailer 2.0 : quelle expérience client pour demain ?

Renault Innovation Lab - Le Square et NUMA ont organisé en décembre dernier l’événement “Retailer 2.0 : quelle expérience client pour demain ?”. Dimitri Achache Bonifacio, directeur digital chez Renault Retail Group et Aladin Mekki, Responsable Prospective au PICOM (Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce) ont dans ce cadre échangé sur les enjeux du retail de demain, cette conversation était menée par Daniel Geiselhart, co-fondateur de Silex ID.

Quelle expérience client pour demain ?

Réalité augmentée, robotique, intelligence artificielle, Big Data… Nombreuses sont les technologies qui promettent de révolutionner l’expérience des clients dans les points de vente physiques. Comment améliorer l’expérience client et convaincre, à l’heure du e-commerce, les clients de passer la porte des boutiques ? Comment former les vendeurs pour mieux répondre à ces nouveaux usages ? Dimitri Achache Bonifacio, directeur digital chez Renault Retail Group et Aladin Mekki, Responsable Prospective au PICOM (Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce) répondent à ces interrogations.
À l’heure de la démocratisation des smartphones et de la digitalisation, nous continuons quand même à retourner en magasin, notamment pour tester le produit que nous désirons, et surtout, pour vivre une expérience. « Nous parlons beaucoup de la technologie, souligne Daniel Geiselhart, le co-fondateur de Silex ID, mais ce qui prime, c’est l’émotion, qui doit être au centre ! ».

Quelles sont les fonctions du point de vente ?

Pour Aladin Mekki, il a 5 fonctions. D’abord, il s’agit d’un lieu de transaction, direct et rapide, mais aussi d’un lieu d’expertise et d’accompagnement. Lorsque nous allons en magasin, nous cherchons un lien humain. Ensuite, c’est un lieu social (le client fait partie d’une communauté), un lieu de détente et de plaisir. En effet, le magasin joue de plus en plus le rôle de tiers-lieu. Enfin, il s’agit d’un lieu d’expérience, de découverte.

Humain, drive-to-store et gadgétisation

Pour Dimitri Achache, la digitalisation du point de vente cache 3 enjeux. D’abord, un enjeu humain : il ne faut pas opposer le digital au métier traditionnel, car le digital est là pour aider le vendeur. « La Fnac est un bon exemple de multicanalité, où nous pouvons acheter en ligne pour venir chercher le produit en boutique ». Ensuite, le drive-to-store. 90% des clients qui souhaitent acheter une voiture vont sur Internet se renseigner, il faut donc accrocher le client le plus en amont possible. Enfin, dernier conseil : il ne faut surtout pas tomber dans la gadgétisation, comme avec les Beacons par exemple. Il faut raconter une histoire pour enchanter la visite du client.

Comment mieux former les vendeurs ?

Pour Aladin Mekki et Dimitri Achache, il est essentiel de mettre le vendeur à niveau par rapport au client, qui en attend toujours plus. Mais l’avantage : c’est que « les vendeurs ont chacun une personnalité, et peuvent donc créer des relations différentes en fonction de chaque client ! » explique Aladin Mekki. Le digital étant devenu une réalité, il faut expliquer aux vendeurs comment gérer leur relation avec le client avec cette donnée.
Finalement, il n’y a rien de magique, que nous pourrions appliquer dans tous les secteurs du retail. Il faut étudier et chercher quelles sont les solutions technologiques à utiliser au cas par cas. Pour cela, quatre start-ups étaient invitées à venir pitcher leurs solutions.

4 startups aux solutions retail innovantes

Augment : plateforme de réalité augmentée, qui connecte marques et distributeurs autour de la visualisation du produit. Cette plateforme accompagne tout le cycle du produit, du design à la vente en passant par la distribution. Cette start-up permet de mieux se représenter le produit, que ce soit au niveau du vendeur ou du client !
Retency : outil de mesure de d’analyse des visiteurs. Cette technologie permet de mieux comprendre le parcours du client entre le moment où il entre dans un point de vente, et la caisse. L’anticipation du besoin du client en fonction de son parcours est essentielle.
Estech : plateforme de design et de prototypage de produits manufacturés en grande série, comme les vélos, les poussettes… La start-up réalise des maquettes physiques grâce à un fichier numérique : elle utilise la modélisation. Tout est mis à jour en temps réel, notamment pour le prototypage.
Dynamixyz : spécialiste de l’animation de synthèse. Cette société est spécialisée dans l’analyse des visages, notamment dans le cinéma et le jeu vidéo. Elle permet d’analyser les visages en très haute qualité.

