Les entrepreneurs Datacity: #2 Smart Building et consommation d’énergie des bâtiments publics

Avec cette série nous revenons sur les projets Datacity présentés lors du Demoday à l’Hôtel de Ville de Paris le 6 juin et sur les entrepreneurs qui ont contribué à leur réussite.

Pour rejoindre ou en savoir plus sur le programme : écrivez nous [email protected] !

Iman Ahmed : Junior Innovation Programs Manager, NUMA

Iman, dans le cadre de Datacity tu as travaillé sur quels projets ?

Diminuer de 10% la consommation énergétique de la ville de Paris  avant 2020 par le changement comportemental

J’ai travaillé sur un challenge qui vise à réduire la consommation énergétique des bâtiments publics à travers la sensibilisation des gestionnaires de bâtiment. L’équipe qui relève ce défi réunit Aurélie Guillon (SETEC), Manon Dirand (startup Beebryte), Marie-Emilie Legrand et Anne-Gaelle Baptiste, Auréliane Labourdette, toutes de la Direction du Patrimoine et de l’Architecture à la Mairie de Paris, ainsi que Jean-Philippe Clément (Responsable de la démarche et des solutions data à la Mairie de Paris).  Une équipe si nombreuse et complète de la Mairie de Paris est pertinente puisque le challenge s’inscrit dans du plan Climat de Paris, dans lequel la Ville de Paris s’est engagée à réduire de 10% sa facture énergétique via le changement comportemental.

Le but de ce challenge était donc de rendre les gestionnaires de bâtiments publics acteurs de la consommation énergétique de leur bâtiment, afin de réduire la facture de la ville et la sur-consommation inutile d’électricité et de gaz.  Or, comment sensibiliser des gestionnaires de  crèches, gymnases, mairies, aux questions énergétiques alors même que ces enjeux n’étaient jusqu’alors que périphériques à leurs fonctions ? Pour cela, l’ensemble des partenaires ont mené un travail de recherche utilisateur pour aller à la rencontre des gestionnaires et ont créé avec eux un tableau de bord de visualisation en temps réel de la consommation énergétique des bâtiments. Les gestionnaires ont donc pu choisir les informations prioritaires qu’ils voulaient faire remonter par les capteurs connectés à leurs bâtiments. En plus de cela, ils bénéficient semaines après semaines d’un suivi personnalisé de leurs efforts d’économies d’énergies remontés grâce à un système automatique d’alerte.

Manon Dirand, Marie-Emilie Buisson, Aurélie Guillon, Anne-Gaelle Baptiste

Le moment le plus dur et le résultat dont tu es le plus fier ?

Contrairement à ce que nous pensions, les 2 plus grosses difficultés n’ont pas été d’ordre technologique, mais d’ordre humain.

  • La première difficulté fut de mobiliser un public très occupé (gestionnaires de crèches etc), occupé à 100%  par de l’opérationnel et des urgences. Plutôt que de les faire venir chez NUMA comme initialement prévu, nous avons changé de méthode et nous sommes partis à leur rencontre sur leur lieu de travail.
  • La seconde difficulté a été révélée par Fiodor Tonti l’UX Designer qui nous a accompagné, qui considérait que nous travaillions sur un problème que les utilisateurs n’avaient eux même pas encore identifié et dont ils n’avaient pas conscience (réduction de la consommation d’énergie). Nous travaillons donc avec des utilisateurs dont nous avions anticipé les pain points. Il a donc fallu concevoir le tableau de bord comme une greffe aux activités des gestionnaires et comme un outil complémentaire à l’existant. Plutôt qu’être un produit en lui-même sinon, le dashboard RDV conso est parvenu à s’insérer dans la vie des gestionnaires et leurs outils.

 

Si ce projet était répliqué dans toutes les villes du monde…

Dans toutes les villes mondiales, les gestionnaires de bâtiments publics déplorent un manque de visibilité sur la consommation de leur bâtiment alors même qu’ils sont le levier d’action le plus puissant. A terme, l’application souhaite créer des communautés de gestionnaires à l’échelle de Paris, et pourquoi pas d’autres villes pour qu’ils puissent comparer leurs efforts et leur consommation. A la clef ? Des factures réduites pour les collectivités locales et une économie d’énergie garantie à l’échelle mondiale.

 

Le deuxième challenge sur lequel tu as travaillé est :

Quand la tech met l’humain au coeur des choix décisionnels d’aménagement de bureaux

Dans le cadre de DataCity, j’ai accompagné Ghislain Bourgin (Cisco), Virginie Dinh de Bossoreille (Nexity), Antoine Plantier (Startup Sharing Cloud) et Guillaume Crozet (Startup Irynx), Frédéric Gauzy (SFR). Le but du challenge; optimiser le taux d’occupation des bureaux tout en offrant de meilleures conditions de travail à l’usager. Pour répondre au challenge, nous avons travaillé sur un outil d’aide à la décision pour les space planners dans l’aménagement des espaces de bureaux. C’est un tableau de bord qui montre en temps réel l’utilisation des salles de réunion, d’open space et de flexoffice, en alertant sur les espaces de sous-occupation et sur-occupation. Ces données sont issues de 11 capteurs thermiques installées par Guillaume et ses équipes dans les 3 espaces de travail du siège de Nexity. Les données sont aussi comparées aux données de réservation extraites de la plateforme de booking de salles et de postes de travail de Sharing Cloud. Ce tableau de bord  devient alors révélateur de l’utilisation des espaces et des habitudes des usagers, permettant aux moyens généraux de prendre les meilleures décisions pour le confort des employés tout en optimisant l’occupation des lieux.

Frédéric Gauzy, Antoine Plantier, Ghislain Bourgin, Virginie Dinh-de Bossoreille, Guillaume Crozet

 

Le moment le plus dur et le résultat dont tu es le plus fier ?

Nous sommes passés d’un challenge qui s’appelait initialement “Bâtiment intelligent” à “Optimiser l’espace de travail en garantissant le confort de l’usager”. Entre ces deux noms, un long chemin. La problématique était très large et la principale difficulté a été de choisir un axe pour adresser ce challenge. L’ensemble de l’équipe a donc traversé de nombreux doutes, car il était difficile de choisir le Personae sur lequel nous devions nous focaliser; hésitant entre un outil à destination des employés, ou des moyens généraux. Nous avons donc mené plus d’une dizaine d’entretiens utilisateurs au siège de Nexity qui nous ont permis de trancher, en identifiant que le pain point principal résidait chez les Moyens Generaux. Les ateliers de Data-visualisation  autour de la construction du dashboard avec François Prosper nous ont permis d’affiner le profil que nous adressions en s’interrogeant sur les informations que nous voulions montrer.

 

Si ce projet était répliqué dans toutes les villes du monde…

Si ce projet était répliqué dans toutes les villes du monde, DataCity aurait un impact conséquent sur les conditions de travail des employés des villes mondiales. En effet, la pression du foncier, la raréfaction de l’espace, et le changement de mode de travail des employés, vont pousser les entreprises à faire de vrai revirement dans leur gestion de l’espace de travail. C’est déjà ce qu’on remarque en France et aux Etats-Unis. Or,  sans outil et sans visibilité sur l’usage des espaces et les besoins des employés, les entreprises vont mettre à mal l’efficacité de travail mais surtout la santé de leurs employés. Travailler sur les “smart building”, c’est donc aussi travailler à  mettre l’humain au coeur des choix décisionnels et articuler l’environnement qui l’entoure autour de ses besoins essentiels.

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Retrouvez toutes les informations sur le programme DataCity à Paris et son édition parisienne
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