#FounderStories – Adam D’Angelo, fondateur et CEO de Quora

Discrète, confiante dans la qualité de son produit, Quora a pour mission d'accroître et de partager le savoir disponible dans le monde. Reçu chez NUMA pour une Founder Story, son fondateur et CEO Adam D'Angelo, ancien CTO de Facebook, est revenu sur son histoire et a partagé ses réflexions sur l'importance de se donner une mission ambitieuse.

FounderStory NUMA - Adam D'Angelo, CEO de Quora

Les Q&A comme modèle d’acquisition et de diffusion du savoir

Si vous cherchez à connaître la structure chimique d’une molécule, le nombre d’habitants des Philippines, la date de naissance de Marie-Antoinette, de nombreux sites peuvent vous apporter la réponse et le faire rapidement. Le plus connu d’entre eux, Wikipedia – littéralement : du savoir (encyclopédique) rapidement accessible, wiki signifiant vite, en hawaïen – permet ainsi à plusieurs centaines de millions de personnes d’accéder gratuitement, en permanence et où qu’ils soient, à un savoir à peu près sans limite.

Qu’en est-il, pourtant, si vos questions sont plus particulières ? Faut-il garder le subjonctif dans la langue française ? Faut-il mettre de la crème fraîche dans une sauce carbonara ? Est-il plus facile d’être un homme ou une femme ? Pour ces questions et pour tant d’autres, Wikipedia demeure sans voix. Parce sa structure est celle d’une encyclopédie, qui répertorie le savoir établi sur des sujets répertoriés isolément (le subjonctif, le genre, les Philippines, Marie-Antoinette), Wikipedia ne peut répondre aux questions plus imprévisibles ou plus particulières qui forment pourtant la part prépondérante du questionnement humain.

Quora – alias Question or Answer – se donne pour mission de partager et d’accroître le savoir disponible dans le monde en s’appuyant sur le modèle, plus évolutif, plus ludique et plus propice à la construction dialogique du savoir, des Questions et Réponses. Son fondateur et CEO, Adam D’Angelo, résume ainsi la raison d’être du projet :

Unless you know someone around you with an answer to a particular question, most of the time you won’t get that answer. There is plenty of knowledge on the Internet, but there is a lot more in people’s heads. On Quora, you can ask any question you have, and someone else will try to answer it.

Comment savoir si les réponses sont bonnes ?

Le savoir disponible gratuitement sur Internet est aujourd’hui sans limite, avec une seule mais importante réserve : celle de la qualité. Les repères manquent pour évaluer sa véracité, pour distinguer le vrai du faux. Les rumeurs, théories du complot, contre-vérités peuvent ainsi se frayer de larges voies dans un univers où – et fort heureusement – aucune autorité de contrôle ne censure l’expression de centaines, de milliers et millions d’internautes.

Qu’en est-il sur Quora ? Lorsqu’une question est publiée, les Quorans qui savent, pensent savoir, veulent s’exprimer ou simplement proposer une idée sont invités à publier une réponse. En fonction des votes des utilisateurs, ces réponses sont ensuite ordonnées de la plus à la moins pertinente. Les spécialistes d’un sujet pourront ainsi apporter, de deux façons, leur pierre à l’édifice : en votant pour les réponses qui sont justes, ou bien en rédigeant eux-mêmes la réponse qu’ils estiment pertinente.

Mais l’objectivité – si elle est possible – n’est pas toujours la pierre de touche des discussions qui ont lieu sur Quora. Parmi ceux qui répondent, on trouvera savants et ignorants, sceptiques et doctrinaires, romanciers, politiciens, artistes, complotistes, scientifiques, exaltés. Ici comme ailleurs, toutes les voix peuvent s’exprimer et elles peuvent être lues. Si l’équipe de Quora a mis en place différents mécanismes de modération, elle ne cherche pas toutefois – ici encore, heureusement – à contrôler les contenus échangés. L’équipe entend laisser ainsi la part belle à la curiosité, au divertissement et aux incertitudes qui dirigent la recherche du savoir.

We’re totally fine with the idea that some answers which are not scientific can be upvoted and rank first. It is not up to us to decide the criteria which are in use.

Le décentrement de Quora par rapport à l’idéal encyclopédique, celui d’un point de vue universel, est précisément ce qui permet la discussion des questions les plus ouvertes et même parfois les plus originales. Sur la version anglaise, en ligne depuis suffisamment longtemps, on se demandera par exemple s’il est normal de parler tout seul ; si l’amour est une illusion ; ce qui rend un individu singulier ; mais aussi quels sont les points communs entre une souris et un rat, ou encore s’il est théoriquement possible de voyager dans le temps.

Adam D'Angelo chez NUMA

Invité lors d’une Founder Story pour discuter avec les entrepreneurs de NUMA, Adam D’Angelo est revenu sur son parcours.

Qui est Adam D’Angelo ?

Adam D’Angelo a fait ses études secondaires au début des années 2000 à la Phillips Exeter Academy dans le New Hampshire. L’école est l’une des boarding schools les plus élitistes et prestigieuses des Etats-Unis. Elle est surtout connue pour sa pratique d’une pédagogie développée au début du XXème siècle par le philanthrope Edward Harkness, et qui consiste à asseoir les élèves autour d’une table pour qu’ils discutent librement, en limitant autant que possible l’intervention professorale. Au cours de sa scolarité à Exeter, Adam D’Angelo rencontre Mark Zuckerberg

Facebook

Adam D’Angelo rejoint alors Caltech en Californie. Il y développe notamment l’application BuddyZoo qui permet à ses utilisateurs d’uploader leurs contacts AIM (AOL Instant Messenger, l’application de messagerie instantanée la plus populaire à l’époque) et de les comparer aux contacts des autres utilisateurs. Pendant ce temps, Mark Zuckerberg a rejoint Harvard et lancé Facebook en février 2004. Adam d’Angelo est l’un des premiers ingénieurs qu’il pense à associer. Quelques mois plus tard, l’équipe est rassemblée et D’Angelo devient son CTO. Il le demeure pendant près de quatre ans avant de quitter Facebook en 2008 – et de fonder Quora.

Le modèle

Né en Californie, Quora a un luxe que peu de startups françaises peuvent se permettre : développer son produit pendant plusieurs années sans générer aucun revenu ou presque. Discrète, confiante dans la simplicité de ses interfaces, Quora vient de lever 85 millions de dollars, sa quatrième levée de fonds depuis sa création en 2009. L’équipe compte 190 collaborateurs et a développé la meilleure expérience de Q&A qui existe à ce jour.

