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Énergie City – L’énergie dans la ville : quelles évolutions ?

Pour cette deuxième table-ronde du cycle « Smart City » organisé par Renault Innovation Lab - Le Square et NUMA, nous avons choisi de nous intéresser à un sujet majeur pour la ville de demain : l’énergie.
Les nouvelles réglementations et les récentes innovations numériques ont profondément transformé le secteur de l’énergie, à tous les niveaux de la chaîne (production, stockage et distribution), et ont favorisé l’émergence de nouveaux acteurs et services.

 

Qui sont ces nouveaux acteurs et services énergétiques ? Comment vont-ils impacter le secteur et la façon dont nous produisons et consommons l’énergie en ville ?

Premiers éléments de réponses avec nos invités :
– Jérôme Perrin, Directeur Scientifique chez Renault
– Erwan Boumard, Directeur Général d’Energie Partagée
– Stéphane Labranche, Sociologue de l’Énergie et du Climat
– Mark Akehurst, Directeur de Programme Innovation, ENGIE

Fontes des glaces, réchauffement climatique, nouvelles maladies … Face aux défis climatiques, les villes, grandes consommatrices d’énergie, doivent agir pour accompagner la transition énergétique. Cette transition passera par des innovations techniques et une prise de conscience citoyenne.

A la clé, l’opportunité pour les villes d’atteindre l’autonomie énergétique car, comme l’introduit Stéphane Labranche, sociologue du climat « L’un des enjeux de la transition énergétique est de régler la vulnérabilité géopolitique : les pays ne veulent pas dépendre d’autres pays pour s’alimenter en énergie ».

Quels sont les défis ? Et surtout, comment les résoudre et accélérer la transition énergétique?

energie innovation ville smart city

Des défis énergétiques urbains à résoudre

Des problématiques de stockage de l’énergie

« Par rapport aux énergies renouvelables, nous avons la technique et les retours sur investissements… par contre, nous n’avons pas encore résolu le problème du stockage ! » explique Stéphane Labranche. Et en effet, le stockage intersaisonnier, c’est-à-dire le stockage d’énergie pendant des périodes critiques (qui peuvent durer quelques mois) est un problème qui n’est pas encore résolu…

Un certain manque d’intérêt pour les enjeux du secteur

Comme le souligne Mark Akehurst, Directeur de Programme Innovation, Marketing et Nouveaux Métiers chez ENGIE, aujourd’hui « les technologies sont une grande question, mais il faut aussi créer de nouveaux business models. Comment je comprends ce qui a de la valeur pour le client ? C’est très compliqué, car l’énergie n’intéresse pas encore grand monde… ».

Mais alors, quelles sont les solutions que nous avons aujourd’hui pour arriver à une certaine optimisation et efficacité énergétique ? Et pour intéresser les citoyens ?

Optimisation et efficacité énergétique : quelques solutions

Les smart grids, pour une gestion intelligente de l’énergie

Pour résoudre les problèmes d’harmonisation, d’équité ou d’approvisionnement, les smart grids, qui devraient se démocratiser d’ici 5 ans, apparaissent comme étant l’une des meilleures solutions que nous ayons actuellement. Cette nouvelle technologie, qui permet la gestion intelligente de l’énergie, s’installe progressivement mais reste difficile à s’approprier. Il s’agit par exemple de technologies informatiques, qui, associées à des dispositifs de stockage d’énergie permettent de lisser les pointes de production et de consommation. En bref, cela permet de réduire les coûts et d’accroître la sécurité du réseau. « Ce système, beaucoup plus souple que ce qui peut se faire actuellement, permet notamment à n’importe qui d’être acteur ou consommateur d’énergie en fonction de ses besoins » estime Jérôme Perrin, directeur scientifique chez Renault.

Les véhicules électriques, une solution de stockage

Ce dernier note également une nouvelle tendance : les véhicules électriques pourraient bien devenir une solution de stockage. Il est important de donner une seconde vie aux batteries de ces voitures, car elles ne sont pas mortes ! Actuellement, Renault fait des tests pour les utiliser dans des systèmes de stockage stationnaires. Ces technologies permettraient de créer un nouveau monde dans lequel nos modes de vie seront plus confortables.

Comment intéresser les citoyens aux problématiques énergétiques ?

Etant donné que les profils des citoyens et leur rapport à l’énergie sont très variés, il est essentiel de ne pas communiquer un seul et même message lissé pour tout le monde. En effet, personne ne se sentira concerné si c’est le cas.
Finalement, « il faut absolument aider les territoires et les citoyens à se réapproprier les enjeux de la transition énergétique. Notre but, avec Energie Partagée est de créer du lien social dans la durée, notamment pour sensibiliser les esprits au développement durables et aux problématiques de liées à l’énergie » lance Erwan Boumard, directeur général chez Energie Partagée. La transition énergétique dans la ville a besoin de tout le monde !

Revivez l’évènement en vidéo !

Pour aller plus loin, retrouvez également le Storify de l’événement.

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retail renault numa smart city

Retailer 2.0 : quelle expérience client pour demain ?

Renault Innovation Lab - Le Square et NUMA ont organisé en décembre dernier l’événement “Retailer 2.0 : quelle expérience client pour demain ?”. Dimitri Achache Bonifacio, directeur digital chez Renault Retail Group et Aladin Mekki, Responsable Prospective au PICOM (Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce) ont dans ce cadre échangé sur les enjeux du retail de demain, cette conversation était menée par Daniel Geiselhart, co-fondateur de Silex ID.

Quelle expérience client pour demain ?

Réalité augmentée, robotique, intelligence artificielle, Big Data… Nombreuses sont les technologies qui promettent de révolutionner l’expérience des clients dans les points de vente physiques. Comment améliorer l’expérience client et convaincre, à l’heure du e-commerce, les clients de passer la porte des boutiques ? Comment former les vendeurs pour mieux répondre à ces nouveaux usages ? Dimitri Achache Bonifacio, directeur digital chez Renault Retail Group et Aladin Mekki, Responsable Prospective au PICOM (Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce) répondent à ces interrogations.
À l’heure de la démocratisation des smartphones et de la digitalisation, nous continuons quand même à retourner en magasin, notamment pour tester le produit que nous désirons, et surtout, pour vivre une expérience. « Nous parlons beaucoup de la technologie, souligne Daniel Geiselhart, le co-fondateur de Silex ID, mais ce qui prime, c’est l’émotion, qui doit être au centre ! ».

Quelles sont les fonctions du point de vente ?

Pour Aladin Mekki, il a 5 fonctions. D’abord, il s’agit d’un lieu de transaction, direct et rapide, mais aussi d’un lieu d’expertise et d’accompagnement. Lorsque nous allons en magasin, nous cherchons un lien humain. Ensuite, c’est un lieu social (le client fait partie d’une communauté), un lieu de détente et de plaisir. En effet, le magasin joue de plus en plus le rôle de tiers-lieu. Enfin, il s’agit d’un lieu d’expérience, de découverte.

Humain, drive-to-store et gadgétisation

Pour Dimitri Achache, la digitalisation du point de vente cache 3 enjeux. D’abord, un enjeu humain : il ne faut pas opposer le digital au métier traditionnel, car le digital est là pour aider le vendeur. « La Fnac est un bon exemple de multicanalité, où nous pouvons acheter en ligne pour venir chercher le produit en boutique ». Ensuite, le drive-to-store. 90% des clients qui souhaitent acheter une voiture vont sur Internet se renseigner, il faut donc accrocher le client le plus en amont possible. Enfin, dernier conseil : il ne faut surtout pas tomber dans la gadgétisation, comme avec les Beacons par exemple. Il faut raconter une histoire pour enchanter la visite du client.

Comment mieux former les vendeurs ?

Pour Aladin Mekki et Dimitri Achache, il est essentiel de mettre le vendeur à niveau par rapport au client, qui en attend toujours plus. Mais l’avantage : c’est que « les vendeurs ont chacun une personnalité, et peuvent donc créer des relations différentes en fonction de chaque client ! » explique Aladin Mekki. Le digital étant devenu une réalité, il faut expliquer aux vendeurs comment gérer leur relation avec le client avec cette donnée.
Finalement, il n’y a rien de magique, que nous pourrions appliquer dans tous les secteurs du retail. Il faut étudier et chercher quelles sont les solutions technologiques à utiliser au cas par cas. Pour cela, quatre start-ups étaient invitées à venir pitcher leurs solutions.

