Qu’est-ce qu’une Smart City Low Tech ?

L0W C1TY #1 - Penser, faire & montrer une Smart City - Low Tech.

Initié par NUMA et le designer Geoffrey Dorne, auteur de Hacker Citizen, L0W C1TY explore ce qu’est et pourrait être une ville intelligente low tech.

Quoi ? Un cycle d’événements pour penser, faire et montrer collectivement une ville intelligente portée par ses citoyens.

Pourquoi ? Parce que le prisme hypertechnologique de la Smart City n’est pas l’unique modèle de développement urbain, parce que les citoyens manquent d’emprise sur les jeux de données et les modèles statistiques utilisés pour les gouverner, parce qu’il existe d’innombrable façons de concevoir l’espace urbain et de s’y insérer.

Pour qui ? Ce cycle d’événement est ouvert à tous. Designers, architectes & urbanistes, agences de communication, cuisinier, professeur, ancien élu, journalistes, porteurs de projets, le premier BarCamp L0W C1TY a accueilli des acteurs divers qui travaillent les usages de la ville au quotidien. Les prochains événements ont vocation à s’ouvrir à un public encore plus large et plus nombreux.


BarCamp : Qu’est-ce qu’un Smart City low tech ?

Pour ouvrir la réflexion, préciser les thématiques, les projets, les ressources nécessaires et imaginer un futur cadre d’intervention, nous proposions, le 15/11 un premier BarCamp, soit une non-conférence où les participants sont invités à intervenir et proposer des sujets.

Pour débuter l’événement, nous recensions quelques mots clés : participation, collectif, concertation, partage, résilience, élus, efficacité, services, citoyenneté, réenchantement, hasard, poésie, bottom-up, empowerment, baignade, plouf, éco-logie, hack, détournement, agriculture, hasard, rue, (nouveaux) usages, dérive, fabrique numérique, dehors, institution et non-institutionnel, communs, circuits courts, fablabs, fabcity, open-source, internet, peer-to-peer, connexion, déconnexion, réappropriation, accessibilité…

Pour faire naître des projets, nous avons constitué collectivement différents ateliers d’1h30 regroupant ces mots clés en familles suivant les centres d’intérêts principaux des participants. Voici les premiers échanges / pistes / questions qui en sont sortis :  


Groupe 1 : Détournements méthodiques

http://piratepad.net/EK2fDfy8Nt

Tags : hacks ; détournement ; hazards ; baignades

Point de départ : Qu’est-ce qui serait utile / intéressant pour réenchanter la ville ? De quelle méthodologie partir pour développer des idées de hacks urbains ? Énumérer les lieux pour identifier des problèmes, objets, mobiliers qui ne servent à rien et peuvent être détournés. Premier déploiement de cette méthodologie pour imaginer des hacks dans le temps imparti : le métro.

Pourquoi ne me propose-t-on pas les meilleurs trajets dans le métro ? Comment créer des parcours alternatifs ? Comment détourner les parcours habituels de la psychogéographie par la signalétique ?

5 pistes de projets :

  1.  Challenge de vitesse entre 2 stations de métro éloignées (plusieurs correspondances), un seul ticket et une Go-pro. Départ toutes les 5 mn.
  2. A l’inverse parcours à deux dans le métro genre rally: actions à réaliser à la demande (comme: se placer en tête, attendre la deuxième rame, proposer un chewing gum à son voisin, etc.) avec prise de photo pour restitution (?).
  3. Ecrire le manuel illustré du bon usage du métro. Exemples: laisser sortir, le premier entré ne reste pas devant la porte, sortir vite se diriger après, laisser son siège avec le sourire, aider les poussettes, etc. etc. Décliner ensuite l’anti-manuel.
  4. Renommage complet d’une station à base de stickers adaptés (c’est du boulot). Comme transformer “Stalingrad” en “Oulan Bator” ou “Ouistiti”.
  5. Flash mob à la station Rennes: tout le monde ouvre son parapluie en même temps.

D’autres pistes ? 

Manque de toilettes —> Construire des toilettes sèches pour aller les poser dans les espaces vacants des stations.

Créer du lien social —> Créer des jeux dans la rame de métro pour nous interpeller / échanger dans le métro.  


Groupe 2 : Internet local & low-tech

http://piratepad.net/1WWf7P5RGM

Tags : open data; internet; Communs ; connexion / déconnexion ; peer to peer

Point de départ : Quelle suite technique imaginer aux projets du groupe 1 ? Comment se réapproprier internet ?

Projet 1 : Low Tech & Accessibilité

Des technologies high tech complexes peuvent être utilisées pour des projets simples. En simplifiant des technologies et en les matérialisant en des objets / outils simples destinés à pallier aux inconvénients et aux défauts de la vie de tous les jours, nous pouvons rendre la technologie aux citoyens.

A Cuba, les paquetes, sorte de grosses clés USB permettant d’accéder à des contenus culturels piratés, représentent l’une des industries qui emploie le plus de monde. Ce système de réseau peer-to-peer hors ligne a permis aux cubains de créer un internet physique. –> Comment adapter ce système dans les gares ou dans les trains avec un contenu plus cadré, local pour une audience local (circuit court) ?