Le modèle économique sur lequel Quora fonde ses projections est très proche de celui de Google AdWords. Les annonceurs choisissent les Q&A sur lesquelles ils voudraient promouvoir un produit, puis paient Quora pour l’affichage. L’insertion de ces publicités dans l’espace d’une question et de ses réponses permet de capter l’attention des visiteurs au moment opportun. Les annonceurs paient ainsi plus cher, tandis que les utilisateurs ne souffrent pas de publicités intrusives, sans rapport avec leur objet d’intérêt actuel.

More and more people say that business models based on advertisement are broke, but I think it’s misleading. If your product is good enough so that it gets a large audience, then advertising is a good way of making your business grow.

La contenu des annonces, adapté (qualitativement) au texte sur la page, doit détériorer aussi peu que possible l’expérience sur le site.

Quora en français

Quora compte aujourd’hui 190 millions de visiteurs uniques par mois  dans le monde et vient d’introduire une version francophone. 

Inscription iciMerci Adam !

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#FounderStories – Julien Artu, fondateur de MyHospiFriends

Après avoir subi, pendant six mois, l'ennui des hôpitaux, Julien Artu a fondé MyHospiFriends pour permettre aux patients de se rencontrer au sein des hôpitaux en fonction de leurs centres d'intérêt. En pleine conclusion d'un exit prometteur, il est venu partager son expérience et l’histoire de ce premier réseau social hospitalier avec les entrepreneurs de NUMA.

NUMA Founder Story Julien Artu

N’écoutez pas ceux qui veulent vous décourager

Julien Artu a fait l’École Hôtelière. Il a obtenu un Bac en restauration et en cuisine, puis un BTS en management hôtelier. Lorsqu’il a fondé sa toute première startup en 2001, une conciergerie privée pour les pays du Golfe, il s’est heurté au scepticisme de tout son entourage, et même des autres entrepreneurs.

Quand je rencontrais quelqu’un, dans les apéros d’entrepreneurs, on me demandait quelle école j’avais fait. Je répondais : l’école hôtelière, et les gens s’en allaient.

N’accordez jamais trop d’attention aux sceptiques…

Entreprenez à partir de vos expériences personnelles, celles que vous connaissez mieux que les autres

Julien a fondé MyHospiFriends après avoir passé six mois à l’hôpital, suite à un accident de voiture. Alité, incapable de quitter sa chambre d’hôpital, il est convaincu que d’autres patients, autour de lui, pourraient avoir des intérêts communs. C’est parce que Facebook ne lui permet pas de localiser ces patients, et parce que Twitter, LinkedIn, Tinder, qu’il utilise tour à tour, ne le tirent pas non plus de son ennui, qu’il décide de créer le premier réseau social pour patients hospitalisés.

N’attendez pas d’avoir un CTO pour tester vos idées

La première version de MyHospiFriends a été développée par Julien à partir d’un CMS (Content Management System). Son avis :

En sachant utiliser Google, et en apprenant seul, on peut très bien bricoler un réseau social sans être développeur. Si vous attendez un CTO sans avoir testé un premier prototype, le plus souvent, vous n’en trouverez pas !

Le media training peut servir

Un premier passage à la télé en janvier 2013 commence à faire connaître MyHospiFriends.  À cette date, pourtant, le réseau social n’est pas encore lancé. La réticence des centres hospitaliers à adopter une solution qui leur paraît originale a longtemps retardé le lancement de MyHospiFriends. Dans ce contexte, obtenir une visibilité du grand public en passant à la télévision permet d’ouvrir plus rapidement les portes.

Julien Artu Founder Story

Seuls vos utilisateurs comptent

Fin 2014, MyHospiFriends est au bord de la cessation de paiement et Julien hésite à tout arrêter. Ce qui le pousse à continuer ?

L’important, nous dit-il, c’était que ma solution fonctionnait : je n’avais que quelques milliers d’utilisateurs, mais ils aimaient vraiment l’expérience qu’ils avaient.

Merci Julien !

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#FounderStories – Jérôme Ruskin, fondateur et CEO de Usbek & Rica

Fondateur d'Usbek & Rica, "le média qui explore le futur", Jérôme Ruskin dirige aujourd'hui une équipe de vingt salariés, auxquels s'ajoutent une vingtaine de pigistes et graphistes. Dans un secteur, la presse, qui connaît en France de profondes difficultés, le parti pris éditorial d'Usbek & Rica est rare et novateur : proposer un contenu prospectif, qui interroge "le futur proche, le futur lointain, voire le très très long terme". Reçu pour une Founder Story, Jérôme a partagé, avec les entrepreneurs de NUMA, ses réflexions sur la liberté des entrepreneurs et sur la réussite.

Usbek & Rica

Fondé en 2010, Usbek & Rica est un média de réflexion sur les grands enjeux d’avenir et accorde une place essentielle au décryptage de notre nouvelle civilisation numérique. Le projet, imaginé par Jérôme il y a 9 ans, est aujourd’hui l’une des revues les plus lues et crédibles pour comprendre le monde vers lequel nous allons, dans ses enjeux numériques, écologiques, géopolitiques et de société.

Usbek & Rica a réalisé ses premiers bénéfices en 2013, avec 600.000 euros de chiffre d’affaires. Il en a réalisé près de 2 millions en 2016. C’est ainsi l’un des journaux français les plus rentables par rapport à sa taille. Pour ce faire, l’équipe s’appuie sur un modèle qui comporte à la fois un volet grand public (le site internet, le magazine, une box cadeau, des évènements) et un volet corporate.

Nous avons développé une activité de studio pour des marques, pour produire du contenu, mener des études, organiser des workshops et des conférences. On utilise notre savoir-faire, en lien avec notre ligne éditoriale, pour générer plus de revenu.

Est-on libre quand on entreprend ?

Pour beaucoup, la liberté est l’une des principales motivation à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Jérôme coupe court :

La liberté de l’entrepreneur est avant tout un fantasme. Dans les premières années d’une boîte, l’entrepreneuriat implique des verrous très nombreux, et beaucoup plus nombreux qu’ailleurs.