Qu’est-ce que la smart city ? Définitions des intervenants

« La smart city est une ville qui crée du lien entre les activités. Le terme « smart » est un peu trop centré sur les capteurs, alors qu’en fait, c’est une ville très sociale ! » Aladin Mekki
« La smart city est une ville qui doit être au service de l’humain. Elle doit lui faciliter la vie. L’homme est vraiment à son centre. » Dimitri Achache
« La smart city est une réponse globale au niveau de la ville, par rapport aux nouveaux paradigmes, aux générations qui ne sont plus les mêmes. » Baptiste Hannebicque (Estech)
« C’est une ville où tout est interconnecté. On a accès à tout, partout, ensemble » Jean-François Chianetta

***

Notre prochain événement en partenariat avec Renault Innovation Lab aura lieu le 17 janvier au Square sur le thème de la transformation du secteur de l’énergie. Inscrivez-vous dès maintenant !

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BBD Energy #4 : L’énergie, de l’industrie aux services ?

NUMA a lancé les Business Blind Dates et après le secteur du “Retail” c’est à celui de l’énergie que nous nous intéressons. Ces rendez-vous matinaux sont l’occasion d’échanger avec des experts autour des enjeux phares et des innovations du secteur.

Le secteur de l’énergie voit parmi ses activités, traditionnellement industrielles, une forte croissance des services à destination des particuliers et aux entreprises, soutenus par la démocratisation des outils numériques. Pour notre quatrième Business Blind Date Energy, nous avons choisi de faire se rencontrer deux visions de cette transformation : la première vision est celle d’un grand groupe en pleine évolution et la seconde celle d’une startup qui n’a de cesse de se chercher et de pivoter.

Pour cette quatrième édition, nous avons accueilli Jean-Bernard Sers, Directeur du développement Smart Grid, Smart City et IoT chez Bouygues Energies et Services et Yann Person, CEO de la startup EP. Merci à Patricia de GreenUnivers pour l’animation de cette matinée d’échanges.

innovation industrie energie service

 

Vers la notion de “service”

Il y a 15 ans, Bouygues Energies et Services (BYES) s’appelait ETDE (Entreprise de Transport et de Distribution de l’Électricité) et la notion de service était assez peu développée. La majorité du Chiffre d’Affaires était porté par les activités d’éclairage public, le déploiement de lignes à haute tension… mais très peu de tertiaire, aucun contrat de long terme et une présence essentiellement nationale. A partir de 2002 la société a souhaité se diversifier et s’agrandir, notamment par le rachat d’entreprises. Ainsi, 62 acquisitions ont été réalisées en 6 ans avec, à la clef, le développement de nouvelles offres : climatisation, bâtiments, maintenance industrielle, et Facility Management (FM) à la fois « soft » (prestations de service) et « hard » (prestations techniques visant à exploiter et maintenir les infrastructures). Le virage a aussi été enclenché par un déploiement rapide à l’international.

En premier lieu… les innovations Métiers

Jean-Bernard Sers le rappelle, depuis plusieurs années, nous sommes touchés par la révolution numérique, qui se traduit par un impact sur les métiers de l’industrie et pousse les grands groupes à repenser la manière dont ils travaillent avec les collectivités. Il cite par ailleurs, dans le domaine de l’énergie, l’accord de Paris et à la loi transition énergétique, avec des modifications à attendre quant à l’évolution des réseaux électriques et aux notions de Smart Grid. Il y a de plus en plus d’échanges entre producteur et consommateur et l’intermittence des énergies rend indispensable le fait de repenser l’équilibrage des réseaux face aux nouveaux modes de fonctionnement et aux nouveaux modes de vie : la ville se densifie, les formes de mobilité se réinventent (véhicules électriques, autonomie de la mobilité, …), la sécurité et la sûreté sont placées au cœur des problématiques smart city.

Par ailleurs, dans ce contexte, les GAFA bouleversent le monde de l’énergie, et poussent les acteurs traditionnels de ce secteur à repenser les métiers de l’énergie de demain. Cela passe par la collaboration entre grands groupes et startups, qui permettent de repenser l’agilité des « éléphants » de l’énergie. Face à Google ou à Tesla qui s’intéressent de près à l’énergie dans les bâtiments, « on ne peut pas ne pas bouger » ! L’usage est placé au cœur des démarches, et les clients sont de plus en plus partants pour participer à des Proofs Of Concept (POC), c’est-à-dire à des expérimentations de leurs bâtiments, pour tester de nouveaux concepts, de nouvelles technologies (énergie, numérique dans le bâtiment, géolocalisation, …).

Et les innovations “ Produit ” ?

innovation produit byes

Depuis 2012, BYES porte l’accent sur trois secteurs que sont l’industrie, le tertiaire et les infrastructures. Les différents axes que la société développe pour ces secteurs incluent le solaire, la biomasse, et le photovoltaïque, mais pas seulement. BYES s’intéresse de près à l’éclairage public, à travers, par exemple, la Citybox®, boîtier placé dans les lampadaires qui permet de graduer l’éclairage, mais aussi de diffuser du son, du wi-fi, de recharger son véhicule électrique ou encore d’accueillir des caméras de sécurité. Le lampadaire devient donc un média urbain à part entière. Ce dispositif a été mis en place à Sèvres, à Longjumeau et à Boulogne notamment.

citybox énergie numa industrie innovationCitybox®, une innovation 100% Bouygues Energies & Services

BYES s’intéresse aussi à la numérisation des établissements de santé. Le numérique et l’énergie sont connectés pour automatiser toute une série de processes dans les bâtiments hospitaliers. Par exemple, lorsque qu’un arrêt cardiaque est détecté, un process automatique est enclenché : l’ascenseur est envoyé directement au niveau des urgentistes, les injections/perfusions à débit programmé sont automatiquement réévaluées, le lit du patient est redressé, l’infirmière la plus proche est alertée et le dossier patient est affiché sur le lit.