4 startups aux solutions retail innovantes

Augment : plateforme de réalité augmentée, qui connecte marques et distributeurs autour de la visualisation du produit. Cette plateforme accompagne tout le cycle du produit, du design à la vente en passant par la distribution. Cette start-up permet de mieux se représenter le produit, que ce soit au niveau du vendeur ou du client !
Retency : outil de mesure de d’analyse des visiteurs. Cette technologie permet de mieux comprendre le parcours du client entre le moment où il entre dans un point de vente, et la caisse. L’anticipation du besoin du client en fonction de son parcours est essentielle.
Estech : plateforme de design et de prototypage de produits manufacturés en grande série, comme les vélos, les poussettes… La start-up réalise des maquettes physiques grâce à un fichier numérique : elle utilise la modélisation. Tout est mis à jour en temps réel, notamment pour le prototypage.
Dynamixyz : spécialiste de l’animation de synthèse. Cette société est spécialisée dans l’analyse des visages, notamment dans le cinéma et le jeu vidéo. Elle permet d’analyser les visages en très haute qualité.

Qu’est-ce que la smart city ? Définitions des intervenants

« La smart city est une ville qui crée du lien entre les activités. Le terme « smart » est un peu trop centré sur les capteurs, alors qu’en fait, c’est une ville très sociale ! » Aladin Mekki
« La smart city est une ville qui doit être au service de l’humain. Elle doit lui faciliter la vie. L’homme est vraiment à son centre. » Dimitri Achache
« La smart city est une réponse globale au niveau de la ville, par rapport aux nouveaux paradigmes, aux générations qui ne sont plus les mêmes. » Baptiste Hannebicque (Estech)
« C’est une ville où tout est interconnecté. On a accès à tout, partout, ensemble » Jean-François Chianetta

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Notre prochain événement en partenariat avec Renault Innovation Lab aura lieu le 17 janvier au Square sur le thème de la transformation du secteur de l’énergie. Inscrivez-vous dès maintenant !

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BBD Energy #4 : L’énergie, de l’industrie aux services ?

NUMA a lancé les Business Blind Dates et après le secteur du “Retail” c’est à celui de l’énergie que nous nous intéressons. Ces rendez-vous matinaux sont l’occasion d’échanger avec des experts autour des enjeux phares et des innovations du secteur.

Le secteur de l’énergie voit parmi ses activités, traditionnellement industrielles, une forte croissance des services à destination des particuliers et aux entreprises, soutenus par la démocratisation des outils numériques. Pour notre quatrième Business Blind Date Energy, nous avons choisi de faire se rencontrer deux visions de cette transformation : la première vision est celle d’un grand groupe en pleine évolution et la seconde celle d’une startup qui n’a de cesse de se chercher et de pivoter.

Pour cette quatrième édition, nous avons accueilli Jean-Bernard Sers, Directeur du développement Smart Grid, Smart City et IoT chez Bouygues Energies et Services et Yann Person, CEO de la startup EP. Merci à Patricia de GreenUnivers pour l’animation de cette matinée d’échanges.

innovation industrie energie service

 

Vers la notion de “service”

Il y a 15 ans, Bouygues Energies et Services (BYES) s’appelait ETDE (Entreprise de Transport et de Distribution de l’Électricité) et la notion de service était assez peu développée. La majorité du Chiffre d’Affaires était porté par les activités d’éclairage public, le déploiement de lignes à haute tension… mais très peu de tertiaire, aucun contrat de long terme et une présence essentiellement nationale. A partir de 2002 la société a souhaité se diversifier et s’agrandir, notamment par le rachat d’entreprises. Ainsi, 62 acquisitions ont été réalisées en 6 ans avec, à la clef, le développement de nouvelles offres : climatisation, bâtiments, maintenance industrielle, et Facility Management (FM) à la fois « soft » (prestations de service) et « hard » (prestations techniques visant à exploiter et maintenir les infrastructures). Le virage a aussi été enclenché par un déploiement rapide à l’international.

En premier lieu… les innovations Métiers

Jean-Bernard Sers le rappelle, depuis plusieurs années, nous sommes touchés par la révolution numérique, qui se traduit par un impact sur les métiers de l’industrie et pousse les grands groupes à repenser la manière dont ils travaillent avec les collectivités. Il cite par ailleurs, dans le domaine de l’énergie, l’accord de Paris et à la loi transition énergétique, avec des modifications à attendre quant à l’évolution des réseaux électriques et aux notions de Smart Grid. Il y a de plus en plus d’échanges entre producteur et consommateur et l’intermittence des énergies rend indispensable le fait de repenser l’équilibrage des réseaux face aux nouveaux modes de fonctionnement et aux nouveaux modes de vie : la ville se densifie, les formes de mobilité se réinventent (véhicules électriques, autonomie de la mobilité, …), la sécurité et la sûreté sont placées au cœur des problématiques smart city.

Par ailleurs, dans ce contexte, les GAFA bouleversent le monde de l’énergie, et poussent les acteurs traditionnels de ce secteur à repenser les métiers de l’énergie de demain. Cela passe par la collaboration entre grands groupes et startups, qui permettent de repenser l’agilité des « éléphants » de l’énergie. Face à Google ou à Tesla qui s’intéressent de près à l’énergie dans les bâtiments, « on ne peut pas ne pas bouger » ! L’usage est placé au cœur des démarches, et les clients sont de plus en plus partants pour participer à des Proofs Of Concept (POC), c’est-à-dire à des expérimentations de leurs bâtiments, pour tester de nouveaux concepts, de nouvelles technologies (énergie, numérique dans le bâtiment, géolocalisation, …).

Et les innovations “ Produit ” ?

innovation produit byes

Depuis 2012, BYES porte l’accent sur trois secteurs que sont l’industrie, le tertiaire et les infrastructures. Les différents axes que la société développe pour ces secteurs incluent le solaire, la biomasse, et le photovoltaïque, mais pas seulement. BYES s’intéresse de près à l’éclairage public, à travers, par exemple, la Citybox®, boîtier placé dans les lampadaires qui permet de graduer l’éclairage, mais aussi de diffuser du son, du wi-fi, de recharger son véhicule électrique ou encore d’accueillir des caméras de sécurité. Le lampadaire devient donc un média urbain à part entière. Ce dispositif a été mis en place à Sèvres, à Longjumeau et à Boulogne notamment.

citybox énergie numa industrie innovationCitybox®, une innovation 100% Bouygues Energies & Services

BYES s’intéresse aussi à la numérisation des établissements de santé. Le numérique et l’énergie sont connectés pour automatiser toute une série de processes dans les bâtiments hospitaliers. Par exemple, lorsque qu’un arrêt cardiaque est détecté, un process automatique est enclenché : l’ascenseur est envoyé directement au niveau des urgentistes, les injections/perfusions à débit programmé sont automatiquement réévaluées, le lit du patient est redressé, l’infirmière la plus proche est alertée et le dossier patient est affiché sur le lit.

Dans le domaine du bâtiment, la numérisation permet de proposer de nouveaux outils de prédiction de la consommation de gaz et d’électricité ou de détection des fuites ; mais c’est aussi une des étapes qui permet de repenser l’expérience client et d’optimiser les process métiers. On peut penser, entre autres, au BIM (Building Information Modelling), qui s’étend de la phase de conception à la phase d’exploitation, ou encore à la surveillance des ouvrages au moyen de drones…

Jean-Bernard Sers nous présente un dernier exemple d’innovation, le projet Eco2charge, qui permet de faciliter la mobilité électrique. Ce programme vise à stocker l’énergie dans le bâtiment et à gérer dans le temps et en puissance l’énergie utilisée pour recharger les véhicules électriques, en anticipant ses usages grâce à des modèles de prédiction. Pour ce projet, BYES travaille en partenariat avec Renault pour récupérer les batteries des véhicules électriques qui ont atteint le maximum de leur durée de vie dans un véhicule, mais que l’on peut encore utiliser dans le bâtiment pour permettre le stockage d’énergie et gérer l’appoint.