Tenu de rendre des comptes à ses associés, ses investisseurs, ses salariés et ses clients, l’entrepreneur est beaucoup plus contraint qu’un collaborateur en entreprise. Les urgences s’accumulent, les problèmes à résoudre ne sont pas toujours les plus intéressants. Jérôme poursuit :

Quand j’ai fondé Usbek & Rica, qui est un journal d’idées, je pensais que j’aurais du temps pour m’occuper du contenu, pour devenir un grand rédacteur en chef. Aujourd’hui, je m’occupe du développement de la boîte au sens large. J’ai délégué très rapidement le leadership intellectuel parce que je n’avais pas le temps de m’y consacrer entièrement.

Fantasmes

Ce n’est pas la première fois qu’un véritable entrepreneur, reçu lors d’une Founder Story, s’attache à déconstruire les représentations communes de l’entrepreneuriat. Yann Lechelle, notre invité il y a quelques mois, avait mis en question le cliché de l’entrepreneuriat for money’s sake : la plupart des entrepreneurs ne se paient pas pendant de longues années, et ceux qui réussissent vraiment finissent par réinvestir leur argent massivement dans de nouveaux projets. Loïc Le Meur, reçu plus récemment, rappelait le peu d’extravagance des entrepreneurs high-tech dans la Silicon Valley :

La plupart d’entre eux n’ont aucun des signes extérieurs de la richesse. Vous leur donneriez une pièce si vous les croisiez dans la rue.

Jérôme Ruskin s’est attaqué à un autre fantasme : celui du startupper maître de son emploi du temps, libéré des contraintes.

Il y a une dimension de sacrifice. Entreprendre empêche de réussir dans d’autres domaines, et conduit à passer à côté de beaucoup d’autres choses. Il faut en être averti pour le savoir et pour s’y préparer.

Jerome Ruskin NUMA

À quoi ça rime ?

Si elle n’est motivée ni par l’argent, ni par la liberté, à quoi rime donc l’aventure entrepreneuriale ? La liberté, plus fondamentale, de déterminer soi-même le sens et l’ambition de son travail, est la raison la plus profonde. Le travail de l’entrepreneur, difficile et contraint, n’appartient pas à quelqu’un d’autre : il n’est pas aliéné. Le produit de ce travail ne lui est pas, comme dans le salariat, étranger par avance, extérieur par sa destination (le profit, qui n’est pas le sien) et par sa raison d’être. On peut évoquer, en écho, la description du travail aliéné dans les premiers écrits de Marx :

Finalement, l’aliénation du travailleur apparaît en ceci que son travail n’est pas son travail propre, mais le travail d’un autre, en ceci qu’il ne lui appartient pas, qu’en lui il ne s’appartient pas à lui-même, mais appartient à un autre. (Manuscrits de 1844)

La liberté de l’entrepreneur est bien réelle, même si elle a pour prix (et pour paradoxe) une multiplication des contraintes.

5 conseils aux entrepreneurs, par Jérôme Ruskin

#1: Ayez des rituels.

C’est indispensable pour organiser son travail dans la durée. Par exemple, une façon de démarrer la journée, une façon de la conclure.

#2: Sortez du bureau.

Ne travaillez pas toujours au bureau. Travaillez ailleurs, à l’extérieur, où vous réfléchirez différemment et ferez des rencontres inattendues.

#3: Soyez très généreux.

Dans les premières années, j’acceptais quasiment toutes les demandes de rendez-vous. C’est ce qui permet les rencontres et qui donne de l’inspiration.

#4: Ne vous entourez que de gens qui sont meilleurs que vous.

Il faut prendre des gens qui sont meilleurs que vous dans leur domaine, pour exécuter, et il faut toujours assumer leurs erreurs. Le rôle du CEO est d’être là en aiguilleur. Il faut se ménager le temps d’amener le projet sur le coup d’après.

#5: Avancez pas à pas.

Ne cherchez pas à jouer la Ligue des Champions, jouez plutôt la prochaine passe. C’est ce qui permet de bien rentrer dans le match, et ensuite d’avancer !

Merci Jérôme !

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#FounderStories – Yann Lechelle, COO de Snips, membre co-fondateur de France Digitale

Yann Lechelle est un entrepreneur en série, ou plutôt, selon ses propres termes, un "entrepreneur professionnel". Il a créé 4 startups high-tech, toutes revendues. Membre co-fondateur de France Digitale, fortement impliqué dans le développement et dans la promotion de notre écosystème, il est aujourd’hui COO de Snips, startup pionnière en France dans les domaines de l'Intelligence Artificielle, de la compréhension du langage naturel et du Context Awareness. Reçu lors d'une Founder Story, Yann nous a partagé ses réflexions sur l’IA, l'écosystème français et les convergences à saisir.

Yann Lechelle Founder Story

Snips

Co-fondée en 2013 par trois chercheurs français, Snips est sans doute l’une des startups les plus séduisantes et secrètes de tout l’écosystème. Composée en grande majorité par des ingénieurs, développeurs et data scientists, elle a paradoxalement choisi pour devise et mantra : Make technology disappear. Snips anticipe que les objets connectés seront de plus en plus nombreux et que cette inflation créera des frictions multiples, dans les interactions avec les utilisateurs.

Lorsque votre frigo, votre voiture, votre éclairage, votre porte d’entrée seront tous connectés, poursuit Yann, la technologie sera omniprésente et les problèmes de l’interface homme-machine seront considérables. L’Intelligence Artificielle, embarquée dans les objets, pourra faire disparaître entièrement ces frictions. L’IA est la technologie qui fera disparaître la technologie.

Snips veut ainsi permettre aux utilisateurs d’interagir avec les objets connectés de façon naturelle et contextuelle, en utilisant par exemple la voix. L’équipe a levé 5,7 millions d’euros mi-2015 auprès d’investisseurs américains et de Bpifrance.

“La France est un lieu extraordinaire pour entreprendre”

À la pointe de l’innovation dans un domaine (l’IA) dont les géants sont tous américains, Snips aurait pu quitter la France depuis longtemps pour s’installer dans la Silicon Valley. Sur ses 41 employés, pourtant, 38 sont installés en plein coeur de Paris. Yann Lechelle est revenu, avec beaucoup de conviction, sur les raisons de cette implantation.

La France est en train de vivre une véritable explosion de son écosystème.

L’esprit de curiosité et de dialectique des Français, l’excellence des ingénieurs formés par les grandes écoles, sont des atouts dont les entrepreneurs français doivent savoir se saisir pour créer des startups deep tech assises sur des croissances exponentielles et internationales.