Dans le domaine du bâtiment, la numérisation permet de proposer de nouveaux outils de prédiction de la consommation de gaz et d’électricité ou de détection des fuites ; mais c’est aussi une des étapes qui permet de repenser l’expérience client et d’optimiser les process métiers. On peut penser, entre autres, au BIM (Building Information Modelling), qui s’étend de la phase de conception à la phase d’exploitation, ou encore à la surveillance des ouvrages au moyen de drones…

Jean-Bernard Sers nous présente un dernier exemple d’innovation, le projet Eco2charge, qui permet de faciliter la mobilité électrique. Ce programme vise à stocker l’énergie dans le bâtiment et à gérer dans le temps et en puissance l’énergie utilisée pour recharger les véhicules électriques, en anticipant ses usages grâce à des modèles de prédiction. Pour ce projet, BYES travaille en partenariat avec Renault pour récupérer les batteries des véhicules électriques qui ont atteint le maximum de leur durée de vie dans un véhicule, mais que l’on peut encore utiliser dans le bâtiment pour permettre le stockage d’énergie et gérer l’appoint.

Un business model de long terme

Très centré sur l’efficacité énergétique, BYES exploite et maintient 30% des bâtiments de Bouygues Construction. Ces contrats de performance énergétique sont des contrats de long terme qui durent de 10 à 20 ans. En effet, pour optimiser la performance énergétique il faut d’abord instrumenter le bâtiment, capter les différentes sources de consommation… mais il faut aussi prendre en compte que les usages et les comportements, c’est-à-dire la manière dont le bâtiment est habité, seront toujours très différents de ce qui avait été envisagé au départ. C’est dans un tel contexte que l’outil Hypervision, développé par BYES, joue un rôle d’analyse et prédiction des consommations multi-fluides des bâtiments, prenant en compte, entre autres, l’évolution de ces usages.

Côté startup : du conseil en rénovation énergétique jusqu’au service

Le secteur de l’énergie, notamment dans sa composante « service », est de plus en plus approché par des startups. La seconde histoire de cette matinée d’échange, c’est Yann Person de la startup EP qui vient nous la raconter. EP, anciennement Energie Perspective, est une startup nantaise, créée il y a 9 ans et actuellement en plein pivot. Yann la définit comme « Une startup avec de la paille dans les sabots, on a essayé les pantoufles mais c’était trop confortable ».

« A partir de 2006, Grenelle de l’Environnement, film d’Al Gore, les gens commençaient à me poser des questions sur ce qu’ils pouvaient faire chez eux… »

En 2007, Energie Perspective est créée et la question qu’ils tentent alors de résoudre est celle-ci : comment faire émerger une offre indépendante, répondant aux enjeux de rénovation de 30 millions de logements, en se servant des systèmes d’informations ? Et comment accompagner cette chaîne tout en sachant que le conseil en rénovation BtoC ne fonctionne pas ? Le consommateur en France ne paye pas le conseil, et, généralement, il rénove petit à petit mais investit rarement 30 000 euros d’un coup.

Le moment du pivot après 10 ans de R&D itérative

Après avoir bifurqué vers une marque blanche et déployé une activité plutôt BtoB pendant plusieurs années, Yann et l’équipe d’EP décident de se recentrer sur la raison pour laquelle ils avaient monté cette startup à l’origine. En 2014, avec le réseau nécessaire (12 000 artisans) et l’expérience d’accompagnement de 70 000 chantiers de rénovation, ils décident de faire rentrer dans leur capital une mutuelle pour engager un programme d’open innovation. Pourquoi une mutuelle ? « Parce que dans le bien-être et la santé il y a le bien se loger, et ça c’est notre job, aider les gens à bien gérer leur maison et à bien vivre dedans. »

EP est à présent constituée autour de trois axes : digital, bâtiment et énergie, avec l’ambition que « gérer sa maison devienne simple, économique et durable ». Cela se matérialise par un carnet intelligent d’entretien et de gestion de la maison, avec un concierge qui l’accompagne pour centraliser toutes les informations.

Pour répondre à la question « comment fait-on technologiquement pour réussir à produire une étude de qualité, vendable à moins de 250€ ? » il a fallu passer par plusieurs étapes. Techniquement, EP a réussi à répondre à cette problématique, mais commercialement l’offre ne se vendait pas. Pourquoi ? Parce que le client n’est pas prêt à payer. La deuxième idée a été transformer les clients en diagnostiqueurs : réussite technique à nouveau mais cette fois-ci c’est l’usage qui n’a pas suivi, parce que les clients ne sont pas prêts à répondre à 70 questions sur l’épaisseur de leurs murs et le type d’isolation dont ils disposent.