Un business model de long terme

Très centré sur l’efficacité énergétique, BYES exploite et maintient 30% des bâtiments de Bouygues Construction. Ces contrats de performance énergétique sont des contrats de long terme qui durent de 10 à 20 ans. En effet, pour optimiser la performance énergétique il faut d’abord instrumenter le bâtiment, capter les différentes sources de consommation… mais il faut aussi prendre en compte que les usages et les comportements, c’est-à-dire la manière dont le bâtiment est habité, seront toujours très différents de ce qui avait été envisagé au départ. C’est dans un tel contexte que l’outil Hypervision, développé par BYES, joue un rôle d’analyse et prédiction des consommations multi-fluides des bâtiments, prenant en compte, entre autres, l’évolution de ces usages.

Côté startup : du conseil en rénovation énergétique jusqu’au service

Le secteur de l’énergie, notamment dans sa composante « service », est de plus en plus approché par des startups. La seconde histoire de cette matinée d’échange, c’est Yann Person de la startup EP qui vient nous la raconter. EP, anciennement Energie Perspective, est une startup nantaise, créée il y a 9 ans et actuellement en plein pivot. Yann la définit comme « Une startup avec de la paille dans les sabots, on a essayé les pantoufles mais c’était trop confortable ».

« A partir de 2006, Grenelle de l’Environnement, film d’Al Gore, les gens commençaient à me poser des questions sur ce qu’ils pouvaient faire chez eux… »

En 2007, Energie Perspective est créée et la question qu’ils tentent alors de résoudre est celle-ci : comment faire émerger une offre indépendante, répondant aux enjeux de rénovation de 30 millions de logements, en se servant des systèmes d’informations ? Et comment accompagner cette chaîne tout en sachant que le conseil en rénovation BtoC ne fonctionne pas ? Le consommateur en France ne paye pas le conseil, et, généralement, il rénove petit à petit mais investit rarement 30 000 euros d’un coup.

Le moment du pivot après 10 ans de R&D itérative

Après avoir bifurqué vers une marque blanche et déployé une activité plutôt BtoB pendant plusieurs années, Yann et l’équipe d’EP décident de se recentrer sur la raison pour laquelle ils avaient monté cette startup à l’origine. En 2014, avec le réseau nécessaire (12 000 artisans) et l’expérience d’accompagnement de 70 000 chantiers de rénovation, ils décident de faire rentrer dans leur capital une mutuelle pour engager un programme d’open innovation. Pourquoi une mutuelle ? « Parce que dans le bien-être et la santé il y a le bien se loger, et ça c’est notre job, aider les gens à bien gérer leur maison et à bien vivre dedans. »

EP est à présent constituée autour de trois axes : digital, bâtiment et énergie, avec l’ambition que « gérer sa maison devienne simple, économique et durable ». Cela se matérialise par un carnet intelligent d’entretien et de gestion de la maison, avec un concierge qui l’accompagne pour centraliser toutes les informations.

Pour répondre à la question « comment fait-on technologiquement pour réussir à produire une étude de qualité, vendable à moins de 250€ ? » il a fallu passer par plusieurs étapes. Techniquement, EP a réussi à répondre à cette problématique, mais commercialement l’offre ne se vendait pas. Pourquoi ? Parce que le client n’est pas prêt à payer. La deuxième idée a été transformer les clients en diagnostiqueurs : réussite technique à nouveau mais cette fois-ci c’est l’usage qui n’a pas suivi, parce que les clients ne sont pas prêts à répondre à 70 questions sur l’épaisseur de leurs murs et le type d’isolation dont ils disposent.

Pour pallier ces deux freins commercial et d’usage, il a fallu penser à un nouveau concept : un diagnostic intelligent avec le moins de questions possibles posées au client mais une captation des informations sur la base de son adresse. Ce concept a marqué la naissance d’un important projet de R&D, izigloo.

energie innovation industrie services izigloo

Izigloo permet de proposer non pas de la donnée brute mais des solutions, donc de retranscrire des données en service d’aide à la décision. « Un particulier pense environ 9 minutes par an à sa facture d’électricité » et c’est pour cette raison qu’EP a choisi d’intégrer ses solutions au moment où le client souhaite rénover, et non pas d’essayer de vendre de la rénovation énergétique, car ce thème en BtoC n’est pas pertinent. Il s’agit donc d’accompagner l’acte d’achat ou de rénovation d’une « couche de rénovation énergétique » pour permettre au client de faire les bons choix en matière énergétique, sans vendre du conseil.

Ce concept a pu être réalisé grâce à une démarche itérative, à la récolte des données des 70 000 chantiers accompagnés et à travers des partenariats. Chaque nouvel utilisateur fournit entre 50 et 100 nouveaux points de données. Toutes ces données ont permis de modéliser le parc des maisons en France, et donc de disposer pour chaque maison d’un modèle 3D, ses apports solaires, et ses normes de construction.

EP fonctionne donc comme une marketplace et se rémunère à chaque transaction entre particuliers et artisans, avec pour objectif d’atteindre 1 million d’utilisateurs d’ici 2 à 3 ans. Si au départ, la verticale d’EP est plutôt orientée « travaux », la société s’oriente à présent sur une verticale « énergie » puis « immobilier », notamment au travers d’un partenariat avec Enedis pour intégrer les données Linky dans le carnet numérique. Si avec le client particulier, il est difficile de parler de ROI, il est en revanche possible de mesurer les retombées en termes de valorisation du patrimoine et de valeur verte, en comprenant au mieux le cycle habitant / habitat d’une durée moyenne de 7 ans. Les prochaines étapes après le conseil en rénovation énergétique seront donc de s’orienter vers les problématiques d’usage.

L’idée sous-jacente au fait de libérer de la donnée et de la rendre à son propriétaire est de dire que la data donne de la connaissance, la connaissance donne du pouvoir et donc de la confiance, qui finalement crée de l’engagement.

***

Retrouvez également les comptes-rendus de nos précédentes rencontres :
– BBD #1 : Let’s talk about Energy!
– BBD #2 : L’économie collaborative au service de l’énergie verte
– BBD #3 : Bientôt tous producteurs et vendeurs d’énergie propre ?

Le programme de rencontres de l’année 2017 sera bientôt disponible sur notre site, pensez à nous suivre !

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BBD Energy #3 : Bientôt tous producteurs et vendeurs d’énergie propre ?

Les BBD Energy sont une série de petits-déjeuners consacrés à l’énergie pour échanger, en petit comité et avec des experts, autour des enjeux et des innovations du secteur. Le troisième événement abordait la redistribution des rôles dans le secteur de l'énergie.

Pour traiter cette question, nous avons convié deux intervenants, membres d’entreprises innovantes en ce domaine :

– Emmanuel Soulias, Directeur Général de Enercoop
– François Sonnet de la Fondation SolarCoin

Enercoop, un modèle alternatif aux géants de l’énergie

Enercoop est un fournisseur d’énergie uniquement renouvelable, constitué sous la forme d’une SCIC, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Enercoop est un ensemble de 10 coopératives, rassemblant producteurs d’électricité verte identifiés et consommateurs, chacune indépendante dans son fonctionnement, le réseau partageant la marque, l’offre, et les valeurs du projet commun : mettre le citoyen au coeur de la transition énergétique, en permettant le lien le plus direct possible entre producteurs et consommateurs.

L’électricité est un marché dérégulé depuis 2007 mais toujours dominé par les acteurs traditionnels, anciens monopoles. Enercoop propose un modèle alternatif, plus local, à un tarif supérieur au réglementé d’environ 15% — représentant donc un engagement citoyen conscient de la part des souscripteurs. La majorité de l’électricité vendue par Enercoop est aujourd’hui d’origine hydroélectrique.

Après 10 ans d’existence, Enercoop a 40 000 clients, dont 90% de particuliers, avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2016.
Le tarif réglementé augmentant, et celui d’Enercoop n’ayant jamais évolué depuis sa création, le différentiel se réduit, et la société prévoit 150 000 clients à horizon 2020. Cela resterait une part mineure du marché français mais représenterait pour Enercoop un changement d’échelle notable, nécessitant une transformation interne qu’Emmanuel Soulias a déjà engagée.

enercoop collaboratif numa

Placer le citoyen au coeur de la transition énergétique

La coopérative est détenue à 100% par ses sociétaires, et ne peut pas être rachetée. Sa gouvernance est participative. Il n’y a pas de rémunération d’actionnaires, et les profits sont réinvestis dans le projet, par la création de nouveaux services et de nouvelles coopératives.