La France est un lieu extraordinaire pour entreprendre dans des secteurs fortement innovants. Pour un même niveau de capital injecté, un investissement en France sur de la R&D est trois à quatre fois plus efficace que dans la Silicon Valley.

La raison de cette différence ? Certains dispositifs fiscaux, comme le régime des JEI (Jeunes Entreprises Innovantes) ou comme le CIR (Crédit Impôt Recherche), le coût de la vie et de l’immobilier, les salaires, mais aussi la proximité des talents, la fidélité et la productivité des employés.

L’héritage des premières générations du Web français

La France n’a pourtant pas à son actif les mêmes générations de tech entrepreneurs que les Etats-Unis. Ce “retard” mondial sur la Valley a un effet auto-entretenu. Une hirondelle ne fait pas le printemps, et il est difficile, pour un entrepreneur, d’atteindre le succès sans être soutenu par un écosystème compétent et complet. Membre co-fondateur de France Digitale, mentor chez NUMA Paris, engagé depuis longtemps au premier plan de notre écosystème, Yann insiste cependant sur la maturité de la France à cet égard.

Les générations d’entrepreneurs du Web 1.0 (Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel, Marc Simoncini) et de la vague d’après (Frédéric Mazzella, Jean-Baptiste Rudelle) ont largement ouvert la voie, avec une ambition internationale. La France n’a pas huit générations d’entrepreneurs high-tech comme les Etats-Unis, mais elle en a au moins deux aujourd’hui. C’est le meilleur moment pour entreprendre.

Il ajoute que ces champions de la French Tech continuent de nourrir (abondamment) l’écosystème qu’ils ont aidé à faire éclore.

Certains pensent que les entrepreneurs ne cherchent qu’à s’enrichir. Déjà ceux qui y arrivent sont rarissimes. Au contraire, les entrepreneurs qui chez nous ont le plus de succès dans la tech ont réinvesti, donc redistribué l’essentiel de leur argent, et ils l’ont fait localement, avec une bien meilleure acuité économique et créatrice de valeur que ne pourrait avoir l’Etat à leur place.

Et de rappeler que l’industrie high-tech affiche une croissance très élevée :

Plus de 25% chaque année, alors que le reste de l’économie stagne autour de 1%.

Yann Lechelle NUMA

Identifier des convergences et s’appuyer sur elles

À plusieurs reprises, Yann évoque des convergences. Il y a convergence lorsqu’un projet croise une tendance et s’en nourrit. Ayant lui-même créé une plateforme permettant de déployer des réseaux sociaux à l’âge de 17 ans, avec la technologie du Minitel, Yann cite le cas de Facebook.

Facebook, dans l’esprit, n’était pas un projet inédit. Il y a eu plein d’essais avant Facebook. Ce qui a fait la réussite de Zuckerberg, sans rien enlever à son génie, bien au contraire, c’est qu’il a su saisir une convergence.

Cette convergence entre un projet (créer un réseau social) et un état de la technologie (la connexion très haut débit distribuée partout, et en particulier sur les campus universitaires) est la condition de la réussite des startups à très forte croissance. C’est d’ailleurs le positionnement de Snips. Anticipant sur le développement exponentiel du monde des objets connectés, l’équipe dont Yann est COO est convaincue que seule l’Intelligence Artificielle peut résoudre des problèmes d’interface de plus en plus complexes, jusqu’à peut-être, un jour, “faire disparaître la technologie.

Merci Yann !

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#FounderStories – Axel Dauchez, fondateur de Make.org

Axel Dauchez a fondé Make.org à l'âge de 48 ans, avec l'ambition de rendre le pouvoir aux citoyens. Make.org veut permettre à l'opinion publique de s'exprimer librement et massivement en dehors même des élections. La plateforme, l'un des projets Civitech français les plus aboutis à ce jour, pourrait transformer de fond en comble le fonctionnement de nos démocraties. Dans cette Founder Story, à quelques semaines des élections présidentielles, Axel a partagé ses conseils, son expérience et sa vision.

Founder-Story-Axel-Dauchez

Axel Dauchez avant Make.org

Axel Dauchez est bien connu de notre écosystème. Il a monté quatre startups dans les médias et dans la tech, avant d’être CEO de Deezer pendant près de 5 ans. Puis il a pris la tête de Publicis France en septembre 2014, et a co-organisé la conférence Vivatech en novembre 2015. Entrepreneur en série, Axel avait alors 48 ans, 3 enfants, et encore rien à voir (ou presque) avec la Civictech.

La genèse du projet

Fort de la conviction que la démocratie peut être transformée, et qu’elle doit l’être, au risque de dépérir, Axel Dauchez a choisi de quitter Publicis fin 2015 pour recommencer, à partir de zéro, un tout nouveau projet.

Le pêché capital à cet âge-là, nous dit-il en souriant, c’est de ne plus jouer ses cartes.

Il fonde alors Make.org pour rendre aux citoyens leur force de proposition et leur permettre de s’exprimer, massivement, en dehors du temps bien trop restreint des élections.

La démocratie face au retranchement communautaire et aux “bulles de filtrage”

Selon Axel Dauchez, nos espaces politiques sont doublement bloqués, par le bas comme par le haut. En premier lieu, affirme-t-il, les communautarismes et le repli sur les intérêts particuliers détournent l’action politique des sujets relatifs à l’intérêt général. De ce point de vue, rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est que l’apparition des réseaux sociaux a de surcroît encouragé le phénomène des “bulles de filtrage” (filter bubbles), qui appauvrissent le débat en conduisant les utilisateurs de Facebook ou Twitter à un retranchement idéologique dangereux.

Les réseaux sociaux ont un impact immense sur la formation des opinions politiques, mais ils n’encouragent pas, aujourd’hui, un véritable débat contradictoire.

En se déplaçant sur Facebook ou Twitter, la discussion politique court ainsi le risque de devenir stérile, en même temps qu’elle se structure selon une géographie de plus en plus fermée.

Le système d’action traditionnel est bloqué

Bloqué par le bas, l’espace politique l’est aussi par le haut. Le vote ne suffit pas et il ne contente plus.

Le système électoral et législatif n’est plus, ou ne semble plus producteur de changement. Il faut aujourd’hui produire des forces de transformation massives à travers l’implication massive de toutes les forces actives dans la société.

Citant Pierre Rosanvallon, il ajoute que la survie de la démocratie dépend, à notre époque, du sentiment de la démocratie permanente.