Pour pallier ces deux freins commercial et d’usage, il a fallu penser à un nouveau concept : un diagnostic intelligent avec le moins de questions possibles posées au client mais une captation des informations sur la base de son adresse. Ce concept a marqué la naissance d’un important projet de R&D, izigloo.

energie innovation industrie services izigloo

Izigloo permet de proposer non pas de la donnée brute mais des solutions, donc de retranscrire des données en service d’aide à la décision. « Un particulier pense environ 9 minutes par an à sa facture d’électricité » et c’est pour cette raison qu’EP a choisi d’intégrer ses solutions au moment où le client souhaite rénover, et non pas d’essayer de vendre de la rénovation énergétique, car ce thème en BtoC n’est pas pertinent. Il s’agit donc d’accompagner l’acte d’achat ou de rénovation d’une « couche de rénovation énergétique » pour permettre au client de faire les bons choix en matière énergétique, sans vendre du conseil.

Ce concept a pu être réalisé grâce à une démarche itérative, à la récolte des données des 70 000 chantiers accompagnés et à travers des partenariats. Chaque nouvel utilisateur fournit entre 50 et 100 nouveaux points de données. Toutes ces données ont permis de modéliser le parc des maisons en France, et donc de disposer pour chaque maison d’un modèle 3D, ses apports solaires, et ses normes de construction.

EP fonctionne donc comme une marketplace et se rémunère à chaque transaction entre particuliers et artisans, avec pour objectif d’atteindre 1 million d’utilisateurs d’ici 2 à 3 ans. Si au départ, la verticale d’EP est plutôt orientée « travaux », la société s’oriente à présent sur une verticale « énergie » puis « immobilier », notamment au travers d’un partenariat avec Enedis pour intégrer les données Linky dans le carnet numérique. Si avec le client particulier, il est difficile de parler de ROI, il est en revanche possible de mesurer les retombées en termes de valorisation du patrimoine et de valeur verte, en comprenant au mieux le cycle habitant / habitat d’une durée moyenne de 7 ans. Les prochaines étapes après le conseil en rénovation énergétique seront donc de s’orienter vers les problématiques d’usage.

L’idée sous-jacente au fait de libérer de la donnée et de la rendre à son propriétaire est de dire que la data donne de la connaissance, la connaissance donne du pouvoir et donc de la confiance, qui finalement crée de l’engagement.

***

Retrouvez également les comptes-rendus de nos précédentes rencontres :
– BBD #1 : Let’s talk about Energy!
– BBD #2 : L’économie collaborative au service de l’énergie verte
– BBD #3 : Bientôt tous producteurs et vendeurs d’énergie propre ?

Le programme de rencontres de l’année 2017 sera bientôt disponible sur notre site, pensez à nous suivre !

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BBD Energy #3 : Bientôt tous producteurs et vendeurs d’énergie propre ?

Les BBD Energy sont une série de petits-déjeuners consacrés à l’énergie pour échanger, en petit comité et avec des experts, autour des enjeux et des innovations du secteur. Le troisième événement abordait la redistribution des rôles dans le secteur de l'énergie.

Pour traiter cette question, nous avons convié deux intervenants, membres d’entreprises innovantes en ce domaine :

– Emmanuel Soulias, Directeur Général de Enercoop
– François Sonnet de la Fondation SolarCoin

Enercoop, un modèle alternatif aux géants de l’énergie

Enercoop est un fournisseur d’énergie uniquement renouvelable, constitué sous la forme d’une SCIC, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Enercoop est un ensemble de 10 coopératives, rassemblant producteurs d’électricité verte identifiés et consommateurs, chacune indépendante dans son fonctionnement, le réseau partageant la marque, l’offre, et les valeurs du projet commun : mettre le citoyen au coeur de la transition énergétique, en permettant le lien le plus direct possible entre producteurs et consommateurs.

L’électricité est un marché dérégulé depuis 2007 mais toujours dominé par les acteurs traditionnels, anciens monopoles. Enercoop propose un modèle alternatif, plus local, à un tarif supérieur au réglementé d’environ 15% — représentant donc un engagement citoyen conscient de la part des souscripteurs. La majorité de l’électricité vendue par Enercoop est aujourd’hui d’origine hydroélectrique.

Après 10 ans d’existence, Enercoop a 40 000 clients, dont 90% de particuliers, avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2016.
Le tarif réglementé augmentant, et celui d’Enercoop n’ayant jamais évolué depuis sa création, le différentiel se réduit, et la société prévoit 150 000 clients à horizon 2020. Cela resterait une part mineure du marché français mais représenterait pour Enercoop un changement d’échelle notable, nécessitant une transformation interne qu’Emmanuel Soulias a déjà engagée.

enercoop collaboratif numa

Placer le citoyen au coeur de la transition énergétique

La coopérative est détenue à 100% par ses sociétaires, et ne peut pas être rachetée. Sa gouvernance est participative. Il n’y a pas de rémunération d’actionnaires, et les profits sont réinvestis dans le projet, par la création de nouveaux services et de nouvelles coopératives.