Dans les projets à venir, Enercoop souhaite pouvoir intégrer une offre gaz, et début 2017 prolonger son offre de fourniture d’énergie par des services d’efficacité énergétique. La société travaille actuellement sur la relation client, par le biais de projets d’innovation développés en open source pour pouvoir mieux maîtriser les données et assurer la qualité de service.

L’énergie étant un secteur très centralisé et opaque, un acteur alternatif peut-il vraiment s’imposer sur le marché ?

Enercoop vise à la réappropriation citoyenne de l’énergie, avec l’ambition que ce modèle coopératif décentralisé prenne encore plus d’ampleur.
En France, la loi de transition énergétique a été adoptée en août 2015, mais malgré cette dynamique, l’électricité reste à 75% nucléaire. A ses yeux, la transition énergétique a été mal anticipée et c’est le citoyen qui va être mis à contribution (via sa facture ou ses impôts).
Face à cela, Enercoop souhaite porter les intérêts collectifs, et insiste sur l’allocation du profit : c’est de la “consomm’action”, le citoyen sait qui il rémunère, et qui est bénéficiaire de profit.

En France le modèle de coopératives est très peu développé dans le secteur de l’énergie par rapport à d’autres pays comme la Belgique ou l’Allemagne par exemple, il y a donc de vraies opportunités de croissance.

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SolarCoin : augmenter la rentabilité financière des installations solaires pour accélérer leur développement.

SolarCoin est une monnaie qui vise à rétribuer la production d’énergie photovoltaique, en fournissant 1 unité de SolarCoin à tout producteur de 1 MWh faisant partie du réseau et sachant garantir cette production.
Cela permet d’augmenter le retour sur investissement des installations photovoltaïques et vise ainsi à encourager le développement de la production solaire. Actuellement, il y a 7 millions de ces installations dans le monde (source : Agence internationale de l’énergie), ce qui n’est qu’une infime partie du potentiel, en faisant un marché à forte marge d’expansion.

Toute personne qui produit de l’énergie solaire peut enregistrer son installation. Les producteurs de MWh solaires reçoivent leurs Solarcoin sur leur portefeuille virtuel, et sont informés du nombre de SolarCoins dont ils disposent. Ce portefeuille fonctionne comme un compte en banque, avec 2% d’intérêts annuels. Les SolarCoins peuvent être convertis en francs suisses ou euros sur des plateformes dédiées.

Si SolarCoin est à présent focalisé sur l’énergie photovoltaïque, il pourrait envisager à terme une extension vers l’éolien ou l’énergie hydraulique. Solarcoin a également pour projet de livrer des kits solaires dans des pays en voie de développement, projet présenté à la COP22.

La technologie blockchain au service des énergies renouvelables

SolarCoin est une cryptomonnaie, fondée sur la technologie blockchain, qui a été développée avec ElectriCChain.
La blockchain est une base de données décentralisée, disponible sur chacun des points du réseau, qui collecte l’ensemble des informations de production énergétique (à chaque MWh un SolarCoin) et transactions financières. Les informations sont mises à disposition de l’ensemble des partis, et SolarCoin permet ainsi le suivi de la production sur un protocole commun entre tous les acteurs du réseau.

C’est le nombre de participants dans la monnaie SolarCoin qui est amené à lui donner de la valeur. Ainsi après un test de 600 installations dans 23 pays, l’objectif de SolarCoin est de parvenir à un 1 million d’installations recensées, ce qui nourrira la demande pour cette monnaie.
Le SolarCoin est désormais intégré sur des plateformes de financement de la production d’électricité verte telles que Lumo, qui est intervenu dans le BBD Energy #2. On pourrait imaginer que des services de maintenance soient bientôt facturés également en SolarCoins.

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Et pourquoi pas payer Enercoop en Solarcoin ?

Enercoop travaille en effet actuellement sur le sujet des monnaies alternatives. On voit l’émergence de nombreuses monnaies locales, par exemple, et la demande pour des transactions dans celles-ci est remarquée. Cela reste compliqué à mettre en place car il existe de nombreuses monnaies différentes. Mais, philosophiquement, cette approche correspond aux valeurs d’Enercoop, qui, depuis ses débuts, a intégré à la fois les besoins d’autoconsommation et de vente du surplus.
Enercoop travaille également de plus en plus sur l’autoconsommation collective, par exemple avec l’installation pour Biocoop et Chronopost de plateformes solaires avec revente au niveau local.

Ne manquez pas nos prochaines rencontres !

  • Le 15 décembre, Yann Person, CEO de la startup EP (énergie perspective) & Jean-Bernard Sers, Directeur du Développement Smart Grid Smart Cities & IOT de Bouygues Energies et Services viendront aborder le sujet de la transition de l’énergie de l’industrie aux services lors du BBD Energy #4 : L’énergie, industrie ou service ?

 

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Qu’est-ce qu’une Smart City Low Tech ?

L0W C1TY #1 - Penser, faire & montrer une Smart City - Low Tech.

Initié par NUMA et le designer Geoffrey Dorne, auteur de Hacker Citizen, L0W C1TY explore ce qu’est et pourrait être une ville intelligente low tech.

Quoi ? Un cycle d’événements pour penser, faire et montrer collectivement une ville intelligente portée par ses citoyens.

Pourquoi ? Parce que le prisme hypertechnologique de la Smart City n’est pas l’unique modèle de développement urbain, parce que les citoyens manquent d’emprise sur les jeux de données et les modèles statistiques utilisés pour les gouverner, parce qu’il existe d’innombrable façons de concevoir l’espace urbain et de s’y insérer.

Pour qui ? Ce cycle d’événement est ouvert à tous. Designers, architectes & urbanistes, agences de communication, cuisinier, professeur, ancien élu, journalistes, porteurs de projets, le premier BarCamp L0W C1TY a accueilli des acteurs divers qui travaillent les usages de la ville au quotidien. Les prochains événements ont vocation à s’ouvrir à un public encore plus large et plus nombreux.


BarCamp : Qu’est-ce qu’un Smart City low tech ?

Pour ouvrir la réflexion, préciser les thématiques, les projets, les ressources nécessaires et imaginer un futur cadre d’intervention, nous proposions, le 15/11 un premier BarCamp, soit une non-conférence où les participants sont invités à intervenir et proposer des sujets.

Pour débuter l’événement, nous recensions quelques mots clés : participation, collectif, concertation, partage, résilience, élus, efficacité, services, citoyenneté, réenchantement, hasard, poésie, bottom-up, empowerment, baignade, plouf, éco-logie, hack, détournement, agriculture, hasard, rue, (nouveaux) usages, dérive, fabrique numérique, dehors, institution et non-institutionnel, communs, circuits courts, fablabs, fabcity, open-source, internet, peer-to-peer, connexion, déconnexion, réappropriation, accessibilité…

Pour faire naître des projets, nous avons constitué collectivement différents ateliers d’1h30 regroupant ces mots clés en familles suivant les centres d’intérêts principaux des participants. Voici les premiers échanges / pistes / questions qui en sont sortis :  


Groupe 1 : Détournements méthodiques

http://piratepad.net/EK2fDfy8Nt

Tags : hacks ; détournement ; hazards ; baignades

Point de départ : Qu’est-ce qui serait utile / intéressant pour réenchanter la ville ? De quelle méthodologie partir pour développer des idées de hacks urbains ? Énumérer les lieux pour identifier des problèmes, objets, mobiliers qui ne servent à rien et peuvent être détournés. Premier déploiement de cette méthodologie pour imaginer des hacks dans le temps imparti : le métro.

Pourquoi ne me propose-t-on pas les meilleurs trajets dans le métro ? Comment créer des parcours alternatifs ? Comment détourner les parcours habituels de la psychogéographie par la signalétique ?

5 pistes de projets :

  1.  Challenge de vitesse entre 2 stations de métro éloignées (plusieurs correspondances), un seul ticket et une Go-pro. Départ toutes les 5 mn.
  2. A l’inverse parcours à deux dans le métro genre rally: actions à réaliser à la demande (comme: se placer en tête, attendre la deuxième rame, proposer un chewing gum à son voisin, etc.) avec prise de photo pour restitution (?).
  3. Ecrire le manuel illustré du bon usage du métro. Exemples: laisser sortir, le premier entré ne reste pas devant la porte, sortir vite se diriger après, laisser son siège avec le sourire, aider les poussettes, etc. etc. Décliner ensuite l’anti-manuel.
  4. Renommage complet d’une station à base de stickers adaptés (c’est du boulot). Comme transformer “Stalingrad” en “Oulan Bator” ou “Ouistiti”.
  5. Flash mob à la station Rennes: tout le monde ouvre son parapluie en même temps.