La technologie et la démocratie permanente

La technologie est, selon Axel Dauchez, le meilleur moyen de précipiter cette transformation. Un exemple récent apporte d’ailleurs de l’eau à son moulin. La campagne #DeleteUber, dirigée contre Uber après que son CEO, Travis Kalanick, avait coopéré avec le gouvernement Trump, a apporté la démonstration probante du pouvoir politique des utilisateurs lorsque ceux-ci, par l’intermédiaire de la technologie, agissent de façon massive et coordonnée. Axel Dauchez poursuit :

Cette technique de transformation a une force considérable. Le monde digital a créé énormément de pouvoir en bas.

“Make.org peut devenir le lieu où le débat sert à quelque chose”

En permettant aux citoyens de faire des propositions et de débattre de façon contradictoire, en permanence, les uns avec les autres, Make.org veut redonner vie à la démocratie et permettre à des cohortes de citoyen de s’engager dans des actions concrètes. Si le projet réussit, Make.org pourrait bien devenir la plateforme de référence du débat citoyen en Europe. Axel a une formule plus saisissante :

Le modèle à long terme : la vente de l’intelligence d’opinion

Pour soutenir la croissance d’un projet aussi ambitieux, Make.org compte s’appuyer, à long terme, sur un business model proche de celui des instituts de sondage : la vente de l’intelligence d’opinion. Disposant de données lui permettant de cartographier le débat politique en permanence et en temps réel, Make.org pourrait vendre de l’information aux acteurs politiques, mais aussi aux instituts qui étudient le monde politique, ou encore à la presse.

Notre capacité à représenter précisément le débat public nous permettra d’assurer notre indépendance financière, donc aussi notre indépendance tout court

Agir avec les entreprises et au service de l’intérêt général

À court et moyen terme, Make.org entend collaborer avec des grands groupes sur des sujets d’intérêt général, en leur vendant son expertise et ses données.

De plus en plus, les entreprises sont justiciables de la façon dont elles servent la société. Il n’est plus possible pour les grands groupes de faire du business sur un territoire sans rien lui apporter en retour.

Cette responsabilité sociale, dont les entreprises ont pleine conscience, est ce sur quoi Make.org veut s’appuyer pour générer des revenus à court et moyen terme.

Puisqu’on est capables d’identifier les sujets qui préoccupent les citoyens, et qui sont des sujets d’intérêt général, on est aussi capables de travailler avec les grands comptes pour leur permettre d’avoir un impact à grande échelle.

François Expert | Startup Manager chez NUMA Paris.

Merci Axel !

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#FounderStories : comment croître en toute sérénité avec Benjamin Blasco de Petit Bambou

Startupers, oubliez tout ce que vous avez appris, Petit Bambou réinvente complètement les codes de la réussite entrepreneuriale. Voici donc 5 conseils, très surprenants, issus de ces échanges singuliers.

Depuis ce Medium de Shem qui nous invite à envoyer valser le monde des startups avec son lot de rituels étranges, d’injonctions absurdes et de vaniteux KPI, vous cherchez peut-être une nouvelle paroisse pour réussir, vous aussi, à scaler, sans vous lever nécessairement à 4h30 du matin (oui parce que bon).

Si tel est votre cas, la startup Petit Bambou pourrait être une source d’inspiration intéressante.
Son cofondateur, Benjamin Blasco (ex-Director Corporate Dev & Growth pour PayPal Europe) est venu partager son expérience avec les startupers de NUMA lors du dernier founder dinner.

Avec 400 000 utilisateurs, son succès invalide bien des préceptes venus de SF.

Startupers, oubliez tout ce que vous avez appris, Petit Bambou réinvente complètement les codes de la réussite entrepreneuriale. Voici donc 5 conseils, très surprenants, issus de ces échanges singuliers.

 

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Benjamin Blasco, Cofondateur de Petit Bambou

 

1- Commencez par prendre conscience…

Benjamin travaillait beaucoup. Vraiment beaucoup. En tant que Directeur Corp Dev pour Paypal, il voyageait aux quatre coins du monde et était soumis à une importante pression. Et malgré toute l’excitation que lui procurait son travail, il se demandait régulièrement s’il ne manquait pas quelque chose d’essentiel à sa vie. Pire, il en était arrivé au constat alarmant que ses collègues le suivaient jusque dans sa douche, car son esprit était constamment occupé par son travail. Aucun répit donc. Il commença alors à s’intéresser aux questions de bien-être et la méditation s’imposa rapidement comme une réponse évidente.

“Si quelqu’un comme moi, ingénieur, cerveau gauche, s’intéresse aux questions de bien-être de manière très laïque, alors il y a un sujet pour la société.”

Bingo !

Le bonheur, le bien-être, la pleine conscience, la méditation… Tous ces sujets réservés jusqu’alors aux hippies chevelus et autres moines bouddhistes, avaient le vent en poupe quand l’application Petit Bambou est née.

À la base, Petit Bambou était une communauté sur Facebook sur le bien-être monté par Ludovic, un ami de Benjamin. Convaincus du marché, ensemble ils lancèrent donc l’application Petit Bambou.

2- Prenez soin, personnellement, des médias que consultent votre cible.

“Moi Techcrunch, je m’en fous un peu”.

Parce que la cible principale de Petit Bambou ne lit pas Techcrunch, Benjamin a plutôt choisi de cibler la presse féminine.

Et sa stratégie fut gagnante, l’application fut lancée en janvier 2015 et le succès ne se fit pas attendre.

Benjamin n’est pas passé par une agence, mais a préféré nouer lui-même des relations de qualité avec les influenceurs susceptibles d’impacter son business.

Et la mise en oeuvre est criante de simplicité : “J’ai mis tous les journalistes dans un Excel et je les ai appelés, un à un. Et ça a marché”.

3- Pensez votre community management en fonction de vos utilisateurs

Soyez curieux et posez-vous la question : quels sont les drivers profonds de votre communauté. Une fois que vous les avez identifiés, intéressez-vous à ces sujets et partagez à vos communautés les contenus qu’ils attendent.

Le tout est de trouver l’équilibre entre le divertissement qui fait réagir et l’information qui nourrit le besoin d’apprendre.

 

4- Créez une Mindful Startup

Là, vous vous dites sans doute que ça va un peu trop loin. Je comprends, passer de “Lean Startup” à “Mindful Startup” n’a rien de naturel. Et pourtant croyez-le, le concept mérite d’être creusé, et Petit Bambou assoit son succès sur des principes très forts.