Dans les projets à venir, Enercoop souhaite pouvoir intégrer une offre gaz, et début 2017 prolonger son offre de fourniture d’énergie par des services d’efficacité énergétique. La société travaille actuellement sur la relation client, par le biais de projets d’innovation développés en open source pour pouvoir mieux maîtriser les données et assurer la qualité de service.

L’énergie étant un secteur très centralisé et opaque, un acteur alternatif peut-il vraiment s’imposer sur le marché ?

Enercoop vise à la réappropriation citoyenne de l’énergie, avec l’ambition que ce modèle coopératif décentralisé prenne encore plus d’ampleur.
En France, la loi de transition énergétique a été adoptée en août 2015, mais malgré cette dynamique, l’électricité reste à 75% nucléaire. A ses yeux, la transition énergétique a été mal anticipée et c’est le citoyen qui va être mis à contribution (via sa facture ou ses impôts).
Face à cela, Enercoop souhaite porter les intérêts collectifs, et insiste sur l’allocation du profit : c’est de la “consomm’action”, le citoyen sait qui il rémunère, et qui est bénéficiaire de profit.

En France le modèle de coopératives est très peu développé dans le secteur de l’énergie par rapport à d’autres pays comme la Belgique ou l’Allemagne par exemple, il y a donc de vraies opportunités de croissance.

solarcoin monnaie blockchain energie

SolarCoin : augmenter la rentabilité financière des installations solaires pour accélérer leur développement.

SolarCoin est une monnaie qui vise à rétribuer la production d’énergie photovoltaique, en fournissant 1 unité de SolarCoin à tout producteur de 1 MWh faisant partie du réseau et sachant garantir cette production.
Cela permet d’augmenter le retour sur investissement des installations photovoltaïques et vise ainsi à encourager le développement de la production solaire. Actuellement, il y a 7 millions de ces installations dans le monde (source : Agence internationale de l’énergie), ce qui n’est qu’une infime partie du potentiel, en faisant un marché à forte marge d’expansion.

Toute personne qui produit de l’énergie solaire peut enregistrer son installation. Les producteurs de MWh solaires reçoivent leurs Solarcoin sur leur portefeuille virtuel, et sont informés du nombre de SolarCoins dont ils disposent. Ce portefeuille fonctionne comme un compte en banque, avec 2% d’intérêts annuels. Les SolarCoins peuvent être convertis en francs suisses ou euros sur des plateformes dédiées.

Si SolarCoin est à présent focalisé sur l’énergie photovoltaïque, il pourrait envisager à terme une extension vers l’éolien ou l’énergie hydraulique. Solarcoin a également pour projet de livrer des kits solaires dans des pays en voie de développement, projet présenté à la COP22.

La technologie blockchain au service des énergies renouvelables

SolarCoin est une cryptomonnaie, fondée sur la technologie blockchain, qui a été développée avec ElectriCChain.
La blockchain est une base de données décentralisée, disponible sur chacun des points du réseau, qui collecte l’ensemble des informations de production énergétique (à chaque MWh un SolarCoin) et transactions financières. Les informations sont mises à disposition de l’ensemble des partis, et SolarCoin permet ainsi le suivi de la production sur un protocole commun entre tous les acteurs du réseau.

C’est le nombre de participants dans la monnaie SolarCoin qui est amené à lui donner de la valeur. Ainsi après un test de 600 installations dans 23 pays, l’objectif de SolarCoin est de parvenir à un 1 million d’installations recensées, ce qui nourrira la demande pour cette monnaie.
Le SolarCoin est désormais intégré sur des plateformes de financement de la production d’électricité verte telles que Lumo, qui est intervenu dans le BBD Energy #2. On pourrait imaginer que des services de maintenance soient bientôt facturés également en SolarCoins.

energie transition energetique energie verte collaborative

Et pourquoi pas payer Enercoop en Solarcoin ?

Enercoop travaille en effet actuellement sur le sujet des monnaies alternatives. On voit l’émergence de nombreuses monnaies locales, par exemple, et la demande pour des transactions dans celles-ci est remarquée. Cela reste compliqué à mettre en place car il existe de nombreuses monnaies différentes. Mais, philosophiquement, cette approche correspond aux valeurs d’Enercoop, qui, depuis ses débuts, a intégré à la fois les besoins d’autoconsommation et de vente du surplus.
Enercoop travaille également de plus en plus sur l’autoconsommation collective, par exemple avec l’installation pour Biocoop et Chronopost de plateformes solaires avec revente au niveau local.

Ne manquez pas nos prochaines rencontres !