D’autres pistes ? 

Manque de toilettes —> Construire des toilettes sèches pour aller les poser dans les espaces vacants des stations.

Créer du lien social —> Créer des jeux dans la rame de métro pour nous interpeller / échanger dans le métro.  


Groupe 2 : Internet local & low-tech

http://piratepad.net/1WWf7P5RGM

Tags : open data; internet; Communs ; connexion / déconnexion ; peer to peer

Point de départ : Quelle suite technique imaginer aux projets du groupe 1 ? Comment se réapproprier internet ?

Projet 1 : Low Tech & Accessibilité

Des technologies high tech complexes peuvent être utilisées pour des projets simples. En simplifiant des technologies et en les matérialisant en des objets / outils simples destinés à pallier aux inconvénients et aux défauts de la vie de tous les jours, nous pouvons rendre la technologie aux citoyens.

A Cuba, les paquetes, sorte de grosses clés USB permettant d’accéder à des contenus culturels piratés, représentent l’une des industries qui emploie le plus de monde. Ce système de réseau peer-to-peer hors ligne a permis aux cubains de créer un internet physique. –> Comment adapter ce système dans les gares ou dans les trains avec un contenu plus cadré, local pour une audience local (circuit court) ?

Exemple de projet : Pirate box très locale qui mettent à disposition un contenu exclusif à ceux qui viennent chercher. Pour répondre aux problématiques de temps morts, et d’attente (bus, métro, queues), les usagers peuvent venir chercher un contenu exclusif à un endroit spécifique pendant une durée limitée. Quel contenu ? Il serait facile d’y trouver des utilisations marketing, mais quid de l’intérêt citoyen et public.

Intérêts :

  1. Partager la même chose au même moment.
  2. Usage collectif du réseau.
  3. Faire du local -> circuit court de peer to peer.

Question centrale : comment amener les gens à se connecter à la pirate box ? Quel type d’Intervention physique sur l’espace urbain : pirate ou pas.


Projet 2 : Open Data & Accessibilité

De la même manière que plein de gens s’intéressent aux informations de leur montre connectée, on a imaginé qu’un bâtiment / un quartier / une ville pourrait avoir des informations visuelles sur ses performances énergétique. De la même manière qu’on regarde ses pas pour soi, on serait intéressé par ses données sont collectives. La data visualisation sur un espace public démocratise les questions d’open data.

Utilisation : utiliser la data locale pour donner des informations localement : état du trafic sur panneau, pollution, etc…

Sensibilisation / Consultation : montrer les informations de consommation d’énergie à une échelle restreinte (à l’échelle d’un bâtiment : dans le hall, présenter la conso collective d’énergie et de ressources pour avoir un état des lieux direct de la résidence. Possibilité d’être étendu aux rues, quartiers, arrondissement…)


Groupe 3 : Fabriquer la ville

http://piratepad.net/NRIfGgElsr

Tags : réappropriation ; espace public ; appropriation numérique ; économie circulaire

Point de départ : Qui sont les acteurs qui fabriquent dans la ville ? Citoyens, fablabs, résidences, entreprises, associations… Pour se réapproprier l’espace public au travers d’actions concrètes le rôle pédagogique des acteurs (fablabs, makers, tout citoyen) est essentiel : partager et documenter les projets, apprendre à tous comment faire et non seulement décrire (via des plateformes / site web, blog), rendre visible et compréhensible les démarches (dataviz).

Qu’est ce que nous pouvons fabriquer dans la ville d’une manière inclusive et accessible ?

  1. Le jardinage, l’usage des espaces verts publics (en lien avec ceux dans les résidences d’habitation), les démarches d’économie circulaire, de circuits courts.
  2. Travailler autour de l’utilisation des déchets, en particulier le compost.

Comment ?

  • Partir d’un état des lieux des projets de traitement de déchets à l’échelle du quartier (Paris 2) et d’une bibliographie (exemple de projets similaires : Montreuil compost de quartier).
  • Identifier les usages actuels et recueillir les avis sur les usages proposés.
  • Quelles sont les ressources nécessaires et quelles sont les étapes (contraintes administratives – autorisations à demander, partenaires à impliquer).
  • Serait-il faisable de faire le compost dans notre lieu de travail, en lien avec les habitations autour… Comment l’utiliser : fertilisateur, énergie (allumer une lampe), packs de composts multi-usages ? Pourquoi ?

Exemple de projets :

  1. Autour du parcours de nos déchets (suivre le circuit d’un déchet jusqu’au recyclage en mettant des capteurs)
  2. Allumer une lampe et montrer les metrics (capacité énergétique au sein de telle quantité de composts). Visée pédagogique. De plus, la Mairie commence une expérimentation dans le 2ème et le 12ème de poubelles orange pour le compost. Aller expérimenter en amont des kits. Des poubelles pour informer sur combien on consomme ? Cette expérimentation de la mairie de Paris pourrait-elle servir pour expérimenter des projets citoyens ?

Contraintes ou problématiques à résoudre : Comment inciter les gens à agir ? Quelle étendue territoriale pour ce type de projet (faisabilité à l’échelle d’un quartier).


Groupe 4 : Concerter sans intermédiariser

http://piratepad.net/fmg9Qkhx0g

Tags : participation ; collectif ; partage / participatif ; résilience ; non-institutionnel / bottom-up

Point de départ : Pourquoi les mécanismes de concertation existants (portés par des institutions ou des acteurs de la CivicTech) sont aujourd’hui décevants ? Comment les améliorer ou les penser autrement ?

Comment être visible en tant que citoyen auprès des administrations de la ville plutôt qu’auprès des élus ? Quelles sont les modalités de participation aux mouvements citoyens ? Comment faire ressortir la voix des gens qui ne vont pas aux concertations ?

Au centre de ces questionnements : la démocratie directe. Comment faire passer les dispositifs de concertations ailleurs que via le numérique ? Comment faire connaître et dupliquer une initiative cachée ? Comment répliquer des projets portés par des initiatives citoyennes dans d’autres villes ? Comment ne pas passer par les municipalités mais par les citoyens ?

Aujourd’hui, les modes de dialogue entre les citoyens et les pouvoirs publics semblent déséquilibrés. Le principe de réciprocité impliquerait qu’un collectif de citoyens s’adresse à un collectif représentant la municipalité. Le pouvoir d’une personne (municipalité) doit être partagé (intelligence collective).

Les dynamiques de récupération et de standardisation des initiatives populaires ou citoyennes excluent souvent les porteurs de projets. Le numérique est à la fois un facilitateur et un frein. Comment l’appréhender pour les projets développés ici ?

Projets : Les projets concrets seront développés lors de la prochaine réunion. Ce groupe réfléchira également aux différents moyens de documenter, dupliquer et faire connaître les projets proposés.

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Webby Talk – Internet or Die !

Save the date : Les Webby Awards débarquent chez NUMA Paris le jeudi 8/12 à 19h !

WEBBY AWARDS : LES OSCARS DU WEB !

Depuis 20 ans, les Webby Awards se donnent pour mission de récompenser les meilleurs acteurs du digital. À noter que les premiers awards ont été accordés alors que l’Internet en était encore à ses prémisses ! Portés par David-Michel Davies, les Webby Awards sont aujourd’hui considérés comme l’un des prix les plus prestigieux du Web !

Cet événement annuel, dont la cérémonie se déroule à New York, récompense la crème du digital à travers cinq catégories, déclinées en sous-catégories :

  • Sites web
  • Films et vidéos en ligne
  • Médias et publicités
  • Sites et applications mobiles
  • Social

Les nominés et les primés sont choisis par un jury composé d’experts du Web, d’entrepreneurs et autres célébrités reconnues. En 2016, les Webby Awards ne dénombrent pas moins de 13 000 projets déposés venus tout droit de 65 pays, une centaine de catégories, et tout autant de gagnants !

BRACE YOURSELF ! LES WEBBY AWARDS DÉBARQUENT À PARIS !