“Nous avions vraiment envie que notre startup transpire nos convictions.”

Concrètement, toute l’entreprise s’est tournée vers les fondamentaux de la pleine conscience :

    • Le Design est épuré, zen, dénué de fioritures anxiogènes.
    • Le management est serein, pas de stratégie stratosphérique, pas de roadmap à 5 ans, pas de colonnes infinies de KPI inintelligibles. Les nouvelles features sont décidées au gré des inspirations des uns et des autres, les chiffres clés consultés de manière épisodique et les décisions sont prises par tous, et pas uniquement par les cofondateurs. Tant que ça croît, pourquoi s’alarmer ?
    • Le CRM est sincère (oui oui ça existe donc), l’entreprise communique peu et choisit les informations qui sont attendues par les utilisateurs.
    • Le service client est assuré en partie par les associés, qui passent un temps considérable à répondre à chaque client, individuellement.

 

5- Et surtout, prenez-soin de vous, et la méditation peut grandement vous épauler.

Benjamin, comme beaucoup d’entrepreneurs, souligne l’importance de se ménager : “Je vous engage à prendre soin de vous dans cette aventure car elle est difficile et dure dans le temps.”

Au-delà de l’hygiène de vie que vous pouvez adopter, méditer peut s’avérer crucial dans les moments particulièrement stressants.

“Grâce à la méditation, entre le stimuli et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace, on retrouve notre liberté et notre pouvoir de choisir nos réactions.”

Encore quelques doutes ? Ces personnes, et de très nombreuses autres, ont fait le choix de méditer quotidiennement, et considèrent cette pratique comme déterminante dans leur réussite :

Rupert Murdoch CEO News Corp
Padmasree Warrior, CTO, Cisco Systems
Tony Schwartz, Founder & CEO, The Energy Project
Bill Ford, Executive Chairman, Ford Motor Company
Oprah Winfrey, Chairwoman & CEO, Harpo Productions, Inc.
Larry Brilliant, CEO, Skoll Global Threats Fund

 

Et donc Benjamin Blasco, cofondateur de Petit Bambou.

 

Merci Benjamin !

 

 

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#FounderStories : Alexandre Malsch, Founder & CEO de meltygroup

Reçu lors d'une Founder Story destinée aux start-ups du programme d'accélération NUMA, Alexandre Malsch a résumé ses 16 ans d'expérience à la tête de melty en 5 conseils.

 

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Les chiffres clés de meltygroup (click to tweet)

L’histoire d’Alexandre Malsch, tout le monde la connaît: un ado de 15 ans qui créé melty, le site qu’il aimerait lire mais qui n’existe pas…

…puis qui connaît des montagnes russes intenses, avant de lever 10,5 millions et de s’imposer comme le 1er groupe média jeune grâce à une technologie prédictive des futures actualités. 16 ans plus tard, Alexandre Malsch est toujours aussi accroché : melty, c’est “son bébé” et il a de beaux jours devant lui.

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Alexandre Malsch, fondateur et CEO de Melty (click to tweet)

Voici les 5 conseils qu’il a à donner aux jeunes entrepreneurs, lors d’une Founder Story en tête à tête avec les start-ups du programme d’accélération NUMA

1. “Cultivez la soif d’apprendre de vos employés.”

Passionné et perfectionniste, Alexandre Malsch privilégie l’honnêteté dès le recrutement: rejoindre melty, c’est rejoindre une entreprise hyper-incarnée, une aventure très exigeante qui apporte autant qu’elle demande.

Cette réciprocité est un deal. Toutefois, il faut être réaliste: s’il arrive un jour que la soif d’apprendre faiblisse, alors il vaut mieux partir, apporter tout ce que l’on a appris ailleurs et retrouver ce désir, quitte à revenir ensuite fort de cette nouvelle expérience.

conseil alexandre malsh start-ups comment monter sa boîte
Conseil #1 (click to tweet)

2. “Acceptez d’évoluer… et de lâcher votre obsession du contrôle.”  

Alexandre ayant passé le cap des 30 ans, il n’a pourtant pas perdu les codes de la nouvelle “youth culture” qu’il cherche à cimenter.  Comment continue-t-il à rester en lien avec sa cible?

Encore une fois, en étant très rationnel. Certes, il y a la peur de ne plus gérer et le besoin de prendre du recul, mais avoir évolué est une excellente chose: il faut accepter de se positionner désormais en grand frère de ses interlocuteurs, écouter, prendre des notes et s’améliorer.

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Conseil #2 (click to tweet)

3. “Ce n’est pas parce que vous avez créé la boîte que vous savez gérer la boîte.” 

Il aura fallu de l’expérience à Alexandre Malsch pour renoncer à tout gérer lui-même, mais il est aujourd’hui un “militant pro-DG”. Une start-up qui croît répond à la métaphore du navire.

Le DG en est le véritable capitaine, celui qui le fait avancer et dont il choisit le chemin. Le CEO en est l’amiral dans la loge, qui donne la direction. L’amiral dit vers où, horizon 2 ou 3 ans; le DG dit comment, à horizon immédiat. 

Il est très important donc de choisir quelqu’un en qui on a confiance et qui partage sa vision. Il est généralement utile de s’associer au DG.

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Conseil #2 (click to tweet)

4. “A chaque taille de start-up, son cadre dirigeant.”  

Il y a différents types de compétences nécessaires pour faire grandir une entreprise. Certaines personnes sont excellentes dans des structures de 1 à 30 personnes, d’autres de 30 à 100, d’autres de 100 à 200.

C’est une leçon très dure à accepter, mais il faut savoir qu’à force de grandir, vous aurez besoin de seniorisationet donc de gérer des problèmes délicats d’ego et de positions de personnes. A l’inverse, ne cherchez pas impérativement à transformer un technicien en manager-gestionnaire : il n’y a rien de pire pour casser un talent.

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Conseil #4 (click to tweet)

5. “Préparez-vous aux traversées du désert… et continuez à y croire.”  

Comme Alexandre l’écrit dans son livre: “Il était une fois melty”, l’aventure melty a plus d’une fois été au bord du gouffre avant de connaître un rebond formidable. Alexandre est revenu sur sa période de traversée du désert, qui a duré 4 ans. Et 4 ans… c’est long.

Comment a-t-il réussi à tenir ?