  • Le 15 décembre, Yann Person, CEO de la startup EP (énergie perspective) & Jean-Bernard Sers, Directeur du Développement Smart Grid Smart Cities & IOT de Bouygues Energies et Services viendront aborder le sujet de la transition de l’énergie de l’industrie aux services lors du BBD Energy #4 : L’énergie, industrie ou service ?

 

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Qu’est-ce qu’une Smart City Low Tech ?

L0W C1TY #1 - Penser, faire & montrer une Smart City - Low Tech.

Initié par NUMA et le designer Geoffrey Dorne, auteur de Hacker Citizen, L0W C1TY explore ce qu’est et pourrait être une ville intelligente low tech.

Quoi ? Un cycle d’événements pour penser, faire et montrer collectivement une ville intelligente portée par ses citoyens.

Pourquoi ? Parce que le prisme hypertechnologique de la Smart City n’est pas l’unique modèle de développement urbain, parce que les citoyens manquent d’emprise sur les jeux de données et les modèles statistiques utilisés pour les gouverner, parce qu’il existe d’innombrable façons de concevoir l’espace urbain et de s’y insérer.

Pour qui ? Ce cycle d’événement est ouvert à tous. Designers, architectes & urbanistes, agences de communication, cuisinier, professeur, ancien élu, journalistes, porteurs de projets, le premier BarCamp L0W C1TY a accueilli des acteurs divers qui travaillent les usages de la ville au quotidien. Les prochains événements ont vocation à s’ouvrir à un public encore plus large et plus nombreux.


BarCamp : Qu’est-ce qu’un Smart City low tech ?

Pour ouvrir la réflexion, préciser les thématiques, les projets, les ressources nécessaires et imaginer un futur cadre d’intervention, nous proposions, le 15/11 un premier BarCamp, soit une non-conférence où les participants sont invités à intervenir et proposer des sujets.

Pour débuter l’événement, nous recensions quelques mots clés : participation, collectif, concertation, partage, résilience, élus, efficacité, services, citoyenneté, réenchantement, hasard, poésie, bottom-up, empowerment, baignade, plouf, éco-logie, hack, détournement, agriculture, hasard, rue, (nouveaux) usages, dérive, fabrique numérique, dehors, institution et non-institutionnel, communs, circuits courts, fablabs, fabcity, open-source, internet, peer-to-peer, connexion, déconnexion, réappropriation, accessibilité…

Pour faire naître des projets, nous avons constitué collectivement différents ateliers d’1h30 regroupant ces mots clés en familles suivant les centres d’intérêts principaux des participants. Voici les premiers échanges / pistes / questions qui en sont sortis :  


Groupe 1 : Détournements méthodiques

http://piratepad.net/EK2fDfy8Nt

Tags : hacks ; détournement ; hazards ; baignades

Point de départ : Qu’est-ce qui serait utile / intéressant pour réenchanter la ville ? De quelle méthodologie partir pour développer des idées de hacks urbains ? Énumérer les lieux pour identifier des problèmes, objets, mobiliers qui ne servent à rien et peuvent être détournés. Premier déploiement de cette méthodologie pour imaginer des hacks dans le temps imparti : le métro.

Pourquoi ne me propose-t-on pas les meilleurs trajets dans le métro ? Comment créer des parcours alternatifs ? Comment détourner les parcours habituels de la psychogéographie par la signalétique ?

5 pistes de projets :

  1.  Challenge de vitesse entre 2 stations de métro éloignées (plusieurs correspondances), un seul ticket et une Go-pro. Départ toutes les 5 mn.
  2. A l’inverse parcours à deux dans le métro genre rally: actions à réaliser à la demande (comme: se placer en tête, attendre la deuxième rame, proposer un chewing gum à son voisin, etc.) avec prise de photo pour restitution (?).
  3. Ecrire le manuel illustré du bon usage du métro. Exemples: laisser sortir, le premier entré ne reste pas devant la porte, sortir vite se diriger après, laisser son siège avec le sourire, aider les poussettes, etc. etc. Décliner ensuite l’anti-manuel.
  4. Renommage complet d’une station à base de stickers adaptés (c’est du boulot). Comme transformer “Stalingrad” en “Oulan Bator” ou “Ouistiti”.
  5. Flash mob à la station Rennes: tout le monde ouvre son parapluie en même temps.

D’autres pistes ? 

Manque de toilettes —> Construire des toilettes sèches pour aller les poser dans les espaces vacants des stations.

Créer du lien social —> Créer des jeux dans la rame de métro pour nous interpeller / échanger dans le métro.  


Groupe 2 : Internet local & low-tech

http://piratepad.net/1WWf7P5RGM

Tags : open data; internet; Communs ; connexion / déconnexion ; peer to peer

Point de départ : Quelle suite technique imaginer aux projets du groupe 1 ? Comment se réapproprier internet ?

Projet 1 : Low Tech & Accessibilité

Des technologies high tech complexes peuvent être utilisées pour des projets simples. En simplifiant des technologies et en les matérialisant en des objets / outils simples destinés à pallier aux inconvénients et aux défauts de la vie de tous les jours, nous pouvons rendre la technologie aux citoyens.

