#FounderStories : Maxime Valette de VieDeMerde (VDM)

Quatrième invité du cycle des FounderStories destinées aux start-ups de NUMA, Maxime Valette, fondateur et CTO de VieDeMerde, est venu nous raconter son histoire de sérendipité, ou comment d’une petite blague d’ado geek s’est fédéré un impressionnant business mondial.

Ce qui est formidable dans l’histoire de VieDeMerde, c’est la facilité apparente avec laquelle le tapis rouge s’est déroulé. Là où les entrepreneurs racontent habituellement crises d’angoisse et galères, Maxime Valette lui a eu la chance de connaître l’alignement immédiat qu’offre “la” bonne idée, sans passer par la case études.

Un bon karma, Maxime? Le secret de sa réussite, c’est surtout le pragmatisme non-formaté dont il a fait preuve pour gérer le buzz sans jamais dérailler de son concept initial.
#FounderStories : Maxime Valette de VieDeMerde (VDM)

“On the Internet, nobody knows you’re a dog”
Petit détail à préciser avant d’amorcer le case study : Maxime est un génie autodidacte.

Fan de Nintendo, il y consacre son premier site qu’il apprend à développer seul à 12 ans… et enchaîne pour des clients qui ignorent son âge.

En parallèle du collège à 14 ans, il devient responsable technique de Team aAa, la première équipe de joueurs de jeux vidéo professionnelle. Il y rencontre Guillaume Passaglia, de huit ans de son aîné, avec qui il collabore sur le site Internet de l’équipe.

A 15 ans, il monte sa première boîte, qu’il revend à son plus gros client, lui offrant un petit confort financier.

A 18 ans, le bac en poche, ses parents acceptent de lui laisser deux ans de liberté. Bien sûr, il connaît déjà tout le programme d’informatique de l’IUT. Il s’associe avec Guillaume qui termine son master et créé Beta & Compagnie, une société d’édition de sites web. Il consacre 2 jours par semaine à des clients et 3 à 5 jours à ses idées.

Comment avoir « la » bonne idée ?
Evidemment pas de recette miracle, mais tout de même deux facteurs de réussite : 1/ avoir soi-même été son premier utilisateur ; 2/ avoir immédiatement intégré les retours de ses premiers utilisateurs.

A la base, VDM n’était qu’un délire de geeks en LAN Party. Maxime et un ami adorent se plaindre de leur vie et prennent l’habitude de chatter en commençant par « Aujourd’hui,… VDM ». Petit à petit, les dossiers amusants s’accumulent, si bien qu’ils décident en janvier 2008 de les partager via un microblog aux copains des forums et compétitions. En achetant le nom de domaine, Maxime remarque une promotion sur le .fr qu’il obtient pour la modique somme de… zéro euro.

Au début, l’idée est uniquement de se faire plaisir en publiant une anecdote privée par jour sans envisager de viralisation. Mais dans tous les tournois de jeux vidéo où il passe ainsi que sur Internet, Maxime est sollicité par des gens qui lisent VDM et veulent participer. Il consent à créer un formulaire pour inclure un invité par semaine… et immédiatement le site tombe. Face aux centaines de propositions reçues, Guillaume et lui repèrent l’opportunité business attendue et laissent tout tomber pour foncer dans la brèche.

Savoir buzzer au-delà de deux semaines
Le deuxième challenge à surmonter après avoir trouvé la bonne idée, c’est réussir à se poser les bonnes questions pour éviter l’effet soufflé.

Avec 100 à 200 messages reçus par jour, puis 7000/8000 après médiatisation, un choix éditorial stratégique est nécessaire. Faut-il tous les publier ou rester sur un concept d’un contenu ultra sélectionné ?

Maxime remarque qu’il attire tous les jours 80% de réguliers et fait le pari de cette quotidienneté. Il décide de garder le contenu authentique et rare en ne changeant rien à son fonctionnement, à des milliers comme à deux. Un choix très lourd en termes de charge de travail, moins marrant, mais essentiel pour créer la confiance. C’est selon lui ce qui l’a différencié de tous ceux qui ont essayé de le copier : il ne s’est pas perdu dans la tentation de la publication massive qui aurait dévalorisé son contenu.

Très proche de ses core utilisateurs, il répond à tous les messages qu’il reçoit et parfait les fonctionnalités du site en intégrant au fur et à mesure leurs suggestions (vote, thème, etc.), sans jamais perdre son propre style. La modération permet ensuite d’éliminer deux tiers des propositions et un modérateur aujourd’hui employé à temps plein trie le dernier tiers.

Réussir à en vivre
Très vite, ce sont 100 000 visiteurs uniques qui défilent par jour, mais toujours aucun gain financier. Les motivations des utilisateurs sécurisées, Maxime et Guillaume s’attaquent à leur business model.

1ere piste, Maxime recontacte l’investisseur de sa première entreprise, qui s’avère être une régie publicitaire. Ils installent deux bannières, une à gauche, une à droite, et en 3 semaines ils touchent 10000 euros… Aujourd’hui, la pub représente 85% de leur CA annuel de 2,1 millions d’euros.

2e piste, l’exploitation de la valeur du texte avec des produits dérivés. En partenariat avec l’éditeur Michel Lafon, Maxime sort « le 1er livre issu de l’Internet » et fait payer sur papier le contenu exclusif gratuit en ligne. Pas de problème de droit d’auteur, les auteurs anonymes des VDM acceptent de céder leurs droits commerciaux dans les conditions d’utilisation. Idem avec la série NT1.

3e piste, le lancement aux Etats-Unis. Un autre carton qu’il aura fallu 2 à 3 ans à stabiliser, en travaillant jour et nuit avec un partenaire local soigneusement choisi. C’est grâce à cette grande cohérence éditoriale que la marque percera outre atlantique… et inversement, restera anecdotique dans ses 6 autres versions linguistiques.

Ses conseils
Quelle équation magique selon lui ?

– Toujours avoir des plans A, B, C quoiqu’il arrive. Encore aujourd’hui, il travaille avec ses premiers clients et VDM n’est qu’un business parmi d’autres (les bloqueurs de pubs étant le dernier en date).
– Y aller au fur et à mesure : ne pas avoir fait d’études lui a permis de ne pas être formaté et d’y aller à l’arrache, certes, mais pragmatiquement.
– Rester cohérent du début à la fin et toujours se demander à quel moment on sort du sens du projet initial et à quel moment on dérape.
– Avoir la force de dire non : la seule concession qu’il aura accepté de faire est d’avoir transformé viedemerde.fr en VDM, plus pratique pour les annonceurs.
– Garder une image de marque authentique : VDM, c’est avant tout le reflet de sa personnalité. A la seconde où on la change, le modèle est travesti et moins intéressant pour les gens.
– Entretenir le rapport à la communauté en permanence : ne pas toucher au core concept mais rajouter des petites options pour les fidèles qui ont envie de rester.

Merci Maxime et longue VDM !

#FounderStories : Maxime Valette de VieDeMerde (VDM)

VDM en quelques dates et chiffres :
Date de lancement : 2008
CA : 2,1 millions d’euros par an
Communauté : 2,5M fans VDM (1e page à obtenir 1M de fans)/ 3,4M fans FML; 2,2M followers VDM / 176K followers FML; 3 millions de visiteurs par jour
Nombre de salariés : 5
Site web: http://www.viedemerde.fr/ ; http://www.fmylife.com/ ; http://maximevalette.com/

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