Parce qu’il croyait en son produit, en ses équipes, et qu’il a accepté de se planter pour progresser. La culture de l’échec permanent est une valeur fondamentale de melty, de même que celle du bilan, du feedback, de l’entraide, du partage.

Autre facteur de réussite qui revient très souvent lors des Founder Stories : faîtes du sportComme Sébastien de Lafond, Alexandre Malsch insiste : c’est sa découverte du surf qui l’aura rendu capable d’absorber les sacrées baffes qu’il s’est prises en 16 ans.

Conseil #5 (click to tweet)
Conseil #5 (click to tweet)

Les 5 conseils d’Alexandre Malsch, CEO @meltygroup, aux jeunes entrepreneurs :

Partagez ses conseils ! 

Les 5 conseils d’Alexandre Malsh, founder & CEO de meltygroup, aux jeunes start-ups (click to tweet)

Si comme Alexandre, vous croyez en votre startup et voulez tout faire pour lui donner les meilleures chances de réussir, postulez au Programme d’Accélération NUMA !

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Merci Alexandre pour ta collaboration, vive melty !

Retrouvez toutes nos Founder Stories ici :

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#Founder Stories : comment faire du recrutement le pilier de votre croissance

5 conseils aux start-ups de NUMA par Florian Douetteau, co-fondateur et CEO de Dataiku

Dataiku est une société éditrice d’un logiciel pour faciliter l’analyse des mégadonnées d’entreprises. Si elle fait partie du monde obscur de la big data, elle est également connue comme “le prochain Critéo”. Florian est venu partager son expérience auprès de nos start-ups.

 
Chiffres Dataiku

 

 

#1 – “La première compétence opérationnelle à acquérir, c’est le recrutement.”

Il faut beaucoup se planter au début pour apprendre à poser les bonnes questions, à faire faire les bons exercices et comprendre en 15 minutes s’il y a potentiel match ou pas. Et par “au début”, entendez minimum deux ans.  

 

#2 – “La seconde compétence opérationnelle à acquérir, c’est le management.”

Pas d’employés à cheval sur deux missions : si comme Dataiku, vous vous rémunérez sur une activité de conseil en plus du développement de votre produit, séparez vos deux équipes.

Solidifiez vos besoins et choisissez vos batailles : les 4 co-fondateurs tech de Dataiku ont recruté dans l’ordre un profil marketing, des profils sales, puis data science et R&D, puis graphistes.

 

#3 – “Soignez votre culture d’entreprise : recrutez avant tout des gens qui arrivent à se parler entre eux”

Un excellent commercial face à un client peut paraître arrogant face à un développeur et inversement un développeur au profil très pointu peut donner au commercial l’impression de le prendre en otage. Privilégiez la personnalité au CV, des profils curieux et ouverts pour créer une culture de vente et un langage commun à toute l’équipe.

 

#4 – “Après les levées, sachez maintenir l’alignement entre vos logiques business et R&D”

Si d’un côté, la R&D recrute des profils très pointus pour “réinventer la roue” mais que de l’autre, vos investisseurs fixent des objectifs de résultat forts, alors toute créativité sera bloquée. Idéalement, vos équipes marketing doivent rester le proche possible des équipes techniques pour toujours bien comprendre votre produit.

 

#5 – “Avant de partir s’implanter à l’étranger, recrutez des natifs dans vos équipes françaises”

Lorsque vous partez à l’étranger, vous repartez à zéro en termes de compétence de recrutement. Exemple aux US où Dataiku vient de s’implanter : extrêmement difficile de recruter un américain sur place. Toute son image de recruteur longue à fabriquer a du être reconstruite. Pour éviter les décalages culturels, sur vos objectifs ou la manière de travailler, commencez par recruter des natifs du pays ciblé, ne serait-ce que pour votre site web.

 

Merci Florian !

 

Quote Dataiku

 

Startups, vous aussi postulez au Programme d’Accélération NUMA pour échanger et dîner en très petit comité avec des entrepreneurs ayant réussi.

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#FounderStories : comment vos valeurs guident votre croissance

5 conseils aux start-ups de NUMA par Sébastien de Lafond, CEO de Meilleurs Agents

D’abord banquier d’affaire, puis fondateur d’une société de capital risque et aujourd’hui entrepreneur, le parcours de Sébastien Lafond “s’est fait à l’envers”. Une force pour cet ex-JPMorgan passé par Wall Street, qui cumule désormais une perception fine de ces différents métiers. En 2008, il fonde avec trois associés MeilleursAgents qui met en relation les particuliers qui préparent la vente d’un bien immobilier avec les bons agents immobiliers. Sa mission : rendre le marché de l’immobilier transparent et efficace.

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#1 “Vous n’avez pas besoin d’être expert pour monter un business” 

Pendant des années, Sébastien de Lafond s’est freiné à devenir entrepreneur car il avait peur ne pas savoir quoi faire. C’est une erreur !

Contrairement aux apparences, aucune compétence pratique n’est nécessaire : il faut juste avoir “le drive”. Seule l’envie de travailler avec les autres compte lorsque l’on crée une entreprise, car c’est elle qui permet de tenir sur le long-terme.

 

#2 “Faites confiance à votre gut feeling”

Pour Sébastien, nous avons 2 cerveaux : un analytique et un instinctif.

Son expérience en prise de décisions financières et quelques premiers échecs entrepreneuriaux lui ont montré qu’à chaque fois que son cerveau reptilien “de chien” avait senti que quelque chose n’allait pas, il avait bel et bien reconnu un danger. Et inversement, en s’ouvrant à de belles opportunités. Désormais, il respecte systématiquement à 100% son ressenti pour être toujours à l’aise.

 

#3 “Comprenez votre “why” pour aller loin”

Quel est votre moteur dans la vie ? Pourquoi faites-vous cela ? Êtes-vous fier de ce que vous faites ? Connaître vos forces et vos faiblesses est indispensable pour construire quelque chose de grand. Plus ça sera dur, plus vous vous cognerez, plus vous reviendrez à la base : pourquoi vous le faîtes et avec qui vous le faîtes.

Le Why de Sébastien de Lafond ? La stratégie du dauphin : montrer que l’on peut développer un business compétitif dans un marché très concurrentiel en fondant l’entreprise sur des valeurs humanistes et d’entraide.