Exemple de projet : Pirate box très locale qui mettent à disposition un contenu exclusif à ceux qui viennent chercher. Pour répondre aux problématiques de temps morts, et d’attente (bus, métro, queues), les usagers peuvent venir chercher un contenu exclusif à un endroit spécifique pendant une durée limitée. Quel contenu ? Il serait facile d’y trouver des utilisations marketing, mais quid de l’intérêt citoyen et public.

Intérêts :

  1. Partager la même chose au même moment.
  2. Usage collectif du réseau.
  3. Faire du local -> circuit court de peer to peer.

Question centrale : comment amener les gens à se connecter à la pirate box ? Quel type d’Intervention physique sur l’espace urbain : pirate ou pas.


Projet 2 : Open Data & Accessibilité

De la même manière que plein de gens s’intéressent aux informations de leur montre connectée, on a imaginé qu’un bâtiment / un quartier / une ville pourrait avoir des informations visuelles sur ses performances énergétique. De la même manière qu’on regarde ses pas pour soi, on serait intéressé par ses données sont collectives. La data visualisation sur un espace public démocratise les questions d’open data.

Utilisation : utiliser la data locale pour donner des informations localement : état du trafic sur panneau, pollution, etc…

Sensibilisation / Consultation : montrer les informations de consommation d’énergie à une échelle restreinte (à l’échelle d’un bâtiment : dans le hall, présenter la conso collective d’énergie et de ressources pour avoir un état des lieux direct de la résidence. Possibilité d’être étendu aux rues, quartiers, arrondissement…)


Groupe 3 : Fabriquer la ville

http://piratepad.net/NRIfGgElsr

Tags : réappropriation ; espace public ; appropriation numérique ; économie circulaire

Point de départ : Qui sont les acteurs qui fabriquent dans la ville ? Citoyens, fablabs, résidences, entreprises, associations… Pour se réapproprier l’espace public au travers d’actions concrètes le rôle pédagogique des acteurs (fablabs, makers, tout citoyen) est essentiel : partager et documenter les projets, apprendre à tous comment faire et non seulement décrire (via des plateformes / site web, blog), rendre visible et compréhensible les démarches (dataviz).

Qu’est ce que nous pouvons fabriquer dans la ville d’une manière inclusive et accessible ?

  1. Le jardinage, l’usage des espaces verts publics (en lien avec ceux dans les résidences d’habitation), les démarches d’économie circulaire, de circuits courts.
  2. Travailler autour de l’utilisation des déchets, en particulier le compost.

Comment ?

  • Partir d’un état des lieux des projets de traitement de déchets à l’échelle du quartier (Paris 2) et d’une bibliographie (exemple de projets similaires : Montreuil compost de quartier).
  • Identifier les usages actuels et recueillir les avis sur les usages proposés.
  • Quelles sont les ressources nécessaires et quelles sont les étapes (contraintes administratives – autorisations à demander, partenaires à impliquer).
  • Serait-il faisable de faire le compost dans notre lieu de travail, en lien avec les habitations autour… Comment l’utiliser : fertilisateur, énergie (allumer une lampe), packs de composts multi-usages ? Pourquoi ?

Exemple de projets :

  1. Autour du parcours de nos déchets (suivre le circuit d’un déchet jusqu’au recyclage en mettant des capteurs)
  2. Allumer une lampe et montrer les metrics (capacité énergétique au sein de telle quantité de composts). Visée pédagogique. De plus, la Mairie commence une expérimentation dans le 2ème et le 12ème de poubelles orange pour le compost. Aller expérimenter en amont des kits. Des poubelles pour informer sur combien on consomme ? Cette expérimentation de la mairie de Paris pourrait-elle servir pour expérimenter des projets citoyens ?

Contraintes ou problématiques à résoudre : Comment inciter les gens à agir ? Quelle étendue territoriale pour ce type de projet (faisabilité à l’échelle d’un quartier).


Groupe 4 : Concerter sans intermédiariser

http://piratepad.net/fmg9Qkhx0g

Tags : participation ; collectif ; partage / participatif ; résilience ; non-institutionnel / bottom-up

Point de départ : Pourquoi les mécanismes de concertation existants (portés par des institutions ou des acteurs de la CivicTech) sont aujourd’hui décevants ? Comment les améliorer ou les penser autrement ?

Comment être visible en tant que citoyen auprès des administrations de la ville plutôt qu’auprès des élus ? Quelles sont les modalités de participation aux mouvements citoyens ? Comment faire ressortir la voix des gens qui ne vont pas aux concertations ?

Au centre de ces questionnements : la démocratie directe. Comment faire passer les dispositifs de concertations ailleurs que via le numérique ? Comment faire connaître et dupliquer une initiative cachée ? Comment répliquer des projets portés par des initiatives citoyennes dans d’autres villes ? Comment ne pas passer par les municipalités mais par les citoyens ?

Aujourd’hui, les modes de dialogue entre les citoyens et les pouvoirs publics semblent déséquilibrés. Le principe de réciprocité impliquerait qu’un collectif de citoyens s’adresse à un collectif représentant la municipalité. Le pouvoir d’une personne (municipalité) doit être partagé (intelligence collective).

Les dynamiques de récupération et de standardisation des initiatives populaires ou citoyennes excluent souvent les porteurs de projets. Le numérique est à la fois un facilitateur et un frein. Comment l’appréhender pour les projets développés ici ?

Projets : Les projets concrets seront développés lors de la prochaine réunion. Ce groupe réfléchira également aux différents moyens de documenter, dupliquer et faire connaître les projets proposés.

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