A Cuba, les paquetes, sorte de grosses clés USB permettant d’accéder à des contenus culturels piratés, représentent l’une des industries qui emploie le plus de monde. Ce système de réseau peer-to-peer hors ligne a permis aux cubains de créer un internet physique. –> Comment adapter ce système dans les gares ou dans les trains avec un contenu plus cadré, local pour une audience local (circuit court) ?

Exemple de projet : Pirate box très locale qui mettent à disposition un contenu exclusif à ceux qui viennent chercher. Pour répondre aux problématiques de temps morts, et d’attente (bus, métro, queues), les usagers peuvent venir chercher un contenu exclusif à un endroit spécifique pendant une durée limitée. Quel contenu ? Il serait facile d’y trouver des utilisations marketing, mais quid de l’intérêt citoyen et public.

Intérêts :

  1. Partager la même chose au même moment.
  2. Usage collectif du réseau.
  3. Faire du local -> circuit court de peer to peer.

Question centrale : comment amener les gens à se connecter à la pirate box ? Quel type d’Intervention physique sur l’espace urbain : pirate ou pas.


Projet 2 : Open Data & Accessibilité

De la même manière que plein de gens s’intéressent aux informations de leur montre connectée, on a imaginé qu’un bâtiment / un quartier / une ville pourrait avoir des informations visuelles sur ses performances énergétique. De la même manière qu’on regarde ses pas pour soi, on serait intéressé par ses données sont collectives. La data visualisation sur un espace public démocratise les questions d’open data.

Utilisation : utiliser la data locale pour donner des informations localement : état du trafic sur panneau, pollution, etc…

Sensibilisation / Consultation : montrer les informations de consommation d’énergie à une échelle restreinte (à l’échelle d’un bâtiment : dans le hall, présenter la conso collective d’énergie et de ressources pour avoir un état des lieux direct de la résidence. Possibilité d’être étendu aux rues, quartiers, arrondissement…)


Groupe 3 : Fabriquer la ville

http://piratepad.net/NRIfGgElsr

Tags : réappropriation ; espace public ; appropriation numérique ; économie circulaire

Point de départ : Qui sont les acteurs qui fabriquent dans la ville ? Citoyens, fablabs, résidences, entreprises, associations… Pour se réapproprier l’espace public au travers d’actions concrètes le rôle pédagogique des acteurs (fablabs, makers, tout citoyen) est essentiel : partager et documenter les projets, apprendre à tous comment faire et non seulement décrire (via des plateformes / site web, blog), rendre visible et compréhensible les démarches (dataviz).

Qu’est ce que nous pouvons fabriquer dans la ville d’une manière inclusive et accessible ?

  1. Le jardinage, l’usage des espaces verts publics (en lien avec ceux dans les résidences d’habitation), les démarches d’économie circulaire, de circuits courts.
  2. Travailler autour de l’utilisation des déchets, en particulier le compost.

Comment ?

  • Partir d’un état des lieux des projets de traitement de déchets à l’échelle du quartier (Paris 2) et d’une bibliographie (exemple de projets similaires : Montreuil compost de quartier).
  • Identifier les usages actuels et recueillir les avis sur les usages proposés.
  • Quelles sont les ressources nécessaires et quelles sont les étapes (contraintes administratives – autorisations à demander, partenaires à impliquer).
  • Serait-il faisable de faire le compost dans notre lieu de travail, en lien avec les habitations autour… Comment l’utiliser : fertilisateur, énergie (allumer une lampe), packs de composts multi-usages ? Pourquoi ?

Exemple de projets :

  1. Autour du parcours de nos déchets (suivre le circuit d’un déchet jusqu’au recyclage en mettant des capteurs)
  2. Allumer une lampe et montrer les metrics (capacité énergétique au sein de telle quantité de composts). Visée pédagogique. De plus, la Mairie commence une expérimentation dans le 2ème et le 12ème de poubelles orange pour le compost. Aller expérimenter en amont des kits. Des poubelles pour informer sur combien on consomme ? Cette expérimentation de la mairie de Paris pourrait-elle servir pour expérimenter des projets citoyens ?

Contraintes ou problématiques à résoudre : Comment inciter les gens à agir ? Quelle étendue territoriale pour ce type de projet (faisabilité à l’échelle d’un quartier).


Groupe 4 : Concerter sans intermédiariser

http://piratepad.net/fmg9Qkhx0g

Tags : participation ; collectif ; partage / participatif ; résilience ; non-institutionnel / bottom-up

Point de départ : Pourquoi les mécanismes de concertation existants (portés par des institutions ou des acteurs de la CivicTech) sont aujourd’hui décevants ? Comment les améliorer ou les penser autrement ?

Comment être visible en tant que citoyen auprès des administrations de la ville plutôt qu’auprès des élus ? Quelles sont les modalités de participation aux mouvements citoyens ? Comment faire ressortir la voix des gens qui ne vont pas aux concertations ?