Comment trouver votre why ? En faisant confiance à votre instinct. Les études sont une période formidable, mais l’intelligence scolaire cache l’instrument extraordinaire que chacun a en soi-même. Plus vous vous dépouillerez, plus vous vous simplifierez, plus vous saurez vous écouter.

 

#4 “Le plus important, ce n’est pas votre secteur mais vos valeurs”

Vos valeurs sont la colonne vertébrale de votre entreprise. Ce sont elles qui vous donnent de l’ambition et vous offrent la possibilité de repousser vos limites. Ce sont l’entraide et la quête de l’excellence qui l’ont poussé à aller chercher des grands talents pour l’aider à créer la plateforme qui va changer l’immobilier, qui n’était pourtant pas son secteur de prédilection d’origine.

 

#5 “Trouvez ce qui vous fait souffler”

Être entrepreneur est un engagement total d’athlète qui se vit à 200%, 24 heures sur 24h, 7 jours sur 7. En tant que manager d’équipe, votre rôle est de diminuer le  stress de vos équipes et non être facteur de stress. Cela implique de savoir prendre des temps de respiration et avoir une vie équilibrée. Faire du sport, voir votre famille, prendre des vacances : trouvez ce qui vous fait souffler et vous se ressource. N’oubliez pas que votre corps est un instrument performant. C’est votre disponibilité d’esprit qui vous fera réussir.

 

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Startups, vous aussi postulez au Programme d’Accélération NUMA pour échanger et dîner en très petit comité avec des entrepreneurs ayant réussi.

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#FounderStories : Renaud Visage, co-fondateur d’Eventbrite

C’est au tour de Renaud Visage, co-fondateur et CTO d’Eventbrite, de nous faire l’honneur de participer aux “Founder Stories”. Le temps d’une soirée, Renaud Visage a pu partager avec nous son incroyable expérience et répondre aux questions des start-ups du programme d’accélération.

#FounderStories : Renaud Visage, co-fondateur d’Eventbrite Comme beaucoup d’autres, l’histoire d’Eventbrite commence par une rencontre : celle de Renaud Visage, avec Kevin et Julia Hartz, à San Francisco en 2006. La suite n’a rien d’ordinaire. À l’époque, de nombreuses billetteries en ligne existent pour gérer d’immenses rassemblements : évènements sportifs, concerts… En revanche, aucun service ne permet de créer, d’organiser et de gérer des évènements plus confidentiels. C’est la naissance d’Eventbrite.

Profitant de cette opportunité, les trois co-fondateurs développent leur produit, principalement utilisé pour les évènements tech de la Bay Area de San Francisco : le service est simple et gratuit. Le développement va être fulgurant. “L’une des clés de notre succès réside dans la viralité de notre produit. Chaque organisateur d’évènement ramène des utilisateurs sur la plateforme. Ceux-ci créent des évènements à leur tour. Près d’un tiers des organisateurs d’évènements sur Eventbrite sont d’anciens participants”.

Eventbrite devient une licorne

En 2008, sonne l’heure de la première levée de fonds : 1,5M$. Elles vont ensuite se succéder à un rythme éffrené – 6,5M$ en 2009, 20M$ en 2010, 50M$ en 2011, 60M$ en 2013 – jusqu’en 2014, lorsque la start-up boucle un tour à 60M$, avec une valorisation dépassant le milliard de dollars, accédant ainsi au prestigieux titre de “licorne”. Le montant total des levées de fonds successives atteint le montant impressionnant de 200M$. À un entrepreneur qui lui demande pourquoi ne pas avoir levé un montant plus élevé dès le départ, Renaud Visage conseille : “faites attention à ne pas être trop gourmand au début. Si vous levez beaucoup d’argent, il vous sera très difficile de justifier votre valorisation par la suite”.

#FounderStories : Renaud Visage, co-fondateur d’Eventbrite Si le trio a duré pendant 2 ans, 2008 marque le début des recrutements. Eventbrite compte désormais 550 employés et des bureaux dans 8 pays. “La perte du niveau de camaraderie lorsqu’on passe de 3 à 550 employés est inévitable, mais nous gardons une excellente ambiance parmi les équipes. C’est très important pour nous. La culture de l’entreprise vient avant tout de vos employés. Choisissez-les bien” lance-t-il aux start-ups de NUMA.

Eventbrite a d’ailleurs parfaitement su s’entourer. On retrouve à son conseil d’administration : Sean Moriarty, ex-CEO de TicketMaster, ou encore Lorrie Norrington, ex-Président de eBay Marketplaces. “Leur expérience est un atout considérable”.

La stratégie internationale

Renaud Visage insiste dès 2009 pour internationaliser la plateforme. Il en est le principal stratège. À force de persuasion, il commence à installer Eventbrite sur le marché européen en 2011. “Concentrez-vous sur le produit en premier lieu. Perfectionnez-le. Puis partez à l’international dès que possible.” Le site multilingue fait son apparition en 2011. Un moment crucial, à en croire son co-fondateur. La start-up dispose désormais de bureaux dans 8 pays (USA, Argentine, Brésil, Allemagne, Australie, Irlande, Royaume – Uni et Pays-Bas). Grâce à sa plateforme, des événements ont été organisés dans 187 pays !

10 ans après le début de cette aventure, Eventbrite a vendu plus de 200 millions de billets en ligne, équivalent à plus de 5 milliards de dollars en ventes de billets. “J’imagine que vous n’avez plus besoin d’argent… Pourquoi continuez-vous ?” lui demande un entrepreneur. “Pourquoi avons-nous créé Eventbrite ? J’aime penser que nous aidons les gens à se rassembler. Nous sommes un facilitateur de rencontres. J’ai créé cette boite par passion. Celle-ci est restée intacte 10 ans plus tard”.

Un immense merci à Renaud Visage d’être venu conseiller les startups du programme d’accélération de NUMA. Nous leur souhaitons à tous une réussite comparable !


En résumé :

  • Pour un développement ultra-rapide, pensez à un produit dont la viralité est un élément intrinsèque.
  • Ne pas lever trop d’argent dès le départ. La valorisation est difficile à justifier par la suite.
  • Portez une attention particulière aux premiers recrutements. Vos employés sont les piliers de votre culture d’entreprise.

Quelques chiffres et dates clés :

  • Date de création : 2006
  • Co-fondateurs : Kevin Hartz, Julia Hartz et Renaud Visage
  • Employés : 550
  • Montant total des levées : 200M$
  • Billets vendus : 200 millions
  • Site web : http://eventbrite.com

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