Parce qu’Aquent, l’AACC et NUMA sont des acteurs majeurs de l’innovation, nous sommes très heureux d’accueillir l’équipe des Webby Awards à l’occasion d’une soirée unique à Paris, le temps d’un talk !

Aquent est l’agence mondiale de recrutement spécialisée dans les métiers du marketing, de la création et du digital. Elle s’appuie sur 30 années d’expertise de l’intérim et de l’outsourcing et sur son puissant réseau international pour trouver les talents qui font la différence dans vos organisations. Aquent propose une vision innovante du travail pour aider agences et annonceurs à concevoir et élaborer des projets inspirés et efficaces. Véritable agent de ses talents, Aquent bâtit des partenariats sur-mesure entre les experts les plus doués du marché et ses clients afin de favoriser créativité, souplesse et rentabilité. Aquent.fr

La délégation Interactive de l’AACC (AACCi) regroupe plus de 40 des principales agences digitales françaises. Si chaque agence a son positionnement, toutes partagent un ADN et une vision commune des métiers du digital. L’AACCi est une des 7 délégations de l’AACC, Association des Agences-Conseils en Communication, un syndicat professionnel créé en 1972, qui regroupe plus de 200 entreprises. Fédération de métiers, l’AACC est organisée en délégations qui couvrent l’ensemble des disciplines de la profession : Corporate, Customer Marketing, Interactive, Production, Publicité, Santé et Outre-Mer. www.aacc.fr

Accélération de startups, structuration de communautés, programmes de transformation numérique pour grandes entreprises : NUMA regroupe une diversité d’offres synergiques à destination de ceux qui ont l’envie et la passion d’entreprendre. Né en 2013 du regroupement des activités de Silicon Sentier, NUMA se développe désormais à l’international dans des écosystèmes émergents. NUMA a déjà ouvert ses portes à Moscou, Bangalore, Casablanca, Barcelone et Mexico. Paris.Numa.co

Le focus de cette année ? Internet or Die : comment l’internet moderne nous oblige à créer et inventer constamment de nouvelles expériences toujours plus originales, au risque d’être oubliés. Animée par Gianfranco Chicco, directeur marketing européen des Webby Awards, cette keynote offre un regard unique et avant-gardiste sur ce monde du digital en mouvement permanent, une source d’inspiration et de réflexion issue des tendances les plus innovantes et les plus importantes d’Internet et des 13 000 campagnes inscrites aux Webby Awards.

RDV le Jeudi 8 Décembre, à 19h

Au NUMA, 39 rue du Caire, 75002 Paris

Au programme :

19h : Accueil des invités

19h30 : Webby Talk

20h30 : Cocktail

FAITES DE L’INNOVATION VOTRE MAÎTRE-MOT POUR 2017 !

Inscriptions gratuites ici

EN PARTENARIAT AVEC :

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Capital-risque : quel financement de l’innovation en France ?

Compte rendu - Mercredi 26 octobre, France Stratégie s’associait avec Numa pour animer un séminaire dédié au capital-risque en France et en Europe. Incubateur de startups et lieu emblématique de l’innovation parisienne, le Numa a accueilli le temps d’un après-midi acteurs publics et privés du capital-risque, venus échanger sur la situation actuelle et sur les perspectives d’évolution.

En résumé

  • Malgré des montants de capital-risque moindres que dans les écosystèmes plus matures (États-Unis, Royaume-Uni), la France, comme l’Europe dans son ensemble, a amorcé son rattrapage. Les montants investis sont sans précédent.
  • En France, comme ailleurs en Europe, le financement public est un moteur important des investissements dans le capital-risque ; cette dépendance pose la question de la capacité d’autonomisation du marché.
  • Il est difficile de parler d’une insuffisance d’investissement à l’échelle agrégée, mais certains segments du financement connaissent un déficit qui empêche de financer les startups tout au long du processus de croissance (manque d’attractivité du capital-risque français et européen, frilosité des grandes entreprises françaises à investir dans les startups, taille insuffisante des fonds spécialisés).
  • Les perspectives de sorties limitées nuisent à l’attractivité de la France comme territoire d’implantation pour les startups.

Comment agir ?

  • Assurer la stabilité et la lisibilité de la fiscalité française afin de renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs internationaux, et favoriser le réinvestissement dans l’écosystème français (éventuellement via des dispositifs dédiés).
  • Oeuvrer à la défragmentation du marché européen afin de favoriser l’émergence d’acteurs de taille plus importante.
  • Favoriser l’essor d’un environnement entrepreneurial intégré et ouvert sur l’international (culture entrepreneuriale, éducation et compétences, liens entre le monde de la recherche et les entreprises).

L’écosystème français en essor

En 2015, les montants de capital-risque atteignaient 65 milliards d’euros aux États-Unis, 44 milliards en Chine, et 2,3 milliards en Israël, comparé à 4,3 milliards au Royaume-Uni, 2,9 en Allemagne et 1,9 en France, selon les chiffres d’EY[1]. Rapporté au produit intérieur brut (PIB), le capital-risque en Europe est quatre fois plus faible qu’aux États-Unis ou en Chine. Au premier abord, ces chiffres semblent, pour la France comme pour l’Europe, attester d’un retard important. La réalité paraît plus nuancée : la France, comme l’Europe, est en phase de rattrapage et les montants investis sont sans précédent. Ils auraient été multipliés par trente à cinquante en vingt ans, et ils ont doublé sur les cinq dernières années. Avec un optimisme partagé, les professionnels semblent s’accorder sur l’amélioration des performances françaises et sur le dynamisme nouveau de l’écosystème entrepreneurial. On parle désormais de Paris comme la deuxième capitale européenne du capital-risque, après Londres, relativisant la position de l’Allemagne[2].

La dynamique est encourageante mais le capital-risque français conserve d’importantes marges de progression. À commencer par sa rentabilité : bien qu’en augmentation – elle atteint 2,6 % par an en moyenne sur les dix dernières années –, elle demeure dans l’ensemble inférieure à celle des actifs du CAC 40, de l’immobilier, ou encore du capital investissement (respectivement 4 %, 6 % et 10 %)[3].

La France se singularise également par la nature des souscripteurs : les personnes physiques et le secteur public sont les principaux souscripteurs (à hauteur de 63 %), contrastant avec la timidité des industriels (6 %), des assurances et des banques (9 %)[4]. Le rôle structurant et déterminant de la Banque publique d’investissement (BPI) dans la construction de l’écosystème de l’innovation en France est reconnu, mais alors que le marché du capital-risque arrive aujourd’hui à maturité, la question se pose de la capacité de ce marché à s’autonomiser.

Outre l’identité des souscripteurs, la carence des financements nationaux au sortir de la phase d’amorçage est une autre singularité plus problématique du capital-risque en France. Si les levées de fonds se multiplient en série A[5] (malgré un montant unitaire faible et une part des business angels relativement réduite), les startups en phase de croissance souffrent d’un déficit d’investissements français. Elles se tournent donc vers des fonds internationaux susceptibles de les soutenir tout au long du processus – ce qui se traduit souvent par une incorporation aux États-Unis et par un affaiblissement du lien avec la France. Ce phénomène n’est pas sans externalités positives pour l’entrepreneuriat, mais les acteurs français du capital-risque partagent une frustration à ne pas être en mesure d’accompagner les ambitions de ces startups jusqu’au bout.

Le déficit d’attractivité du marché du capital-risque en France pour les investisseurs privés est décrit comme une entrave à l’essor des startups françaises. Il peut se définir comme une rentabilité plus faible du capital-risque, qui pousse les investisseurs vers d’autres horizons (la France exporte du capital-risque) mais aussi comme la conséquence d’un héritage culturel ou d’incitations fiscales mal calibrées. En effet, les investisseurs potentiels français semblent plus averses au risque, et dirigent leur épargne vers les actifs les plus certains – encouragés en ceci par la fiscalité de l’épargne. Le corporate venture, à savoir le soutien ou le rachat de startups par les grands groupes, est aussi plus limité qu’ailleurs. Le manque d’internationalisation des fonds de capital-risque en France est un autre trait du déficit d’attractivité, qui accentue les difficultés à lever des fonds plus importants (de l’ordre de 15 à 25 millions et au-delà). Enfin, l’absence d’un marché boursier alternatif spécifique au capital-risque est un frein de plus : Alternext ne saurait suffire, la France et l’Europe rêvent d’un Nasdaq à l’européenne. Le montant moyen des rachats d’entreprises innovantes est en effet de 25,5 millions en France (38,7 millions au Royaume-Uni et 43,1 en Allemagne)[6]. La frilosité des grandes entreprises pour investir dans les startups et la faible valorisation de ces dernières au moment de leur introduction boursière offrent des possibilités de sorties peu attractives qui limitent la rentabilité d’ensemble du secteur du capital-risque en France.