Au centre de ces questionnements : la démocratie directe. Comment faire passer les dispositifs de concertations ailleurs que via le numérique ? Comment faire connaître et dupliquer une initiative cachée ? Comment répliquer des projets portés par des initiatives citoyennes dans d’autres villes ? Comment ne pas passer par les municipalités mais par les citoyens ?

Aujourd’hui, les modes de dialogue entre les citoyens et les pouvoirs publics semblent déséquilibrés. Le principe de réciprocité impliquerait qu’un collectif de citoyens s’adresse à un collectif représentant la municipalité. Le pouvoir d’une personne (municipalité) doit être partagé (intelligence collective).

Les dynamiques de récupération et de standardisation des initiatives populaires ou citoyennes excluent souvent les porteurs de projets. Le numérique est à la fois un facilitateur et un frein. Comment l’appréhender pour les projets développés ici ?

Projets : Les projets concrets seront développés lors de la prochaine réunion. Ce groupe réfléchira également aux différents moyens de documenter, dupliquer et faire connaître les projets proposés.

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Webby Talk – Internet or Die !

Save the date : Les Webby Awards débarquent chez NUMA Paris le jeudi 8/12 à 19h !

WEBBY AWARDS : LES OSCARS DU WEB !

Depuis 20 ans, les Webby Awards se donnent pour mission de récompenser les meilleurs acteurs du digital. À noter que les premiers awards ont été accordés alors que l’Internet en était encore à ses prémisses ! Portés par David-Michel Davies, les Webby Awards sont aujourd’hui considérés comme l’un des prix les plus prestigieux du Web !

Cet événement annuel, dont la cérémonie se déroule à New York, récompense la crème du digital à travers cinq catégories, déclinées en sous-catégories :

  • Sites web
  • Films et vidéos en ligne
  • Médias et publicités
  • Sites et applications mobiles
  • Social

Les nominés et les primés sont choisis par un jury composé d’experts du Web, d’entrepreneurs et autres célébrités reconnues. En 2016, les Webby Awards ne dénombrent pas moins de 13 000 projets déposés venus tout droit de 65 pays, une centaine de catégories, et tout autant de gagnants !

BRACE YOURSELF ! LES WEBBY AWARDS DÉBARQUENT À PARIS !

Parce qu’Aquent, l’AACC et NUMA sont des acteurs majeurs de l’innovation, nous sommes très heureux d’accueillir l’équipe des Webby Awards à l’occasion d’une soirée unique à Paris, le temps d’un talk !

Aquent est l’agence mondiale de recrutement spécialisée dans les métiers du marketing, de la création et du digital. Elle s’appuie sur 30 années d’expertise de l’intérim et de l’outsourcing et sur son puissant réseau international pour trouver les talents qui font la différence dans vos organisations. Aquent propose une vision innovante du travail pour aider agences et annonceurs à concevoir et élaborer des projets inspirés et efficaces. Véritable agent de ses talents, Aquent bâtit des partenariats sur-mesure entre les experts les plus doués du marché et ses clients afin de favoriser créativité, souplesse et rentabilité. Aquent.fr

La délégation Interactive de l’AACC (AACCi) regroupe plus de 40 des principales agences digitales françaises. Si chaque agence a son positionnement, toutes partagent un ADN et une vision commune des métiers du digital. L’AACCi est une des 7 délégations de l’AACC, Association des Agences-Conseils en Communication, un syndicat professionnel créé en 1972, qui regroupe plus de 200 entreprises. Fédération de métiers, l’AACC est organisée en délégations qui couvrent l’ensemble des disciplines de la profession : Corporate, Customer Marketing, Interactive, Production, Publicité, Santé et Outre-Mer. www.aacc.fr

Accélération de startups, structuration de communautés, programmes de transformation numérique pour grandes entreprises : NUMA regroupe une diversité d’offres synergiques à destination de ceux qui ont l’envie et la passion d’entreprendre. Né en 2013 du regroupement des activités de Silicon Sentier, NUMA se développe désormais à l’international dans des écosystèmes émergents. NUMA a déjà ouvert ses portes à Moscou, Bangalore, Casablanca, Barcelone et Mexico. Paris.Numa.co

Le focus de cette année ? Internet or Die : comment l’internet moderne nous oblige à créer et inventer constamment de nouvelles expériences toujours plus originales, au risque d’être oubliés. Animée par Gianfranco Chicco, directeur marketing européen des Webby Awards, cette keynote offre un regard unique et avant-gardiste sur ce monde du digital en mouvement permanent, une source d’inspiration et de réflexion issue des tendances les plus innovantes et les plus importantes d’Internet et des 13 000 campagnes inscrites aux Webby Awards.

RDV le Jeudi 8 Décembre, à 19h

Au NUMA, 39 rue du Caire, 75002 Paris

Au programme :

19h : Accueil des invités

19h30 : Webby Talk

20h30 : Cocktail

FAITES DE L’INNOVATION VOTRE MAÎTRE-MOT POUR 2017 !

Inscriptions gratuites ici

EN PARTENARIAT AVEC :

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