Quels leviers seraient susceptibles d’améliorer la situation ?

La fiscalité occupe une place importante dans l’esprit des professionnels du secteur. Pour attirer les investisseurs privés nationaux et internationaux, ils s’accordent sur la nécessité d’une fiscalité transparente, prévisible et stable. L’horizon temporel du capital-risque étant lointain, cette visibilité paraît cruciale. Les changements fréquents en matière de fiscalité et la complexité des dispositifs en place sont dénoncés comme un frein majeur au développement du marché. Outre ce besoin général de stabilité et de lisibilité, les participants ont mis l’accent sur la fiscalité des plus-values et sur les incitations fiscales. La comparaison avec le Royaume-Uni, leader européen du capital-risque, s’impose. La taxation des plus-values de cession y est moins importante : là où le taux le plus faible en France est de 23 %, le taux le plus élevé au Royaume-Uni est de seulement 20 % (10% sur les 10 000 premières livres sterling)[7]. Les dispositifs de défiscalisation britanniques sont également plus généreux puisque l’avantage fiscal peut atteindre un maximum de 300 000 livres, contre seulement 45 000 euros en France (dispositif ISF-PME).

Au-delà du niveau de la fiscalité, de nombreux participants au débat ont appelé à favoriser le réinvestissement des marges réalisées par les entrepreneurs à succès dans l’écosystème entrepreneurial français, de manière à générer un cercle vertueux de l’innovation grâce au partage d’expérience et à la montée globale en compétences. L’exemple de la « mafia Paypal » aux États-Unis, qui a participé à la création ou au financement de nombreuses startups à succès, illustre la puissance de ce phénomène. Les acteurs plaident pour la mise en place d’un dispositif fiscal facilitant ce processus.

Le développement de l’écosystème entrepreneurial ne s’arrête pas aux questions relatives au financement. L’environnement culturel, quand il est adéquat, est porteur d’un grand dynamisme. La culture entrepreneuriale française, bien qu’en forte progression, laisse encore à désirer selon les acteurs du débat. Les grands groupes français, moins présents dans le corporate venture que leurs homologues étrangers et moins impliqués dans le développement ultérieur des startups qu’ils rachètent, sont particulièrement visés. Il faudrait les sortir de leur zone de confort, peut-être par la stimulation de la concurrence, pour créer les conditions favorables à l’innovation. Une place nouvelle doit être laissée au capital-risque et aux startups dans le développement économique du pays, compte tenu de leur rôle central dans la création d’emploi. Leur émergence doit être une priorité de la politique économique. Pour encourager cette création d’emploi, les efforts devraient se porter sur le développement des EITI (entreprises innovantes de taille intermédiaire) et non, comme trop souvent, sur les fameuses « licornes ».

Le système éducatif, pilier de la culture nationale, doit lui aussi évoluer dans le sens des besoins présents et futurs. L’accompagnement des talents et la montée des compétences sont la clé d’un écosystème innovant. Or la France semble souffrir d’un déficit de compétences spécifiques aux besoins des EITI, qui connaissent des difficultés de recrutement (pénurie de développeurs et de vendeurs sur le territoire). Les lacunes françaises en la matière sont un frein à l’essor des startups – notamment à l’international – et à l’employabilité des Français : la communication en anglais, la formation marketing et la vente sont des compétences vitales pour les startups que le pays doit encourager. La performance de l’enseignement supérieur repose entre autres sur sa capacité à transmettre les savoirs développés en son sein vers une utilisation pratique dans la sphère marchande : le lien entre la recherche universitaire et les entreprises doit être amélioré.

Un retard français mais aussi européen

À bien des égards, l’analyse de la situation française vaut pour le reste de l’Europe. Le financement public est un moteur important des investissements dans le capital-risque : il représente à lui seul 30 % à 40 % du total[8], ce qui pose encore la question de la capacité d’autonomisation du marché. La structure des fonds européens présente les mêmes handicaps que celle des fonds français. Leur taille insuffisante rend presque impossible le suivi des startups dans l’intégralité du processus de développement : les difficultés apparaissent principalement au-delà de la série A, à l’instar du cas français. La rentabilité du capital-risque en Europe est faible (et positive seulement depuis quelques années)[9], ce qui décourage l’investissement privé en capital-risque. À titre de comparaison, les fonds de capital-risque européens seraient en moyenne deux fois plus petits (60 millions de dollars) que les fonds américains. Cependant, ces données sont à mettre en perspective avec le coût relatif des facteurs de production (salaires, foncier), plus importants aux Etats-Unis qu’en France, ce qui expliquerait en partie une besoin de fonds plus important.

La fragmentation du marché du capital-risque en Europe est un élément négatif qui s’ajoute au diagnostic. On constate un manque de fluidité et de diversité, le capital-risque de la zone se concentrant dans 8 pays[10]. Le manque d’intégration entre les différents marchés européens est d’autant plus frappant que les startups américaines semblent insensibles aux frontières nationales de l’Europe : de taille plus importante, elles s’implantent facilement dans le paysage européen. Plusieurs participants au débat ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité des startups européennes à reproduire ce modèle : plus grand et plus unifié, le marché américain permet à ses startups de se développer d’abord sur le territoire national pour ensuite conquérir le marché européen (une fois la taille critique atteinte et avec des fonds suffisants pour une entrée simultanée dans plusieurs pays européens).

Pour remédier à ces obstacles, la défragmentation du marché européen est considérée comme nécessaire, mais difficile à atteindre. La création d’un hub européen du capital-risque et des startups pourrait être le fruit de cette démarche fédératrice et la marque d’une impulsion européenne sur la scène internationale de l’innovation et l’entrepreneuriat.

Le rôle de la réglementation a également été évoqué pour accroître la capacité d’investissement de la zone euro vers des activités plus risquées. Le manque de financement dans le capital-risque serait intensifié par le renforcement des normes prudentielles, qui aurait limité la prise de risque des acteurs avec un horizon suffisamment long (compagnies d’assurance, etc.). L’évolution des règles prudentielles apparaît ainsi, pour certains, comme un levier possible pour favoriser l’éclosion de fonds européens d’envergure.

La taille des fonds est également un aspect important car il faut mobiliser des capitaux importants pour se développer simultanément sur les grands marchés européens. Là aussi, la taille insuffisante des tours de table et des acteurs du financement semble freiner l’émergence d’acteurs à l’échelle européenne, encore trop rares, et d’acteurs globaux d’origine européenne, actuellement encore en nombre très limité alors qu’aux États-Unis les principales capitalisations boursières sont aujourd’hui d’anciennes startups.

Laura PIERRET, France Stratégie

Voir la synthèse sur le site France Stratégie

Compte rendu vidéo


[1] EY (2016), Back to Reality. EY Global Venture Capital Trends 2015.  

[2] Et relativisant de manière plus générale la capacité des chiffres à rendre compte de la réalité entrepreneuriale, compte tenu des arbitrages méthodologiques nécessaires à l’élaboration de ces chiffres.

[3] Présentation AFIC, Comment expliquer le niveau du capital innovation en France ?

[4] Présentation AFIC, Comment expliquer le niveau du capital innovation en France ?

[5] Tour de table entre 800 000 euros et 3 millions d’euros.

[6] Présentation du Conseil d’analyse économique (CAE), Capital risque : quelles voies de réforme pour le financement de l’innovation en France ?

[7] Notes séminaire.

[8] Présentation de la Commission européenne, EU support for venture capital.

[9] Ibid.

[10] Présentation de la Commission européenne, EU support for venture capital.

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BBD Energy #2 : L’économie collaborative au service de l’énergie verte

Les BBD Energy sont un cycle de petits-déjeuners pour échanger, en petit comité et avec des experts, autour des enjeux et innovations du secteur de l’énergie. Le deuxième événement était sur le thème de l’économie collaborative au service de l’énergie verte.

Pour y répondre, nous avons invité des fondateurs de startups aux business models novateurs :

  • Julien Tchernia, CEO de ekWateur, un nouveau fournisseur d’énergie ouvert, transparent et connecté
  • Alex Raguet, CEO de Lumo, une plateforme de financement participatif pour la transition énergétique

Comment baisser les coûts de l’énergie pour le consommateur ?

Cette question a été le point de départ de la startup ekWateur. En effet, il est traditionnellement difficile de jouer sur les prix de l’énergie, car il y a assez peu de marge de manoeuvre permettant à une jeune pousse de se différencier significativement. Mais l’économie collaborative permet d’y apporter des solutions, tout en changeant le rapport du consommateur à l’énergie.

Avec ekWateur, le collaboratif peut s’envisager à plusieurs niveaux pour le consommateur :

  • Accès aux dernières technologies d’autoconsommation pour favoriser la production personnelle d’énergie
  • Investissement financier dans la startup (ekWateur a réalisé une levée de fonds auprès des ses clients, grâce à Lumo)
  • Participation rémunérée au Service Avant Vente collaboratif, en répondant par téléphone ou par chat aux questions des futurs clients
  • Organisation de hackathons réunissant des startups innovantes pour mutualiser les connaissances et partager les astuces de chacun

Comment recruter des nouveaux consommateurs ?

Julien Tchernia note certains blocages, assez classiques, pour aller vers des électriciens alternatifs : la prégnance du service public datant de notre histoire après-guerre, ou encore l’impression erronée que tout est encore réglementé, ou la difficulté à quitter un opérateur historique et donc rassurant.

En plus de sa visibilité médiatique, ekWateur recrute donc principalement ses clients grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et à des ambassadeurs, qui sont des tiers de confiance pour les nouveaux consommateurs.

Comment adapter les outils de microfinance aux énergies renouvelables ?

La startup Lumo a un système de financement inversé : elle s’intéresse aux projets déjà financés, pour remplacer une partie de la dette senior fournie par les banques, ou du capital de projet fournie par le développeur, et le remplacer par des obligations.

Cela permet un investissement très implanté dans les territoires : les investisseurs sont souvent des voisins du projet. Mais on rencontre aussi des personnes qui souhaitent investir leur épargne dans des projets de production d’énergie verte.

Après un intense travail de lobbying pendant deux ans, la startup a pu bénéficier récemment d’un coup de pouce réglementaire : pour les prochains appels d’offre solaire qui sont lancés par la Commission de Régulation de l’Energie (“CRE3”), soit 3GW sur les 3 prochaines années, chaque projet d’énergie renouvelable est incité à inclure un financement participatif local. La startup est donc maintenant en phase de développement important avec de nombreux projets en cours.

Pour accélérer le développement de l’économie collaborative dans le domaine de l’énergie, Alex Raguet évoque la possibilité de mise en place d’incitations fiscales comme au Royaume-Uni, où le crowdfunding est 10 fois plus développé.

Alex a également partagé des informations sur le Solarcoin, un certificat basé sur la technologie blockchain, permettant de valoriser les kwh produits par des installations photovoltaïques. Tout producteur d’énergie solaire peut ainsi générer des Solarcoin, qui seront bientôt valorisables auprès de grandes marques. Pour en savoir plus, RV au prochain BBD !

Ne manquez pas nos prochaine rencontres !

  • Le 15 décembre, Yann Person, CEO de la startup EP (énergie perspective) & Jean-Bernard Sers, Directeur du Développement Smart Grid Smart Cities & IOT de Bouygues Energies et Services viendront aborder le sujet de la transition de l’énergie de l’industrie aux services lors du BBD Energy #4 : L’énergie, industrie ou service ?

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BBD Energy #1… Let’s talk about Energy!

NUMA a récemment lancé les “Business Blind Date”. Ces rendez-vous matinaux ont pour but d’échanger, en petit comité et avec des experts, autour d'enjeux et innovations d’un secteur donné. Après le secteur retail, c’est à celui de l'énergie que nous nous attaquons.

Organisé en partenariat avec ATTOMA, cabinet en innovation et stratégie, et EnAct, une plateforme de communication sur les enjeux liés à l’énergie au quotidien, ce premier petit déjeuner a invité à débattre, en présence d’experts du secteur, des questions de l’énergie aujourd’hui.

Entre nouvelles réglementations, énergies renouvelables, décentralisation de la production, digitalisation et habitudes de consommation qui évoluent, le secteur de l’énergie est en profonde mutation. La chaîne de production est profondément bousculée. Comment les grands groupes peuvent-ils prendre part à cette révolution énergétique ? Comment communiquer sur ces enjeux ?

Le premier événement a rassemblé deux speakers :

  • Patrice Geoffron, Professeur de Sciences Economiques et Directeur du CGEMP (Centre de Géoplitique de l’Energie et des Matières Premières) à l’Université Paris-Dauphine. Expert en économie de l’énergie et du climat, ses travaux portent sur les transformations en cours des systèmes énergétiques (développement des énergies renouvelables, des smart grids et smart cities), ainsi que sur les tensions géopolitiques du monde des hydrocarbures.

Changer de modèle dans l’énergie : de la production de volume à la création de valeur

Arash Aazami part de l’importance de définir ce que nous entendons par “énergie”. Selon lui, l’énergie est la capacité à travailler, produire et créer de la valeur. Nous vivons dans l’économie de l’abondance énergétique, tout en étant bloqués dans une économie de l’énergie qui ne veut pas profiter de cette abondance.

Il présente alors des exemples des difficultés que nous avons à évaluer le réel niveau de consommation, et en particulier de gâchis d’énergie. Ces difficultés d’évaluations créent des biais dans les politiques d’énergie et dans le discours sur la pénurie des ressources énergétiques.
Tant que le business model de l’industrie est fondé sur la quantité d’énergie produite, la situation n’évoluera pas, l’enjeu est donc pour Arash Aazami d’effectuer une transition du volume vers la valeur.

bbd-energy

Au-delà des discussions, la nécessité urgente de disruption

Patrice Geoffron s’accorde lui aussi sur la nécessité de rupture en terme d’énergie : nous aurions seulement deux décennies pour passer dans un modèle avec un faible taux d’émission carbone. En 2009 les émissions de CO2 ont baissé au niveau mondial, mais l’année fut économiquement désastreuse : il y a donc un besoin urgent de disruption. Il s’agit notamment de pouvoir éviter à un certain nombre de pays émergents de passer par l’étape très polluante charbon/fuel, et de se développer en parvenant directement à ce nouveau modèle durable.

Or malgré les discussions sur la question du CO2 depuis 15 ans, l’industrie n’a pas encore fait encore l’objet d’une rupture. Actuellement, le sujet de l’évolution des comportements et l’auto-consommation (pour l’usage de l’électricité au niveau du foyer) crée également une forte appétence. Ce nouveau discours sur l’autonomie de la consommation, avec l’idée de sortie d’un modèle vertical où l’énergie provient de l’Etat et des entreprises d’Etat, serait à l’origine de davantage de ruptures que le discours sur le CO2.

Toutefois ces comportements ne comptent que pour une petite partie de la consommation énergétique (l’énergie électrique ne compte que pour 1% de l’énergie consommée – les transports ou l’habitat étant majoritaires en termes de consommation).

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Les interventions se prolongent par un débat avec les participants, interpellés notamment par le pessimisme des articles de presse que l’on peut lire actuellement sur le sujet environnemental. Mais selon Patrice Geoffron, il ne s’agit pas de baisser les bras mais justement d’agir !

Pour les deux intervenants, une chose est certaine : la transition vers une économie fondée sur les énergies renouvelables n’est pas un choix, elle est inévitable.

Le prochain BBD aura lieu le 17 novembre, sur le thème de l’économie collaborative au service de l’énergie verte, inscrivez-vous !

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Innover dans le retail : retour sur le Smart Mall Day

Vendredi 7 octobre, 14h. Le Smart Mall Day ponctue une réflexion engagée par NUMA depuis plusieurs mois sur l’innovation dans le secteur retail, avec un après-midi de tables rondes et expérimentations pour imaginer le centre commercial de demain.

Comment mettre en place un projet d’innovation retail ? Quelles nouvelles technologies s’intègreront dans le centre commercial de demain ? Quel est le futur de l’expérience client ?

Retrouvez notre compte-rendu de l’événement sur Storify :
http://storify.com/NUMAParis/smart-mall-day

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